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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LIVRE I I, C h a £>. ix.

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plus dhumidité, il le faut abattre ; .alors il sera excellent à mettre en œuvre. Ce quise pratique à légard des arbustes, prouve combien cette méthode est utile : dansune certaine saison de l'année , pn les perce par le bas , pour ôter cette humiditésuperflue; cela les fortifie et les fait durer plus long-temps. Si on néglige de le faire,elle samasse et se pourrit, dans lintérieur de leur tige , ce qui fait quils demeu-rent foibles et languissans. Les .arbres donc, que lon fera ainsi sécher sur pied , avantquils soient morts, ou épuisés par la vieillesse , seront exeeUens pour bâtir, et dure-ront long-temps après qu ils seront employés.

Sil existe plusieurs espèces darbres , leur qualité diffère aussi beaucoup. Nousemployons dans les bâtimens le chêne , lorme, le peuplier , le cyprès et le sapin ;ils ne conviennent cependant pas également à tous les ouvrages : car on ne peut pasfaire du chêne ce quon fait du sapin , ni du cyprès ce quon fait de lorme ; lespropriétés de chacun de ces bois étant différentes, à cause des élémens dont ils sontcomposés, ils ne peuvent également servir au même ouvrage.

Le sapin qui renferme beaucoup dair et de feu , qui contient peu deau et deterre , étant composé délémens aussi légers , pèse lui-même très-peu ; sa nature estdêtre ferme et tendu ; il plie sous le faix et tient le plancher fort droit; mais sa tropgrande chaleur est cause quil engendre des vers qui le gâtent, quil senflamme aisé-ment , à cause de sa nature aérée , et quil occasionne souvent des incendies.

Si on remarque le sapin avant de le couper , on verra que, près de la terre, il estuni et na pas de nœuds à cause de lhumidité que tirent ses racines ; mais la partieden haut qui jette beaucoup de branches, parce que la chaleur y abonde, est fortnoueuse; quand on la coupée à la longueur de vingt pieds , et équarrie, on lappellefusterna , pour marquer la dureté de ses nœuds. Quant à la partie inférieure , si elleest assez grosse , pour être partagée en quatre , on la décharge de son aubour, etce qui reste est très-bon pour la menuiserie, on lappelle sapinea.

Lélément terrestre compose presque tout seul la nature du grand chêne ; il a peudeau, dair et de feu, aussi dure-t-il éternellement dans la terre ; parce que sa soli-dité fait quil ne reçoit presque pas dhumidité dans ses pores ; il la fuit tellement etil en contient si peu , quil se tourmente , se gerse et se fend lorsquon lemploiehors de terre.

Le petit chêne , dont les principes sont beaucoup plus tempérés, est dun très-bonusage dans les édifices : il ne résiste pas, il est vrai, à lhumidité; elle sinsinue aisé-

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