LIVRE V, C h a p. iy.
211
•K
ut j le quatrième D la re , ou re y le cinquième E si mi, ou mi; le sixième F ut fa, ou fa yle septième G re sol , ou sol. Ensuite on commence d’autres octaves, en haut ou en bas, avecles mêmes notes.
La position des sons ou des notes, variant continuellement du grave à l’aigu, et de l’aigu. augrave , dans la musique ancienne comme dans la moderne , on entend par intervalle , la différence
d’un son à un autre , entre le grave et l’aigu ; c’est - à - dire tout l’espace que l’mi des deux
auroit à parcourir pour arriver à l’unisson de l’autre.
Souvent la distance d’un son à un autre n’est pas d’un ton entier , mais d’un demi-ton ou d’unquart de ton ; pour indiquer cela , on se sert de ce signe X , qui signifie un dièse proprementdit , qui équivaut à un intervalle d’un quart de ton : ensuite de cet autre signe ^ qui indiquele demi-ton que nous appelons très-improprement le dièse. Les lettres a , b , c , d , etc., placéesà côté de chaque nom ancien , font connoitre les notes modernes qui correspondent aux ancienstermes grecs ; et la colonne des lettres majuscules , avec celle des noms des notes modernes , quisont mises à côté de la table , font connoitre les notes que ces lettres indiquent. Celte tableforme le recueil complet de tous les sons que les anciens employoient dans les trois dilférens genres.
Les anciens divisoient l’échelle , qui contenoit tous les sons dont ils se servoient , en plusieurstétracordes , composés chacun de quatre sons ou cordes , qui formoient l’accord de leur lyre ouC3 , thare. Chacune des cordes ne rendoit qu’un son , ainsi le terme de corde ou de son , en par-lant de la musique des anciens , signifie la même chose , parce qu’ils ne touchoient pas les cordes
pour leur donner des sons dilférens comme nous faisons. Chaque son avoit sa corde , comme il
l’a encore aujourd’hui dans la harpe , le forlé-piano , etc.
Voici les noms de ces tétracordes : le plus grave de tous, et qui se trouvoit placé un ton au-dessus de la corde proslambanomenos, s’appeloit le tétracorde-hypaton , ou des principales ; lesecond en montant , lequel étoit toujours conjoint au premier , s’appeloit le tétracorde-meson oudes moyennes ; le troisième , quand il étoit conjoint au second et séparé du quatrième , s’appeloitle tétracorde-synemmenon ou des conjointes ; mais quand il étoit séparé du second , et conjointau quatrième , alors ce troisième lélracorde prenoit le nom de diezeugmenon ou des divisées ;enfin le quatrième s’appeloit le tétracorde-hyperbolœon ou des excellentes. L’Arétin ajouta à cesystème , un cinquième télracorde que Meibomius prétend qu’il ne fit que rétablir. Quoiqu’il ensoit, les systèmes particuliers des tétracordes firent enfin place à celui de l’octave qui les fournittous. Celui-ci est composé de huit sons comme l’autre l’étoit seulement de quatre.
Les anciens distinguoient en outre trois dilférens genres , qui sont le diatonique , le chromatiqueet l’enharmonique, nommé simplement harmonique par Vitruve. Par genre, les anciens entendoieutla division et la disposition du tétracorde , considéré dans les intervalles des quatre sons quile composent.
La bonne constitution de l’accord du tétracorde , c’est-à-dire, l’établissement d’un genre régulier,dépendoit des trois règles suivantes tirées d’Aristoxène , et rapportées par Vitruve dans ce chapitre.
La première étoit , que les deux cordes extrêmes du tétracorde dévoient toujours rester immo-biles , afin que leur intervalle fût toujours celui d’une quarte juste ou du diatessaron. Quant auxdeux cordes moyennes , elles varioient à la vérité j mais l’intervalle de la lichanos à la mèse ne
2 7 .