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ECONOMIE INDUSTRIELLE.

Economie industrielle

deux, ont formellement déclaré que la suppression jdes droits de douane ne ferait nullement périr la jfilature française , et nous croyons avec eux cette 1industrie capable de supporter cet assaut. La dimi- jnution des causes d’infériorité qui résultentdu hautprix du fer et de la houille, et en général desdroits de douanes, rendrait égales les armes desdeux pays rivaux qui travaillent aujourd’hui avecles mêmes métiers, et où les progrès émigrent ra-pidementd’un pays dans l'autre. C’estsurtoutl’im-pressionsur étoffes, entravée dans son brillant essorpar le prix élevé des étoffes blanches, qui appelleun régime plus libéral.

Industrie de lin et de chanvre. Cette industrie,longtemps prospère en France , surtout dans laFlandre et la Bretagne , tant que la filature s’estfaite exclusivement à la main, tend à se déplacerdepuis que les Anglais ont encore concentré cettefilature dans d’immenses manufactures. Aujour-d’hui que, par des droits de douane considérables,on a assuré de grands bénéfices aux personnes quiveulent fonder en France de semblables établisse-ments, nul doute que nous n’arrivions à diminuerl’importation, à fabriquer «aussi bien que les An-glais et à aussi bas prix dans certaines positionsd’établissements, quand la valeur de ceux-ci auraété amortie.

Les sacrifices que s’impose le pays pour cetteindustrie contribuent donc à faire passer auxmains des propriétaires de grandes manufacturesles bénéfices d’un travail qui était autrefois l’apa-nage de nos ouvriers de la campagne. Était-cedans cette direction que l’État avait des sacrificesà faire pour parer à tous les malheurs attachésà ce progrès? Nous ne le pensons pas, et dironsplus loin comment il nous semble qu’on eût pupousser cette industrie dans une meilleure direc-tion.

C’est dans les industries du coton, de la filaturedu lin, de la laine peignée, etc., qui s’exploitentdans des établissements trop considérables pourque la propriété en reste longtemps dans une seulemain, que l’association s’est surtout fait jour, etque la division de la propriété par actions est venuedonner satisfaction aux tendances de l’esprit fran-çais .

Instruments aratoires, taillanderie, horloge-rie, etc- Parmi les autres articles d’importationd’objets manufacturés, cenx énoncés ci-dessustiennent la plus grande place et entrent pour unchiffre important dans nos importations, malgrédes droits de douane élevés. La taillanderie, lesfaulx, etc., viennent surtout de Styrie , où leurfabrication, due à des populations très-industrieu-ses, est puissamment secondée par la qualité deminerais qui donnent à très bas prix d’excellentacier naturel très propre à ces usages.

L’horlogerie commune est surtout produite parla Suisse , sous l’influence d’une organisation in-dustrielle sur laquelle nous reviendrons.

! Autres articles. Plusieurs autres articles entre-\ raient en France si l’on supprimait les droits de1 douane. Tels sont, parmi les plus importants, les! cristaux de Bohême, les poteries et quelques ma-chines anglaises, grâce au bas prix de la fonte defer en ce pays, à l’expérience et à l’habileté dequelques constructeurs. Il n’en serait pas ainsidans le cas général, car cette industrie a prisen France un développement fort considérableet qui ne peut que s’accroître, car il repose surla diffusion de la science mécanique; aussi peut-elle lutter avec l’étranger, ce qui est d’autant plusheureux qu’elle est évidemment la base fondamen-tale des progrès de toutes les fabrications.

Les cristaux nous fournissent le curieux exempled’une industrie qui est organisée par grands éta-blissements en France et en Angleterre, et quipourtant est obligée de s’avouer inférieure à lamême industrie organisée en petits ateliers dansun pays voisin, la Bohême.

Industries locales.

Nous appelons ainsi les industries qui s’exercentnécessairement sur les lieux de consommation.

C’est par spéculation plutôt que sur commandesque le travail est entrepris dans les manufactures,la production se fait en grand. Rien de sem-blable ne se rencontre dans le simple atelier del’artisan professionniste : c’est lui-même qui faitle travail avec un petit nombre de compagnons, età l’aide de leurs bras réunis. Ici ce qu’on produit,ce ne sont plus des matériaux pour une nouvelleproduction, ce sont des objets usuels servant à lanourriture, à l’habillement, à l’habitation, à la lo-comotion, etc., en un mot aux besoins de tous lesinstants. Avec de faibles moyens, l’artisan suffitaux exigences de sa position : les grands capitauxlui sont inutiles. 11 n’en est pas de même des facul-tés intellectuelles; plus il en possède, plus il a pules développer, et plus aussi son travail sera fruc-tueux, plus il offrira d’avantages.

Daus les arts et métiers chacun sait que l’ap-prenti devient compagnon après un certain temps,et c’est des compagnons les plus intelligents quesortent les maîtres, qui partant d’un-capital mi-nime parviennent souvent à la fortune.

Résumé.

De l’examen qui précède il résulte bien claire-ment : que l’industrie s’exerce en France sousdeux formes, deux organisations différentes.

Les industries en général récentes, sous leursformes actuelles, sont celles que nous voyonsexploitées en France par grands ateliers, les forgesà l’anglaise, les filatures de lin, de coton, etc.,créées à l’abri de la protection des douanes, quiles ont fait importer sous la forme anglaise, avecla constitution économique qu’elles ont revêtuedans une société différente à tous égards de lanôtre. Nous ne prétendons nullement nier la haute