, 7 0 L'ARCHITECTURE DE Y I T R U V E.
les interprètes. Pline emploie le même mot , en parlant des ouvrages en marqueterie que l’on faisoitavec la corne de buffle teinte de différentes couleurs (i). Barbaro prétend avoir vu un manuscritoù , au lieu de ce mot , se trouvoil clathratœ , et il traduit ainsi ce passage : on ne met pasde jalousies à ces sortes de portes. Mais il avoue que celte traduction ne lui plaît pas , et üpréfère conserver le mot cerostrota , qu’il interprète aussi par un ouvrage en marqueterie , exécutéavec des cornes teintes de diverses couleurs. Baldo prétend qu’il faut lire clostrata ou claustrataqui, suivant son idée, signifierait une porte à un seul battant , comme aussi, suivant lui, biforasignifierait une porte qui en aurait deux , et valvata une qui en auroit davantage. Les opinions desautres interprètes sont toutes dans le même genre , c’est-à-dire , qu’elles n’eclaircissent en rien cepassage ; c’est pourquoi je me dispense de les rapporter j ceux qui seront curieux de les connoîtrepeuvent avoir recours à leurs ouvrages. J’ai rendu ce mot par ouvrage en marqueterie , comme Per-rault et Barbaro , et d’après l’explication que Pline donne de ce mot. Je suis loin cependant d’assurerque cette interprétation soit exacte j je m’en suis servi en attendant qu’on en trouve une meilleure.
Les temples carrés n’avoient en général point de fenêtres et ne recevoient de jour que par laporte , cela pour leur donner un air plus auguste en les éclairant par des lampes. Lucien (2) dit,d’une manière expresse , que les temples n’étoient éclairés que par la porte. Quelques temples ronds,tels que le Panthéon à Rome , recevoient le jour d’en haut par une ouverture circulaire , laquellen’y a pas été percée par les Chrétiens, comme le prétendent quelques écrivains ignorans ; car le con-traire est prouvé par le rebord ou î’enchassure curieuse de métal qu’on y voit encore actuellement,et qui n’est point un ouvrage des temps barbares. Lorsque, sous le pape Urbain YIIJ , on pratiquaun grand cloaque pour l’écoulement des immondices jusqu’au Tibre , on trouva à quinze palmes au-dessous du pavé intérieur de la Rotonde , une grande ouverture circulaire pour l’écoulement deseaux qui pouvoient se rassembler dans le temple par l’ouverture du comble ; ce temple n’étoit pasle seul qui prenoit ainsi le jour 5 celui de Mercure , que j’ai vu dans les ruines de Baya, dont lavoûte parfaitement conservée est absolument semblable à celle du Panthéon, reçoit aussi le jour parune ouverture circulaire qui se trouve au sommet, pareille à celle du temple de Rome ; il y avoitcependant des temples ronds qui n’avoient pas cette ouverture.
(1) Plin. Liv. XI. Chap. 37. nés, dit le Parthenos , qui subsiste encore en grande partie,'ne reccvoitle
domo. p. ig 3 t opp. t. 3 , eâ. Reilz. Le temple de Minerve àÀthè- jour que par les portes. M. Chateaubriant , Itinéraire de Paris , etc.
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