SOUFFLER LE VERRE.
SOUFRE.
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mal, et on souffle à l'extrémité on petit renflement quiforme la tête, puis on soude uu bout de tube jaune pourimiter le bec etf un point d’émail noir de chaque côtéde la tête pour simuler les yeux. 11 reste enfla à fer-mer la pointe restée ouverte et à lui donner à peu prèsla forme de la partie postérieure du cygne. On construitd'une manière analogue tous les oiseaux, seulement onsoude de petites pièces d’émail de différentes couleurspour former successivement les ailes, les pattes, laqueue, etc.
L’émail et les verres colorés se filent facilement à lalampe et produisent des fils d’une finesse, d’un éclatet d'une souplesse vraiment remarquables. Voici com-ment s’exécute cette opération : On chauffe une baguetted'émail près de son extrémité, et la tenant d’une main,on saisit avec l’antre main, armée d’une petite pince,l’extrémité chauffée, on écarte les deux bras, ce qui.forme ainsi un fil d’un mètre environ de longueur, ad-' hérant d’une part au tube principal, et de l’autre à lapetite masse entraînée par les pinces. On fixe cette der-nière extrémité sur un point delà circonféreuce d’unepetite roue en tôle, de 0®,40 à 0“,50 de diamètre, mon-tée sur un arbre horizontal, et disposée à une petitedistance de la lampe. On chauffe alors de nouveau letube principal, au point où il commence à s’effiler, en letenant d’un main, tandis que de l’autre on met en mou-vement la roue dont nous avons parlé. L’émail ramollicède à la traction exercée sur lui et vient en fil fins’enrouler sur la roue. On avance peu à peu le tube dansla flamme et il se trouve bientôt entièrement transfor-mé en un fil d’une grande longueur. Ces fils d’émail oude verre ont plusieurs applications curieuses : on enfait des perruques qui produisent une illusion complète,ils servent à la confection de ces jolies aigrettes si sou-ples et d’un éclat si agréable, que tous les charlatansmettent sur leurs échoppes. Tout le monde connaîtd’ailleurs les produits remarquables, vendus sous lenom d’étoffes de verre, qui ne sont autre chose que destissus en fils d’émail et de soie. Un très habile émail-leur de Saumur a fait une application excessivementintéressante des fils dont nous parlons : il s’en sertpour imiter le poil de la plupart des animaux. Il assortitleurs couleurs avec celles des peaux naturelles, et aprèsavoir coupé les fils d’uné longueur convenable, il lescolle, par une de leurs extrémités, sur une surface so-lide en copiant la disposition de la peau qu'il veut imi-ter. J’ai vu chez lui des tigres, des hyènes rayées, desaxis et autres animaux de grandeur naturelle, admira-blement modelés et recouverts du poil de verre dontnous parlons. L'imitatiou est si parfaite que ces ani-maux remplaceraient avec avantage les peaux empail-lées , toujours altérées, qui encombrent nos cabinets.
Les yeux artificiels , pour les poupées (1) et pour lesanimaux empaillés s’exécutent également en émail. Cetravail exige, comme les précédents, beaucoup de goûtet d’habitude, quand il faut pour la première fois imiterun œil donné, et choisir convenablement les émaux etla couleur, mais on parvient à le faire exécuter par desfemmes ou des enfants quand on doit fabriquer unegrande quantité d’yeux de même espèce. Nous allonsindiquer sommairement la manière d’opérer. Le fil defer recuit sur lequel les yeux sont ordinairement mon-tés est engagé, en partie, dans la moelle d'un petitmorceau de bois, afin de pouvoir, sans se brûler, letegir à la main. L’ouvrier tient ce fil, ainsi disposé dela main gauche, et saisit de la main droite* une baguetted’émail ordinairement blanc qu'il soude à la lampe enl'enroulant sur le bout de fil de fer, de manière à for-
(C La fabrication des yeux de poupées, qui paraît au pre-mier abord si peu importante, a été longtemps la spécialitéet le monopole de deux marchands de Liverpool dont ellea fait la fortune.
