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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LARCHITECTURE DE Y I T R U Y E.

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Celle eau , à ce que dit Yitruve , étoit contenue dans trois vases ; un pour leau chaude , n npour leau tiède , et lautre pour leau froide. Galiani trouve que ces trois vases ne dévoient passuffire pour contenir leau dun bain public , ce qui lui fait croire que par , lauteur entend troisdifférentes especes de vases, dont il y auroit eu un certain nombre pour chaque sorte deau. 11 neconnoissoit pas , sans doute , la capacité des vases que les anciens employoient à cet usage ; jenai vu plusieurs dans différens endroits de Rome , entre autres dans la cour du monastère des Béné-dictins près de la basilique de S. 1 Paul, hors des murs et dans les jardins de la Yiila Borghese jon avoil ajouté à ceux-ci des pieds et des piédestaux , pour en faire, de très-beaux vases qui déco-roient , avec dautres ornemens , le tour dune des belles fontaines de ce jardin. Ces vases ont aumoins six pieds de diamètre ; ils conienoient autant deau tiède et deau chaude quil en faut pourun très-grand bain ; ils ont assez la forme de ceux qui sont représentés dans la peinture trouvéedans les thermes de Titus , qui est gravée à la fin de ce livre.

Il nest pas aisé de retrouver comment ces vases étoient disposés , pour que , comme le veutYitruve, de celui qui contient leau tiède, il aille, dans celui qui contient leau chaude, autantdeau quon en aura tiré de chaude, et quil entre la même quantité du vase qui contient la froide,dans celui qui contient la tiède.

Cesarianus et Caporali ont représenté ces trois vases placés les uns sur les autres. Celui qui con-tient leau froide en haut ; celui qui contient la tiède au milieu , et celui qui contient la chaudesur le fourneau.

Quand même tout iroit bien de cette façon , il sy Irouveroit toujours un grand inconvénient,comme lobservé très-bien Perrault ; cest quil est impossible que la chaleur, qui monte très-vîte,ne se communique bientôt , en passant du vase inférieur qui est immédiatement sur le feu , danscelui du milieu et dans celui den haut , et que leau ny devienne même plus chaude que danscelui den bas. Pour éviter cet inconvénient , Perrault a imaginé de placer ces trois vases lun der-rière lautre sur un même niveau ; et pour faire communiquer leau de lun à lautre , comme leveut Vitruve , il place deux siphons dont lun conduit leau froide dans la tiède, et lautre leautiède dans la chaude. Galiani, peu satisfait de ces deux moyens , en imagine un troisième beaucoupplus simple , il nemploie le secours daucun instrument.

Il place le dessus des trois vases de niveau , comme on le voit dans la 3. Bl£ fîg. de la XY.*planche. Celui qui contient leau chaude est immédiatement posé sur le fourneau; celui qui contientleau tiede est un peu plus loin , et participe un peu de la chaleur , au moyen dun réverbère ;finalement celui qui contient leau froide est le plus en arrière , posé sur une masse de maçon-nerie , il ne peut ressentir aucune impression de la chaleur. Des tubes placés au fond desvases , font communiquer leau de lun à lautre ; tandis que dautres tuyaux conduisent leau dechaque vase dans la baignoire , d , par le moyen des robinets , on en pouvoil tirer à volonté.Finalement il place un autre conduit au niveau de lembouchure du vase est leau froide , lequely amène leau pour le remplir à mesure quil se vuide. Galiani observe que toutes les figures quonavoit imaginées , avant la sienne , exigeoient toutes le secours de quelquun , pour faire passer leaufjoide dans la tiède, et la tiède dans leau chaude ; tandis quon voit clairement, par les expressions