VENTILATION.
VENTILATION.
C’est autant que possible en contre-bas par une ven-tilation descendante et des canaux établis dans les mursen construisant, que nous appelons l’air vicié des sallesou des cellules. L’emploi de tuyaux en poterne de 13à 14 ceutimètres de diamètre placés dans les murs estéconomique et bon, et surtout il est facile de les teqirpropres, et jamais l’air n’y rencontre de résistance.
Un point important pour le bon tirage de la venti-lation en contre-bas, c’est que les tuyaux d’appel descellules ne soient pas placés dans les murs extérieur*des cellules et des bâtiments, qui sont exposés au so-leil, mais dans le mur intérieur du côté du corridor.
Il est évident que l’action du soleil sur les tuyauxet sur le mur extérieur qui les renfermerait, les échauf-ferait si fortement qu’il en résulterait des courants eusens contraire , par lesquels l’air infecté des tonneauxde vidange serait ramené dans les cellules ; les corri-dors des prisons sont, au contraire, en été de plusieursdegrés au-dessous de la température extérieure, l’airqui tombe par le tuyau descendant d’appel, ne peutdonc pas se réchauffer : il se refroidit, au contraire, etcette disposition accroît de beaucoup l’intensité de laventilation. A Provins , la cheminée d’appel est isoléedu côté du midi, et les conduits descendants étant dansles murs des corridors, j’ai vu la ventilation marchertoute seule à midi avec une grande puissance.
Ces tuyaux servent à mettre te? salles à ventiler encommunication avec une capacité souterraine ou descouduits de grande section , où viennent débouchertous les tuyaux d’appel d’un bâtiment; ces capacitéssont ensuite reliées à la cheminée générale d’appel paruu canal spécial au bâtiment et par un conduit généralpour tout l’établissement.
Ces principes sont communs à tou9 les genres d’éta-blissement; ce sont les circonstances locales et les con-ditions particulières au but de l’édifice, qui en règlentl’application, le choix ou les modifications.
Il faut surtout que le système général de ventilationse moule sur la forme et les dispositions des bâtimentsprojetés, pour que son installation ne contrarie ni lesservices, ni les constructions; c’est ce qu’apprend l’ex-périence.
Nous donnons ici les ventilations d’une grande etd’une petite prison, celle de la maison Mazas, et cellede la prison de Fontainebleau .
On voit du premier coup d’œil (fig. 12) que lesappareils d’appel de Mazas reposent sur le principemême de la prison cellulaire avec inspection centrale :ventilation indépendante pour enaque cellule, réunieà toutes les ventilations d’une même aile, et ramenée,par l’intermédiaire d’un conduit général placé sous larotonde centrale, vers une cheminée d’appel unique etcentrale.
Dans chaque cellule est installé un siège d’aisanceavec un tuyau de descente particulier à la cellule, etqui débouche dans un grand caveau B établi sous lecorridor, et où sont placés les tonneaux de vidange :c’est par ce tuyau que l’air vicié de la cellule est appeléen contre-bas.
Le couvercle du siège est muni de taqnets en boisqui, quand on l’abat, le laissent toujours ouvert pour lepassage de l’air.
Du côté de l’extérieur, le caveau B est hermétique-ment clos par de doubles portes A garnies de peau demouton et laissant entre elles un espace suffisant pourque le chariot qui sert à transporter les tonnes pleinesou vides, puisse y être reçu, afin que jamais on n’ouvreen même temps les deux portes, ce qui troublerait évi-demment la ventilation de l’aile entière.
Du côté intérieur, ce caveau se termine à la partiesupérieure par un conduit C de l m * c ,30 de section, quiporte l’air vicié du bâtiment dans le conduit général deventilation D, pratiqué circulairement sous la rotonde.
et où viennent déboucher symétriquement des deuxcôtés de la cheminée, les galues des ailes.
De ce conduit général circulaire, l’air vicié serend dans la grande cheminée d’appel E, par un canalsouterrain de même section, et il débouche directe-ment sur le foyer d’appel, comme on le voit dans lafig. 3. La cheminée porte cet air au dehors et à unegrande hauteur dans l’atmosphère, pour qu’il ne retombe ni sur la prison ni sur les propriétés voisines.
La ventilation de chaque bâtiment est réglée par desregistres placés sur le conduit C, à la sortie du grandcaveau.
Des dispositions sont prises pour empêche? la com-munication des déteuus entre eux, par la voix. Ces dis-positions ont été trouvées par M. Brurard, architectede la préfecture de police, et ont donné les résultats lesplus complets dans toutes les prisons où nous les avonsappliquées.
A cet effet, le tuyau de descente plonge dans un ton-neau de vidange, qui appartient à une cellule seule.Pour éviter toute communication entre les cellulesd’une même aile, ce tuyau devant aussi servir à laventilation, on y ajuste latéralement un petit ajutageen zinc de 0 m ,l0 de diamètre et de ()•'•,45 de longueur,ouvert à son extrémité, muni là d’une étoile en cuivre
destinée à régler la ventilation entre les 200 cellulesdu bâtiment. Par-dessus l’ajutage est un chapeauen zinc qui laisse 0“,025 de passage, et qui force lecourant à se briser avant de déboucher dans le caveau ;toute conversation, par la voix, entre les détenus, estainsi rendue impossible.
Dans les petites prisons, nous ajoutons le même sys-tème au bas du tuyau ce ventilation ; mais comme il ya très-peu de différence d’intensité entre la ventilationde 36 à 45 cellules, lorsqu’elles débouchent dans ungrand caveau, on supprime l’étoile de règlement.
Quand le système général de ventilation de la maisonMazas a été ainsi établi, il restait à régler entre ellesles 1225 cellules; c’était une question très-délicate quece règlement entre 1225 capacités de 21 mètres cubes,réparties en 6 bâtiments avec trois étages chacun , etsur une longueur de 80 mètres.
Comme on le voit, les gaines d’appel des six ailes