ECONOMIE INDUSTRIELLE.
ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.
ganisée de la sorte; aussi notre bijouterie est-elleun objet d’exportation tissez important, malgré lesdroits de douane, qui lui rendent difficiles lesabords de pays où elle trouverait ses débouchésles plus avantageux; car nulle part elle ne ren-contre de rivaux apportant des objets aussi bril-lants, d’aussi bon goût et à un prix aussi bas queceux établis par nos ouvriers.
Articles de Paris. — Nous comprenons sous cemot la série d’articles qui porte peut-être le ca-chet le plus caractéristique de la tendance naturellede notre industrie. On sait combien l’exportationqui se fait de ces articles est importante et decombien d’articles elle se compo.-e, articles de peude valeur intrinsèque, mais dont le bon goût faitle prix. On distingue principalement : les modes,la ganterie, les chaussures de dames, la tabletterie,l’ébénisterie, l’horlogerie, les parapluies, le car-tonnage, etc., etc. De tous ces articles pas unn’est le produit de machines puissantes, pas unn’est produit dans de grands ateliers. Ce sont desouvriers en chambre, de petits fabricants, qui separtagent la création de ces articles, pour lesquelsnotre supériorité est incontestable, et devant les-quels les puissants moyens de production de lamanufacture anglaise baissent pavillon.
Industries de la France protégées par les douanes.
Passons maintenant en revue nos industriesque les états de douanes nous signalent comme in-férieures à celles d’autres pays, puisqu’elles don-nent lieu à des importations gênées par des droitsde douane, ou ne s’exercent qu’à l’abri de prohi-bitions, ce qui nous permettra d’entrevoir la voiedans laquelle il faudrait s’avancer courageusementpour voir se terminer le plus tôt les sacrifices quele pays s’impose pour leur protection.
Mines et métallurgie. — En tête des industriesqui donnent lieu à des importations considérables,ou qui ne se développent qu’à l’abri de droits dedouane élevés, on doit placer l’extraction des sub-stances minérales et la préparation des métaux.Certes il est impossible que nous arrivions à cer-tains développements que peuvent seuls obtenirles pays favorisés de mines plus riches et plusabondantes que les nôtres; mais obtenons-nous tousles résultats que peuvent permettre d’espérer lesrichesses naturelles que renferme notre sol ? Làest toute la question. Or, à l’exception de l’indus-trie du fer, qui est très considérable, nous ne pou-vons compter que deux ou trois usines un peu im-portantes pour l’extraction du plomb. Ce n’est paslà la limite de ce que nous pouvons faire en mé-tallurgie.
On a souvent répété que les Français n’étaientpas propres à ce genre de travail et qu’ils n’ytrouvaient pas l’emploi de leurs qualités. Cela estévidemment une erreur. Est-ce que nos ingénieursdes mines ue sont pas aussi instruits et aussi actifsque les meilleurs métallurgistes de l’Europe ? Est-
ce que nos ouvriers perdent leur intelligence endescendant dans les mines?
Il faut pourtant qu’il y ait une cause à celleinfériorité reconnue : est-elle seulement dans lepeu de richesse de nos mines ? ne résiderait-ellepas aussi dans l’organisation de notre industriemétallurgique? dans l’esprit de la législation quirégit les concessions des mines?
Dans celte circonstance comme dans tant d’au-tres, on s’est demandé qomment était organiséel’industrie anglaise , et l’on s’e6t empressé de l’i-miter. Frappés de l’importance des établissementsmétallurgiques de l'Angleterre, des immenses tra-vaux auxquels les ressources de compagnies puis-santes pouvaient seules suffire, les rédacteurs deslois qui régissent les mines ont proscritles petitesconcessions, le travail sur petite échelle; de tellesorte qu’il arrive chaquejour que l’inventeur d’unemine voit, lors de la concession, celle-ci accordéeà une compagnie voisine par le conseil d’État. pré-occupé de donner à la loi sa véritable interpréta-tion en créant à tout prix de grandes concessionspour de puissantes compagnies.
Le résultat d’un pareil système n’a pas été, cenous semble, fort heureux, et pouvait-il en êtreautrementau milieu d’une société organisée commela société française ? N’aurait-il pas fallu que celle-ci se transformât en quelque sorte pour agir commele font les Anglais ? N’y avait-il pas, pour dévelop-per en France l’industrie métallurgique, d’autremoyen plus approprié à l’organisation de notresociété industrielle, et qui eût donné des résultatsbien meilleurs? N’y avait-il pas à emprunter à desnations autrement constituées que la nation an-glaise d’utiles enseignements? Nous verrons plusloin un modèle qui eût pu, nous croyons, êtreimité avec quelque profit. ( Voyez Industrie alle-mande.)
Industrie du coton. — L’industrie du coton, dèslongtemps prospère en France , et répandue en unnombre assez grand d’établissements qui pouvaientà l’origine rivaliser avec ceux de l’Angleterre,s’est trouvée singulièrement inférieure le jour oùcelle-ci eut établi ses grandes factories, chefs-d’œu-vre de l’industrie moderne. Des immenses établis-sements créés plus tard à l’imitation de l’An-gleterre, sortirent des masses considérables deproduits, à un prix de revient tellement réduit quela production ne pouvait plus en être faite par desmoyens moins parfaits.
Après de longs travaux, l’industrie cotonnièreest enfin arrivée en France à un développementtrès important. Secondée par la prospérité et l’é-clat de rindustriedel’impression des toiles peintes,elle n’est pas éloignée aujourd’hui de pouvoirsou-tenir la lutte avec sa rivale, malgré le bon marchéen Angleterre de la force motrice, grâce à l’abon-dance de la houille, au prix peu élevé de la fonteet du fer qui servent à construire les métiers.
MM. Kœcklin et Dolfus, grands fabricants tous