Buch 
L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
Entstehung
Seite
94
JPEG-Download
 

94

L'ARCHITECTURE DE VITRUVE.

de leurs qualités naturelles , et de limportance de leur choix pour la solidité desouvrages. Mon dessein est de traiter , dans le troisième , de la construction destemples quon élève aux dieux immortels , et de dire quelle forme on doit leurdonner.

CHAPITRE PREMIER.

De la construction et des proportions des Temples.

La belle construction dun édifice dépend, surtout, de la proportion; un archi-tecte ne sauroit trop £n étudier et suivre les règles. La proportion dépend des rap-ports de grandeur, ( i ) que toutes les parties de louvrage ont entrelles , et avec letout, réglé par une même mesure. Cest ce rapport que les Grecs appellent analogie.Pour quun bâtiment soit bien ordonné , il faut donc que toutes les proportions sytrouvent et se rapportent entrelles ; comme il est nécessaire , pour quun hommesoit bien fait, que tous ses membres soient bien proportionnés les uns avec lesautres.

* La nature donne ordinairement au corps humain les proportions suivantes : levisage , depuis le bas du menton jusquau haut du front, cest-à-dire , jusqu à laracine des cheveux , fait la dixième partie de la hauteur de lhomme ; cette mêmelongueur se trouve depuis le pli du poignet , jusquà lextrémité du doigt, qui estau milieu de la main : toute la hauteur de la tête , cest-à-dire , depuis le bas dumenton jusquau sommet, est la huitième partie de tout le corps ; la même mesurese trouve par derrière , depuis lextrémité inférieure du cou : depuis le haut de lapoitrine jusqu'à la racine des cheveux , on trouve la sixième partie , et jusquau som-met la quatrième : le visage se divise en trois parties égales. La première est depuisle bas du menton jusquau dessous du nez ; la seconde depuis le dessous du nezjusquaux sourcils ; la troisième depuis les sourcils jusquà la racine des cheveux qui

4.

(i) Par le mot Symetria , comme nous lavons dit dansnos remarques sur le 3. me chapitre du premier livre , lesanciens entendent la proportion : et par proportio , ceque les mathématiciens appellent raison ; ainsi jai étéobligé , avec Perrault, de rendre le mot Symetria par

%

celui de proportion , et proportio par celui de rapport degrandeur. Je ne pourrois que répéter ici ce que jaidéjà dit dans ces remarques la chose est suffisamnïentexpliquée ; jy renvoie donc le lecteur,

* Planche lV.^hg. i et