VENTILATION.
VENTILATION.
On voit qne ces difficultés ont été complètementlevées.
On a longtemps pensé que, pour qu’un système deventilation fonctionnât régulièrement, il fallait quetoutes les fenêtres des capacités à ventiler fussent her-métiquement closes. A Mazas, le service a été primiti-vement organisé sur ce principe.
Mais bientôt, pendant les chaleurs de l’été, lesplaintes de quelques détenus, qui disaient manquerd’air, appelèrent l’attention de la commission sanitaire.Il fut reconnu que dans les cellules d’où étaient sortiesces plaintes, il y avait 25 et 30 mètres cubes de venri-lation par heure et que cependant des indispositionssérieuses avaient été réellement constatées.
Des observations thermométriques faites avec sagacitépar le docteur Guérard , membre de la commission ,lui montrèrent que c’était une question de chaleur... etnon de volume d’air, que la cellule, avec sa fenêtrefermée, s’échauffait d’une manière incommode, quelqueVolume d’air qu'on y fît passer, d’où résultait les indis-positions signalées.
On essaya d’entr’ouvrir la fenêtre des détenus quisouffraient, et à l’instant les plaintes et les indispo-sitions cessèrent. Il fallut alors donner à tous les dé-tenus la faculté d’ouvrir à volonté leur fenêtre, sanstroubler la ventilation, et de plus sans que le détenu ,en approchant de la fenêtre sa table mobile, pûtvoir les autres détenus , condition qui aurait détruit leséminents bienfaits du système cellulaire, appliqué àune maison de prévention.
La question des communications par la vne et parsigne fut levée par le directeur , en fixant la table aumur, au moyen d’une courte chaîne. Quant à la ques-tion de la ventilation, MM. Gilbert et Lecointe, archi-tectes de la prison, firent préparer 1225 tampons mo-biles. On en donna un à chaque détenu , avec ordrede le placer sur la lunette de son siège d’aisance quandU ouvrirait sa fenêtre.
Ce système essayé sur une aile, puis appliqué à toutela prison, a donné les pins heureux résultats; lesfenêtres sont aujourd’hui à la disposition entière desdétenus, et la ventilation n’est en rien troublée parl’appel si puissant du soleil sur les murs exposés aumidi, comme cela avait lieu quelquefois dans le prinrcipe, par l’ouverture totale des fenêtres dans les oellulesles plus élevées , et les plus éloignées , d’où résultaitun courant d’air infect en sens contraire de la venti-lation naturelle.
Les tampons , en réduisant la section du siège, don-nent au courant descendant, une vitesse considérablequi domine toujours l’appel le plus fort des murséchauffés.
En pratique, un assez grand nombre de détenus ou-vrent leur fenêtre sans placer le tampon sur le siège ,et la ventilation est si puissante, qu’elle n’est en rientroublée.
Nous sommes entrés dans de grands détails sur l’ap-plication de la ventilation aux prisons cellulaires ; laquestion de salubrité est là si grave et en même tempssi difficile qu’elle a besoin de l’étude la plus appro-fondie.
En lisant cet article, on comprendra facilement quedes dispositions des cheminées, de tuyaux de conduits ,aussi compliquées à installer dans les murs et dans lesol, ne puissent s’établir qu’en les prenant avec le bâti-ment même, à partir des fondations, et en faisant mar-cher d'accord les dispositions de l’ingénieur avec lesconstructions de l’architecte ; c’est ce qu’ont si biensemi MM. Lecointe et Gilbert, qui ont voulu, avanttout, la décision la plus précise sur les questions dechauffage et de ventilation, et qur ont ensuite donné àl’ingénieur les secours les plus puissants, les plus sou-tenus pour mener à bien les appareils.
C’est ce que font aujourd’hui les architectes debeau-coup de départemements, qui construisent leurs pri-sons toutes préparées pour recevoir nos appareils.
L’application , après coup, des procédés de ventila-tion à un bâtiment tout construit, de manière à donnerde bons résultats, est presque impossible ; outre les fraiset les dangers des percements toujours fâcheux, lesystème de ventilation lui-même est forcé de se pliera des conditions qui le faussent.
Que si l’on avait cependant à ventiler une prison quiDe le serait pas, il faudrait chercher le système qui secombinerait le mieux avec la construction existr'ite;si les lieux le permettaient on pourrait, par exemple,établir sous le sol d’une cour ou d’un corridor courantà rez-de-chaussée devant les cellules, un canahde di-mensions calculées en raison dn nombre des salles,avec 1 mètre de vitesse par seconde et 15 ou 20 mètrescubes d’air par cellule, on amènerait dans le canal untuyau partant de chaque cellule du rez-de-chaussée etterminé par line bouche en fonte, scellée dans le mur ;re sont les meilleures bouches, les détenus ne peuventni les cass-r ni les arracher. Pour les cellules desétages supérieurs, on pourrait faire passer des gaînesdescendantes dans l’angle des cellules du rez-de-chaus-sée et les conduire dans le même canal général, sousla cour.
Le canal général de ventilation serait amené au piedd’une cheminée d'appel d’une bonne section, que l’on‘monterait jusqu’au haut du bâtiment, dans nn endroitqui le permettrait; si la place ne le permettait pas onferait un coffre en brique de champ, ou en pigeonnage,monté dans l’angle d’une pièce. Un petit poêle en fonte,placé au bas de la cheminée, compléterait ainsi unexcellent système; ce système a été proposé et appli-qué par l'architecte du département de l’Isère pourl'assainissement de la prison de Vienne , qui était dansl’état d’insalubrité le plus grave.
Quelquefois on ne pourra ventiler l’édifice qne paren haut, et par les combles ; alors on établirait lestuyaux des cellules jusque sous les combles, et là onaurait des gaines horizontales pour les recevoir.
Il ne faut pas essayer de faire redescendre de l’airainsi chauffé sous les toits; on s’exposerait à ce quele tirage en souffrît, il vaudrait mieux évacuer de suitecet air par une cheminée directe, montée sur le combleet de grande section ; on pourrait aussi y faire passerun tuyau de poêle pour augmenter l'appel. Si, aucontraire, on ne pouvait placer le foyer d’appel qu’àrez de-chaussée, on ramènerait l’air par un conduitdescendant, garanti soigneusement des chaleurs ex*-térieures jusqu’au bas d’une cheminée d’appel de fond ;mais il faudrait alors protéger avec soin les tuyauxet les gaînes des combles contre l’action du soleil: ouaurait ainsi un système fonctionnant convenablement.
Dans tous les édifices à ventiler, la plus grandesurveillance doit être exercée sur la pose des tuyaux,et sur la construction des canaux qui servent à l’appel ;le mortier qui fait leurs joints à l’intérieur, doit êtrelissé avec soin pour que les courants d’air ne trouventpas de résistance dans leur marche.
Quand une cellule cesse d’étre ventilée autant qu’àl’ordinaire, il faut passer dans les conduits d’appel ,ou une baguette, ou un poids avec une corde, car lesnids de souris ou les toiles d’araignées les obstruentsouvent.
Quand la ventilation passe par le tuyau de descentedes matières , comme à Mazas , les obstructions sonttrès-rares : et on a pris, il est vrai, la précaution defaire ces tuyaux coniques de haut en bas, et on y versede l'eau tous les jours.
Mais dans les caveaux où débouchent ces tuyaux etoù sont placés les tonnes de vidange, il s’amasse unetelle quantité de toiles d’araignées, surtout près du