VENTILATION.
VENTILATION.
sont partagées symétriquement des deux côtés de lacheminée.
Pour régler cette ventilation, nous avons laissé ouvertle registre des deux ailes les plus éloignées, et mesuréà plusieurs reprises, à l’anémomètre le volume d’airqu’elles donnaient, en égalisant d’abord une légère dif-férence entre elles ; puis nous avons ramené les 4 ailesles plus rapprochées de la cheminée, à ce même volumenormal, par la fermeture graduée de leurs registres.
Nous avions alors à peu près 4000 mètres cubes àl’heure par aile, qu’il restait à répartir entre .200 cel-lules.
Comme nous l’avons dit, le tuyau de ventilation dechaque cellule est muni d’une bouche étoilée de règle-ment. *
Les observations faites sur la première et sur la der-nière cellule de chacun des trois étages et de chaquecôté du corridor, ont montré que toutes les cellulesd’un même étage débitaient le même volume d’air,mais que d’un étage à l’autre, il y avait de grandesdifférences; le rez-de-chaussée donnait plus que le pre-mier, et le premier plus que le second, par suite desfrottements de l’air qui croissaient avec la longueurdes tuyaux.
On a laissé alors toutes les étoiles du second étageouvertes, et diminué, l’anémomètre en main, les pas-sages des étoiles du premier étage et encore plus ceuxdu rez-de-chaussée , travail facile au moyen d’un ca-libre ; la ventilation de toutes les cellules s’est trouvéeainsi égalisée par étage.
Ce qui donne cette grande égalité d’appel pour70 cellules et 80 mètres de longueur, c’est la grandecapacité du caveau souterrain et son débouché par unegaine de petite section, d’où résulte une différencemanométrique presque nulle d’un bout du caveau àl’autre.
La ventilation en contre-bas concourt aussi puis-samment à cette égalisation par l’action physique,qui dans les circulations d’eau égalise entre eux lesdivers courants d’eau chaude descendants d’un appareilcommun.
Le résultat de cet ensemble de dispositions ( unelarge et haute cheminée chauffée de fond ; de grandspassages bien arrondis, et l’appel en contre-bas), est uneventilation de 1250 mètres cubes par chaque kilo-gramme de houille brûlée, quand on n’a que 900 mè-tres au plus avec les foyers des mines qui donnent leplus grand produit.
Il est vrai que l'air traverse, en moyenne, pour ar-river à la cheminée, 7J mètres de canaux, tandis quedans les mines, il parcourt 14 à 1500 mètres de gale-ries et plus.
Dans les petites prisons, l’appel, entre 36, 40 ou60 cellules, est presque rigoureusement égal, et s’ily avait quelque différence à corriger, on la feraiten gênant les tuyaux du rez-de-chaussée avec duplâtre.
Les dispositions de la prison de Fontainebleau serapprochent de celles de Mazas. Des tuyaux en fonte,terminés dans la cellule par des grilles rondes scelléesprès du sol , afin de ventiler le vase portatif, qui setrouve ainsi dans un grand courant d’air, vont débou-cher dans un caveau sous le corridor central. D’autrestuyaux, partant du haut des cellules de punition, éta-blies dans le soubassement, s’ouvrent aussi dans lemême caveau ; tout l’air vicié de la prison passe de làdans la cheminée générale et dessous le foyer d’appel,par un conduit muni d’un registre.
Le tuyau de fumée du fourneau de chauffage se renddans la même cheminée.
Nous avons trouvé une autre disposition qui permet,tout en réalisant les meilleures conditions de venti-lation, de laisser libre le caveau sous le corridor, pour
y placer des calorifères, des magasins, ou pour tout autreusage.
A cet effet, nous établissons une large communica-tion entre les vides voûtés que l’on réserve sous lescellules pour les assainir; et nous nous servons de cescapacités réunies, et d’ailleurs hermétiquement closes,comme d’un grand caveau , pour recevoir l’air viciéde toutes les cellules d’un rang, dont les tuyaux d’appelviennent déboucher sous les voûtes.
De la dernière des sous-cellules part une gaine quiploDge sous le sol du caveau central et se réunit à unegaine semblable, par laquelle arrive l’air vicié de l’autrerang des cellules. Le conduit commun qui reçoit cesdeux volumes d’air plonge ensuite sous le sol descaves, de manière à recevoir l’air vicié des autres ailes,et à se rendre dans la cheminée générale par-dessousle foyer d’appel ; cette disposition contribue aussi àrendre les cellules du rez-de-chaussée plus salubres,en faisant passer un courant d’air régulier sous leursvoûtes.
Telles sont les dispositions à prendre pour établir unbon système d’appel dans les cellules ; mais il fautencore y introduire de l’air pur et fraie, en quantitéégale à celle qu’on veut enlever.
Nous avions d’abord établi, à Mazas et à Provins ,pour chaque cellule, une prise indépendante qui allaitchercher l’aie le long des murs extérieurs. Nous avonsbientôt reconnu qu’en été, ces prises amenaient de l’airsouvent brûlant et surchauffaient les cellules. Quelque-fois sur ces murs, une chaleur trop intense du soleil,faisait appel sur les cellules mêmes. Les prises extérieuresont été alors bouchées et on en a établi de nouvelles surle corridor, sans rien changer aux autres dispositions.Cet air, toujours frais en été, passe sur Jes appareilsà circulation d’eau qui l’échauffent en hiver, et il serend dans la cellule par plusieurs orHices placés à diffé-rents niveaux.
Le résultat a été un abaissement remarquable dansla température des cellules en été, et pour toute l’an-née une régularité complète de ventilation tout à faiten dehors de l’action du soleil, des vents et des varia-tions barométriques.
Nous avons, en même temps, amené dans le corridor,et par de larges ouvertures , l’air extérieur , qui, enhiver, s’échauffe avant d’y pénétrer, ce qui rend lechauffage plus facile. Les bouches d'air chaud doiventêtre placées en haut de la cellule à 35 ou 40 centi-mètres du plafond , et les bouches d’appel en bas , àl’opposé quand on le peut, sinon dans le même mur,et dirigées de manière que le courant d’air roule danstoute la cellule, avant de revenir à la bouche d’appel,l’expérience prouve qu’avec des bouches ainsi placées,la cellule est parfaitement ventilée dans toutes sesparties, et que la température y est parfaitementégale, sauf un abaissement de 1 degré près de lafenêtre.
Ces bouches de chaleur, ainsi placées, sont hors dela portée«du détenu, qui ne peut pas s’en servir pourparler à ses codétenus. Ce que nous prévenons encoreen les garantissant par uue trémie en fonte. On donneainsi à la colonne d'air chaud de chaque cellule unelongueur de cheminee verticale de 2®,25 de plus, etpar conséquent plus de vitesse, ce qui est importantsurtout pour les cellules du rez-de-chaussée, qui récla-ment plus de chaleur, et dont le courant a, au con-traire, moins de vitesse.
M. l’inspecteur général Fcrrus, dans son remarquableouvrage Des prisonniers , de Vemprisonnement et des pri-sons , avait exprimé la crainte de voir les cellules deMazas suréchauffées par l’introduction de l’air exté-rieur en été, ou infectées quelquefois par des courantsen sens contraires, et les communications entre détenuspar la voix impossibles à.prévenir.