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LIVRE V; C h A p. it.
Diezeugmenon (i); c’est-à-dire disjoint: le cinquième , qui est le plus aigu, s’appellepour cela HypcrbolcBon ( 2 ).
Les consonnances que la voix humaine peut exprimer , et que les Grecs appellentsymphonies , sont au nombre de six , savoir : la quarte , la quinte , l’octave , laquarte redoublée , la quinte redoublée , et la double octave. On leur a donné cesnoms , à cause du nombre des sons où la voix s’arrête en changeant ses inflexions ;comme lorsqu’elle passe de son premier ton au quatrième , on l’appelle quarte : sielle passe au cinquième on l’appelle quinte : si elle passe au huitième , on l’appelleoctave : si elle passe au huitième et demi, on l’appelle quarte sur l’octave : si ellepasse au neuvième et demi , on l’appelle quinte sur l’octave : si elle passe au quin-zième , on l'appelle double octave : car dans la musique vocale , comme dans l’ins-trumentale , on ne peut tirer aucune consonnance du premier ton au second , niau troisième, ni au sixième , ni au septième : on les peut seulement tirer comme nousl’avons dit plus haut, à la quarte , à la quinte, et consécutivement jusqu’à la doubleoctave qui est toute l’étendue que la voix peut avoir sans trop se forcer : l’unionde ces différens sons forme les accords que les Grecs appellent QQôyyoï. (3)
REMARQUES.
L’épithète d’harmonique , que Yiiruve ajouie au mot musique , la première fois qu’il l’emploieau commencement de ce chapitre , indique qu’il traitera seulement de la musique harmoniquequi est différente de la rhytbmique , de la métrique , de l’organique, de la poétique et de l’hipo-critique , qui contiennent les préceptes de la danse , de la récitation , du jeu des instrumens ,des vers et des gestes des pantomimes , de même que l’harmonique contient les préceptes duchant; les six objets que nous venons de citer étoient le sujet de six espèces de musique , selonla division de Porphyre sur l’harmonie de Ptolomée. Revenons présentement à l’harmonie.
Toute celte science consiste principalement dans la comparaison des sons du grave à l’aigu : desorte que , comme le nombre des sons est infini , l’on peut dire , dans le même sens , que celtescience est infinie dans son objet. On ne connoît point de bornes précises à l’étendue des sonsdu grave à l’aigu , et quelque petit que puisse être l’intervalle qui est entre deux sons , on leconcevra toujours divisible par un troisième son ; mais la nature et l’art ont limité celte infinitédans la pratique de la musique. On trouve bientôt , dans les instrumens , les bornes des sons pra-ticables , tant au grave qu’à l’aigu.
Alton gez ou raccourcissez jusqu’à un certain point une corde sonore , elle n’aura plus de son.L’on ne peut pas non plus augmenter ou diminuer à volonté la capacité d’une flûte ou d’un
00 Ce tétracorde se nommoit en grec diezeugmenon, ( 2 ) C’est-à-dire extrême,e’est-à dire séparé , parce qu’il n’étoit pas lié au tétra- ( 3 ) L a ta bl e d’Aristoxène se trouve à la fin des re-corde synemmenon, comme celui ci l’étoit au tétracorde marques de ce chapitre,meson , et ce dernier à l’Hypaton.
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