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et acquérir l’estime de l’empereur votre père, me procurera auprès
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Depuis que vous lui avez succédé à len^pire et quil est placé parmi les immoilels,je sens se ranimer en moi , pour votre augüste personne , le zèle dont j etois -jadisenflammé pour son service. Je le dois d’autant plus, qu’à la recommandation de votresœur , vous avez eu la bonté de me continuer les mêmes avantages dont je jouissois,lorsque je remplissois avec M. Aurelius , Pub. INumidius et Cn. Cornélius , la com-mission qu’on m’avqit donnée pour la construction et l’entretien des balistes , scor-pions , et autres machines de guerre ; je me crois obligé par un si grand bienfait,qui éloigne de moi la crainte de la nécessité pour le reste de mes jours , de les em-ployer à écrire sur une science que vous aimez. Je commis le goût que vous avez tou-jours eu pour bâtir. Vous avez construit plusieurs édifices, et vous en achevez d’au-tres tant publics que particuliers, pour laisser à la postérité d’illustres monumens devotre grandeur. ci
Avec le secours de cet ouvrage, vous pourrez juger de la beauté des bâtimens que vousavez élevés, et de ceux que vous ferez faire par la suite , puisqu’il contient tout cequi concerne l’art de bâtir.
REMARQUEES.
Presque tous les savans et les interprètes sont persuadés que c’est à Auguste que Vitruve dédieson ouvrage. Quelques-uns en doutent cependant , et prétendent que c’est à Titus ; ils avancent parJà le temps , où ils supposent que florissoit Vitruve , d’environ 70 ans. Je ne vois pas sur quoi ilsse fondent. D’abord le style de Vitruve tient bien plus de la rudesse que la langue latine avoit dansles temps qui ont précédé celui d’Auguste, que de la corruption dans laquelle elle est tombée dansceux qui l’ont suivi et qui commence à se faire sentir dans Sénèque , dans Pline et dans Tacite.Vitruve se sert de vieux mots tels que cîonicum pour donec , quoi mensibus pour singuïis mensi-bus , expressions qui se trouvent dans Ennius et dans Lucrèce.
Dans le troisième chapitre du neuvième livre, Vitruve parle d’Ennius et d’Accius, comme s’ils éloicntmorts depuis peu de temps ; dans le même chapitre, il parle de Lucrèce , de Cicéron et de Varron,comme les ayant connus. Or on sait qù’Ennius naquit 23 g ans avant l’ère-vulgaire , Accius 171 ,Varron 116, Cicéron 107, et Lucrèce 54 .
De plus , Vitruve ne parle pas des magniiiques édiftces dont Auguste embellit par la suite la ca-pitale de 1 univers , ni du panthéon, ni du théâtre de Marcellus , ni de ceux qui furent bâtis après,comme le colisée que Titus fit construire et qu’il dédia à Vespasien.
Il est vrai que, dans le 2 e Ch. du V.® Liv., il parle d’un temple d’Auguste qui se trouvoit dans la ba-silique de Fano. On ne peut cependant conclure de la cpie Vitruve ait écrit après la mort de cetempeieui , puisquon rendit a Auguste, ainsi qu’a Jules-César, des honneurs divins ayant leur mort,