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ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.-

tous avec le stimulant de l’intérêt personnel.

Tissus de laine. Autrefois la draperie françaiseavait une très-grande réputation, et si celle-ci esttoujours méritée, la concurrence étrangère n’enest pas moins venue réduire nos exportations.

Le droit élevé qui gène l’importation des lainesétrangères parait la cause principale de ce fâcheuxrésultat.

L’industrie des laines nous offre deux organisa-tions différentes. Deux villes voisines de la Nor-mandie, Elbeuf et Louviers , sont à la tête de lafabrication des draps; presque égales en 1817, lesproductions de ces deux villes ont marché d’unemanière toute différente, et celle d’Elbeuf est au-jourd’hui quadruple de celle de Louviers . D’oùpeut venir une semblable variation? De l’organi-sation démocratique de la fabrique à Elbeuf , etpas d’autre cause.

Tandis qu’à Louviers des établissements com-plets réunissent la filature, la teinture, le tissage,les apprêts, etc., à Elbeuf il ne se rencontre quepeu de fabriques de ce genre (au moins il enexistait peu à l’origine de la prospérité indus-trielle de cette ville), tandis qu’il existe un nom-bre considérable d’établissements faisant une seulede ces opérations, et même souvent une partieseulement de ces opérations.

De là, émulation inouïe pour faire plus rapide-ment, plus simplement, à meilleur marché chaqueopération ; facilité extrême pour tout travail-leur laborieux de devenir fabricant avec des res-sources'limitées; division du travail entre toutela ville devenant un seul atelier doué d’une im-mense puissance industrielle; de là enfin supé-riorité et progrès de la fabrique d’Elbeuf .

Si de l’industrie des draps et du travail de lalaine cardée nous passons au travail de la lainelongue, de la laine peignée, nous arrivons à uneindustrie qui a pris en France de magnifiques dé-veloppements et qui fait le plus grand honneur àl’intelligence de nos fabricants. Faire en lainetoutes sortes d’étoffes légères était un des plusbeaux problèmes à résoudre, et on peut dire quela France l’a admirablement résolu. Mais si la fi-lature permettant la fabrication des mérinos etétoffes semblables avait un débouché propre,quelle assistance a trouvé cette industrie dansl’emploi intelligent de ses produits mélangés avecle coton, la soie, servant à fabriquer les châles,mille étoffes variées, notamment la mousseline-laine imprimée ! La laine longue est devenue unedes bases capitales de notre industrie, une de cellesà la prospérité de laquelle nous devons veiller leplus attentivement, et certes ce n’est pas sonmoindre élément de succès que le travail intelli-gent des nombreux fabricants de Lyon, de Reims ,de Roubaix , etc., qui l’emploient pour tant de fa-brications diverses.

Batistes. Malgré la découverte de la filature dulin à la mécanique, qui tend à déplacer la pro-

duction des fils et toiles de-chanvre et de lin, il estun article de la production duquel la Flandre a sugarder le monopole, et qui donne lieu à uneexportation importante. Ce sont les batistes tisséesavec des fils d’une finesse et d’une régularité ad-mirables, que ne peut créer le travail mécanique,et que produisent si admirablement nos paysannesde la Flandre.

2“ industries chimiques. L’importance, le bril-lant avenir réservé en France aux industries quireposent sur les sciences chimiques n’est pas,en général, apprécié à sa juste valeur. La diffu-sion des connaissances qui existe dans notre pays(où la chimie a véritablement pris naissance), lerôle assez restreint du capital dans la fabricationde produits qui n’exigent en général, pour êtrecréés, que des établissements formés de quel-ques fourneaux et quelques hangars, ce qui per-met presque toujours à celui qui fait la décou-verte d’en récolter les profits; l’appui mutuel quese prêtent les usines de ce genre en se multipliant,une fabrique nouvelle utilisant souvent les résidusde l’usine voisine, telles sont les causes qui nousfont considérer les industries chimiques commed’une extrême valeur pour notre pays.

Bien des personnes, à force d’entendre parlerde forces motrices, de machine à vapeur, s’imagi-nent à tort que sur celles-ci repose toute fabrica-tion. En effet l’ind ustrie ne se propose pas seulementde modifier la’forme des corps, comme le fait l’in-dustrie mécanique, elle se propose encore souventde changer leur nature même : c’est le but del’industrie chimique. Et si une découverte mo-derne pouvait être mise en parallèle avec la ma-chine à vapeur, nous ne croyons pas qu’on pût entrouver une plus importante que celle de la fabri-cation de l’acide sulfurique dans les chambres deplomb, qui, en permettant de produire cet acideà bas prix, a mis à la disposition de l’industrieune source précieuse de force chimique.

Passons en revue quelques-unes de nos princi-pales industries chimiques.

L’acide sulfurique et la soude sont les deux prin-cipaux produits créés à l’aide du progrès des scienceschimiques. Fournissant un acide et un alcali puis-sants, ils servent d’éléments pour la création d’unefoule d’autres produits. La fabrication de la soudenotamment avec le sel marin, dont l’absence parsuite de la cessation du commerce extérieur futun instant bien durement sentie pendant les guer-res de la révolution, est un des plus beaux pro-grès de l’industrie moderne.

La fabrication des savons a pris une grande im.portance, en France , par suite du bon marché dela soude; on sait à quel degré de prospérité a at-teint la fabrique marseillaise, qui l’emploie pourtant de fabrications diverses. Elle trouve aujour-d’hui une concurrence dans la savonnerie pa-risienne, créée surtout pour utiliser les résidus dela fabrication des bougies stéariques, dont la dé-

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