mer une petite masse de matière sur laquelle il soudeensuite l’émail coloré qui forme la rétine, ou le fond del’œil. On soude ensuite l’émail qui forme la pupille, etpar dessus on applique la masse de verre transparent ,blanc, ou coloré, qui produit l’effet de l’bumeur aqueuse,et à travers laquelle on aperçoit le fond de l’œil et lapupille. Après avoir appliqué chaque nouvelle teinted’émail, on fond la masse entière, puis on l’aplatit per-pendiculairement au fil de fer en appuyant dessus unepetite lame de métal. Quand tous les émaux sont ap-pliqués on répète deux ou trois fois cette opération, eton termine en chauffant assez l’œil pour lui donner laforme arrondie qu’il doit avoir. Ces opérations ont pourbut de fondre et d'adoucir les nuances des différentsémaux, et de donner an produit l’éclat particulfer qu’ildoit présenter.
Les grains de chapelet se font quelquefois à la lampe,mais le plus souvent par des procédés analogues à ceuxemployés pour la fabrication des pekl.es (voyez cemot).
Les boules argentées que l’on met en si grande quan-tité dans les bouquets de fausses fleurs communes,vendues dans les campagnes, ne sont autre chose que desboules de verre blanc, dans lesquelles on a versé un al-liage de bismuth et de mercure qui jouit de la propriétéd’adhérer fortement au verre. n. mangon. .
SOUFRE ( angl. sulphur, ail. schwefel ). Le soufreest un corps simple, solide à la température ordinaire,d’une couleur jaune particulière ; la chaleur seute de lamain suffit pour faire casser le soufre en bâton ; il sefond à 4 08° et reste d’abord très liquide jusqu’à 4 60"environ, puis devient visqueux et se fonce en couleuren devenant brun ; entre 200° et 250°. il atteint sonmaximum de viscosité, et si on le plonge alors subite-ment dans l’eau, il conserve encore quelque temps sonétat de mollesse, ce qui permet de s’eu servir pour pren-dre des empreintes; il finit peu à peu cependant parreprendre sa dureté et sa couleur ordinaires. En vasesclos, le soufre donne déjà quelques vapeurs vers 450° ;il bout à 34 6 U environ et distille alors en donnant unevapeur jaune-orangé, dans laquelle plusieurs métaux,tels que le cuivre et l’argent, brûlent avec beaucoup devivacité. Sa densité est de 4,98; il n’a pas de saveur;quand on le frotte, il dégage*une légère odeur. Il estgénéralement opaque, et demi-transparent seulementquand il est cristallisé. Par le frottement il développede l’électricité négative et résineuse.
Quand on chauffe le soufre au contact de l’air, ils’enflamme et brûle avec une flamme bleue en produi-sant de l’acide sulfureux dont l’odeur piquante est ca-ractéristique et prend de suite à la gorge. Il se combinedirectement avec l’hydrogène, le chlore, le brome, l’iodeet presque tons les métaux, en formant avec ces derniersune série de combinaisons binaires, les sulfures, quel’on regarde généralement comme des sels, mais quenous croyons devoir plutôt considérer comme n’en étantnullement et comme formant une série parallèle à celledes combinaisons binaires de l’oxygène, comprenant,par conséquent, des sulfacides et des sulfides , selon qu’ilsjouent le rôle d’acides ou de bases. Les sels connus sousles noms d’hydrosulfates seraient d’après cette manièrede voir de véritables hydrates.
Le soufre est complètement insoluble dans l’eau; ilest très peu soluble dans l’alcool absolu et dans l’éther,beaucoup plus à chaud dans les huiles grasses et leshurles volatiles et surtout dans le sulfure de carboneet le chlorure de soufre : par le refroidissement de cesdissolutions saturées à chaud, le soufre se sépare sousla forme de cristaux semblables à ceux que présente lesoufre natif; le soufre se dissout également dans unedissolution bouillante d’alcali ou de sulfite alcalin, endonnant naissance à un hyposulfite alcalin.
Le soufre est un corps dimorphe, c’est-à-dire qu’il
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