préface
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est sans contredit le seul qui,tant pour T utilité de ses notes,
jusqu’à présent, ait mérité une estime particulière,qui sont on ne peut mieux raisonnées, que pour la
clarté de sa traduction. »
Cependant le traducteur italien remarque, dans une infinité de notes, que Perraultn’a pas du tout saisi le sens de l’auteur latin ; mais au lieu d’accuser son ignorance ,il ne manque jamais de supposer qu’il y a faute dans les manuscrits, Galiani a cherchédans le texte le véritable sens de ces passages, et, sans y rien changer, il est parvenuà le trouver. J’ai adopté toutes ces interprétations de Galiani, et comme lui, j’ai rétablile texte. Par-là plus de cent passages, où Perrault a fait des contre-sens, faute de lesavoir compris , sont rendus d’une manière simple et naturelle dans ma traduction rsans avoir touché au texte.
Je suis loin cependant d’avoir suivi en tout la traduction de Galiani; je dois con-venir que son ouvrage , ainsi que celui de Perrault, m’ont été trèsrUtiles ; je m’ensuis servi comme ils se sont servis de ceux de leurs prédécesseurs : mais, comme onle verra dans mes remarques , j’ai bien des fois traduit autrement qu’eux, parce qu’ilsn’avoient pas eu assez souvent recours aux anciens monumens d’architecture. Perrault,il est vrai, avoit voyagé en Italie, maïs il fit sa traduction à Paris. Galiani, quoiqu’aumilieu des édifices romains , a fait la sienne à Tsaptes, sans sortir de son cabinet. 1Ses notes très-curieuses sont pleines d’érudition : cependant tous ceux qui les liront ;verront clairement qu’il a bien plus consulté les bibliothèques que les anciens monu-mens d architecture.
On conçoit qu un traité d’architecture tel que celui de Vitruve est rempli de motstechniques, la plupart tirés du grec , puisque c’étoit des Grecs que les Romainsavoient appris cette science. Souvent même il emploie les mots grecs ou il les cite ,ce qui en rend 1 intelligence très-difficile, même pour les savans. La plupart des tra-ducteurs Italiens ne se sont pas donné la peine, non plus que Galiani, de les expli-quer ; ils se sont contentés de travestir ces mots dans leur langue. Ils ont par exemplerendu ces expressions latines, irabes everganeœ par trabi everganei • celles-ci, scapicardinales , par scapi cardinali , etc. J’ai préféré suivre l’exemple de Perrault ; tous