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L’ARCHITECTURE DE V I T R U V E.
Le père Kirker , dans son traité intitulé : De arte magna consoni et dissoni , se vante d’avoircorrigé une faute dans le texte , où Vitruve dit, que le quatrième vase accordé à la quarte, son-nera la neté synemmenon. Reperd hoc loco , dit-il , insignem errorem , qui cum musicis prœceptisconsistere non potest , estque diatessaron ad netem synemmenon. S’il avoit bien compris le texte,il n’y auroit pas trouvé de faute , ni ajouté , mal - à - propos , qu’il falloil supprimer le mot dia-tessaron , sans cependant se donner la peine de le remplacer par un autre , ou de donner quelqueraison pour sa prétendue correction.
Perrault soupçonne ici la même erreur , et d’après Meibomius , il substitue le mot diapente , àcelui de diatessaron , et traduit, comme si l’auteur avoit voulu dire , que la nelé-synemmenon s’ac-cordoit à la quinte avec la neté-liyperbolæon. Ils prétendent tous deux que la même erreur s’estencore glissée , deux autres fois , dans les cas absolument semblables , où Yiiruve parle des rangsdes vases destinés aux sons chromatiques et diatoniques qu’on plaçoit dans les grands théâtres; ilsveulent qu’on les corrige de même, en lisant diapente, au lieu de diatessaron : celte même expres-sion, constamment répétée dans les mêmes circonstances , auroit cependant dû'les persuader ducontraire. Ce n’est pas qu’ils eussent tort de dire que la nelé-hyperbolæon s’accorde à la quinte avecla nelé-hyperbolæon ; mais l’auteur ne parle pas de cela , et a voulu dire toute autre chose : en exa-minant bien le sens du texte, on trouvera qu’il n’a rien que de très-naturel , comme je vais ledémontrer.
11 faut considérer les cinq létracordes , dont se servoient les anciens , comme divisés en deuxparties ; l’une contenoit les trois premiers, c’est-à-dire l’hypate, le meson et le synemmenon ; l’autrele diezeugmenon , et l’hyperbolæon. D’après cela , l’auteur nomme d’abord les trois sons de nelé-hyperbolæon, nelé-diezeugmenon et paramèse , en ajoutant qu’ils s’accordoient entre eux à la quarte,comme ils le font en effet. Il nomme ensuite les sons des deux autres tétracordes, comme détachés,et n’ayant aucuns rapports avec ceux-ci ; tellement que , quand il dit que la neté - synemmenons’accorde à la quarte , il n’entend pas que c’est avec les sons dont il a déjà parlé ; mais avec celuiqu’il va nommer ensuite, c’est-à-dire avec la mese , qui s’accorde aussi à la quarte avec l’hypate.Yoilà, comme l’auteur a eu raison de le dire : diatessaron ad neten synemmenon. Et si ces cri-tiques avoient un peu réfléchi , ils ne se seroient pas avisés de toucher ici au texte, en substituantle mot diapente à celui de diatessaron. Nous reviendrons sur cet objet en parlant de la distributiondes vases pour les deux autres genres.
Yoici comme les tons du genre enharmonique étoient distribués dans les petits théâtres , quia’avoient qu’un seul rang de vases.
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