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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LARCHITECTURE DE VITRUVE.

tuyau dorgue , ni sa longueur; il y a des bornes, passé lesquelles, ni lun ni lautre ne résonneplus. L'inspiration a aussi sa mesure et ses loix : trop foible elle ne rend point de son , tropforte elle ne produit quun cri perçant quil est impossible dapprécier. Enfin il est constaté parmille expériences que tous les sons possibles sont renfermés dans une certaine latitude , passélaquelle , ou trop graves ou trop aigus , ils ne sont plus apperçus , ou deviennent inappréciablesà loreille.

Dun autre côté , lon voit par la génération harmonique des sons , quil ny en a , dans leurinfinité possible , quun très-petit nombre qui puissent être admis dans le système harmonieux , cartous ceux qui ne forment pas des consonnanoes avec les sons fondamentaux , ou qui ne naissentpas , médiatement ou immédiatement des différences de ces consonnances , doivent être proscritsdu système.

On appelle donc système , la somme de tous les sons qui peuvent être employés dans la musi-que ; on appeloit encore système , une méthode de calcul qui déterminoit leurs rapports , cestdans ce dernier sens , que les anciens distinguoient le système pythagoricien et le système aris-toxénien ; il ne sera ici question que du second , qui est le seul dont parle Yitruve. Les pytha-goriciens fixoient tous les intervalles , tant consonnans que dissonans , par le calcul des rapports.Les aristoxéniens , au contraire , disoient sen tenir au jugement de loreille. Leur dispute ( commelobserve Jean-Jacques Rousseau ) nétoit dans le fond quune dispute de mots , puisquils rendoienttous deux les mêmes idées , mais avec des termes différens.

Les anciens avoient formé des tables ou modèles , qui présentoient à loeil létendue générale detous les sons dun système; ils nommoient ces tables, diagrame 3 cest ce que nous appelonsaujourdhui échelle , gamme , clavier.

Celle qui représentoit le système dArisloxène , que Yitruve avoit placé dans son ouvrage , estperdue , elle ne se trouve pas non plus dans les trois livres des élémens de la musique harmoniquedAristoxène , qui est le seul ouvrage de ce célèbre philosophe , disciple dAristote , qui soit par-venu jusquà nous ; quoique , daprès ce que dit Suidas , il avoit écrit quatre cents cinquante-trois volumes.

Tous les interprètes ont cherché de suppléer à celte table , par une autre quils ont composéesur son système. Je donne ici celle de M. Galiani.

Pour bien comprendre cette table , ou diagramme , il faut savoir , avant tout , que par son ,sonitus 3 (pôcyyoi , on* entend la position dun son, ou, pour parler comme lès modernes , laposition dune note. Les anciens Grecs avoient donné aux différens sons , ou plutôt aux cordesde leurs lyres , comme on le verra toutà-lheure , les noms suivans ; jy joins leur significationfrançoise : proslcimbanomenos 3 ajoutée Hypaté 3 supérieure ; Parhypaté 3 près de la supérieure ;

' Lichanos 3 éloignée ou indexte ; JMese 3 moyenne; P arcanes e 3 près de la moyenne; Trite,troisième ; Paranete 3 près de la dernière ; Nete 3 la dernière.

La musique moderne a abandonné tous ces noms ; elle y a suppléé dabord par les premièreslettres de lalphabet, et ensuite par les notes dont nous nous servons aujourdhui. Ainsi on appellele premier A mi la 3 ou simplement la j le second B fa si 3 ou si ; le troisième C sol ut 3 ou

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