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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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terminent le front. La longueur du pied est la sixième partie de la hauteur de toutle corps humain ; le coude , de même que la poitrine, en sont la quatrième partie.Toutes les autres parties ont chacune leurs mesures et leurs proportions. Cest surelles que les plus fameux peintres et sculpteurs de lantiquité, qui font ladmirationde lunivers , se sont toujours réglés. Il faut de même quil y ait égalité de mesuredans toutes les parties qui composent un temple, et que leurs différentes grandeurs cor-respondent avec le tout. Le centre du corps humain est naturellement au nombril :car quun homme soit couché; quil ait les pieds et les mains étendus ; quon mettealors le centre dun compas au nombril, et quon décrive un cercle , il toucheralextrémité des doigts des mains et des pieds. Comme le corps de lhomme ainsiétendu a rapport avec un cercle , on trouvera quil en a aussi avec un carré : carsi on prend la distance qui se trouve depuis lextrémité des pieds jusquau sommetde la tête, et quon la rapporte sur celle qui se trouve depuis lextrémité dune desdeux mains qui se trouvent étendues jusquà lautre, on trouvera que cette longueuret celte largeur sont égales , comme sont celles dun carré fait avec une équerre.

Puisque la nature a composé le corps de lhomme , de manière que chacun deses membres est proportionné avec le tout; cest pour cette raison que les anciens,' ont voulu que, dans les ouvrages perfectionnés, on observe exactement ce même rap-port des parties avec lensemble. De tous les ouvrages dont ils ont réglé les mesures,ils se sont sur-tout attachés à perfectionner celles que doivent avoir les temples desdieux ; parce que tout ce qui sy trouve de bien ou de mal fait , reste exposé àjamais aux jugemens de la postérité. Les différentes espèces de mesure dont on se."sert pour régler tous les ouvrages, sont elles-mêmes prises sur les parties du eèrpshumain ; tels sont le doigt , le palme , le pied , la coudée : ces divisions ont étéréduites en nombres parfaits que les Grecs appellent telion. Le nombre parfait établipar les anciens , est celui de dix * à cause du nombre des dix doigts qui composentla main ; de même que la mesure du palme a été prise des doigts , et celle du pieddes palmes.

Comme la nature nous a donné dix doigts aux deux mains , Platon a cru que cenombre étoit parfait, parce que les unités qui sont appelées monades , par les Grecs ,formoient la dixaine : de sorte que si lon passe outre, en allant de onze à douze etc. ,on ne trouvera pas de nombre parfait, jusquà ce quon soit parvenu à lautre dixaine ,à cause que les parties de ce nombre sont lunité.

Les mathématiciens prétendent au contraire que le nombre le plus parfait est celuide six , parce que suivant eux , tous ces diviseurs réunis ensemble , font aussi le