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ECONOMIE INDUSTRIELLE.

vent qu’un effet, et l’influence de ces cultures aété extrêmement considérable en France . Indépen-damment de la culture maraîchère, qui emploiebeaucoup de bras dans les abords des grandesvilles, et qui ne s’exploite jamais en grand, ondoit citer la culture de la vigne et la productionde la soie, travaux qui occupent tant de bras pourlesquels la production sur une grande échelleest impossible. A un semblable élément, si l’onj’ajoute le morcellement du sol par le partage égalentre les enfants (cause fondamentale qui dominetoutes les autres), la satisfaction du journalier decultiver après sa journée un champ qui assure sasubsistance, l’on comprendra facilement l’impor-tance immense de la petite propriété dans l’agri-culture française.

C’est à cause des résultats avantageux, du pro-duit brut considérable que le paysan sait obtenir,que l’on comprendra facilement son empressementà acheter de la terre, même à un prix élevé. Parcette raison et par l’effet du peu d’abondance descapitaux, le fermier possède rarement un assezgrand capital pour prospérer en exploitant detrès-grandes fermes. Aussi, pendant que la pe-tite culture se développe dans toutes les partiesde la France où la prospérité est la plus grande,la grande propriété, et aussi la grande exploitation,se rnaintiennentdans lespartiesévideminent les plusarriérées. C’est non-seulement l’accroissement dunombre des propriétaires qui produit cet effet,c’est encore la diminution de l’étendue des fermesdans les contrées les mieux cultivées, la Flandre et la Normandie , par exemple.

La petite propriété, la petite ou au plus lamoyenne culture, .telle est incontestablement latendance de l’industrie agricole en France , ou plu-tôt telle est la révolution déjà opérée. On peutbien blâmer en quelque chose une pareille orga-nisation, mais, somme toute, il serait absurde enFrance de vouloir se proposer un autre but que laprospérité d’une agriculture ainsi organisée.

Inutile d’insister à cet égard, nous dirons en-core seulement ici un mot de l’agriculture entant qu’industrie.

C’est le progrès industriel qui, faisant croîtreles populations et par suite les demandes de pro-duits agricoles, rend l’agriculture profitable entant qu’industrie rendant des produits nets im-portants, et forme des entrepreneurs capables pourl’industrie agricole, la plus difficile de toutes.L’exemple de l’Italie, de la Belgique au moyenâge, de l’Angleterre depuis le commencement dusiècle, de la Flandre, de . la Normandie de nosjours, prouvent bien manifestement comment lesprogrès de toutes les industries créent et assurentla prospérité de l’industrie agricole. En un mot,c’est surtout une grande industrie manufacturièrequi fait naître les capitaux, les débouchés, l’espritd’entreprise, le savoir, qui font toujours progres-ser l’agriculture.

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

DE l’industrie FRANÇAISE .

Nous ne voulons pas revenir ici sur l’importancerelative des diverses industries de la France quel’on peutapprécierparles chiffres donnés à l’articleStatistique , mais seulementesquisser les principauxtraits de la constitution économique de nos prin-cipales industries. '

Passons d’abord en revue les industries danslesquelles'la France excelle, dans lesquelles ellesurpasse toutes les nations rivales, ce qui est fa-cile à reconnaître par les exportations auxquellesces industries donnent lieu. Elles sont évidem-ment celles qui conviennent le mieux au génie na-tional, qui y excelle, et leur organisation doit êtrela plus naturelle à l’esprit de la nation, car ellessont nées sous cette forme dans nôtre pays.

Nous diviserons ces industries en trois classes,renfermant la presque totalité de nos exportations:

1° Tissus;

2° Produits chimiques;

3° Articles de goût comprenant tout ce qui serapproche des arts.

1° Tissus. — Tissus de soie. La fabrication desétoffes de soie est sans contredit celle qui fait le plusd’honneur à notre pays. Cette magnifique indus-trie, qui acquiert à des prix élevés toute la soiedont la production enrichit le midi de la France ,et qui lui tient ouvert un débouché au moins égal,

1 vu la quantité de soie qu’elle acquiert à l’étran-ger, produit une valeur de plus de 230,000,000 defrancs avec 100,000,000 fr. de soie. Sur cettequantité, 60 à 80,000,000 fr. sont consommésen France et le reste est exporté.

Tout le monde connaît l’organisation de l’in-dustrie delasoié. On sait que les métiers, au nom-bre de 45,000 dans l’arrondissement de Lyon, de30,000 dans celui de Saint-Étienne (ceux-ci spécia-lement consacrés aux rubans), en nombre considé-rable, quoique moindre, à Nîmes, à Avignon , etc.,appartiennent à des chefsd’ateliersquien possèdenten général deux ou trois, et que les grands éta-blissements n’ont jamais pu soutenir la concur-rence des petits ateliers. Chaque article, ou plutôtchaque division d’article, exigeant une pratiquespéciale, forme l’objet de la fabrication d’un grandnombre de fabricants qui rivalisent avec une ar-deur et une Rabileté extrêmes pour obtenir lesmeilleurs résultats. U serait impossible d’analyserlæ mille progrès de détail qui s’accomplissentchaque jour au milieu de cette population intelli-gente et laborieuse, de décrire avec quelle rapiditése produit le progrès continu qui assure la supé-riorité de notre fabricatipn. Sans parler de l’admi-rable invention de Jacquart, qui a tant accru lafabrication des étoffes façonnées, que de décou-vertes importantes depuis quelques années! Lebattant brocheur, le métier pour faire les peluchesen double, etc., et tant d’autres, sont venus mon-trer combien était fertile cette émulation entre unnombre aussi grand de producteurs travaillant