246
L’ARCHITECTURE DE VITRUVE.
CHAPITRE XL
De quelle maniéré il faut construire les Palestres et les Xystes.
*(^)uoique les palestres ne soient pas en usage clans l’Italie , il me semble cepen-dant cpi’il convient de décrire ici la forme de ces édifices, et de faire connoître com-ment les Grecs les construisent.
Il faut faire clans les palestres des péristyles carrés ou oblongs , qui aient deuxstades de tour ; c’est ce que les Grecs appellent diavlon (i). Trois de ces portiquesdoivent être simples , et le quatrième , qui regarde le midi, doit être double , afinque le vent ne puisse pousser la pluie jusqu’au fond. Le long des trois portiquessimples , on bâtit de grandes salles , (2) où sont des sièges , sur lesquels peuvents’asseoir les philosophes , les rhéteurs et les autres gens de lettres pour y discuterdes sciences.
Le long du double portique , doivent se trouver les pièces suivantes : on placeau centre , lephebeum ; c’est une très-grande salle avec des sièges , qui doit êtreun tiers plus longue qu elle n’est large ; à sa droite est le coriceum , (3) et immé-diatement après le conisterium (4) ; ensuite près de cette place , clans l’angle du por-tique , est le bain cl’eau froide que les Grecs nomment latron (5) ; à gauche de l'e-phebeum est letœoiesium (6). Ensuite près de ce dernier est la chambre froide, d’oùl’on va par un passage au prognigeum (7) qui est dans l’autre angle du portique àcôté ; mais en dedans , vis-à-vis de la chambre froide , est l’étuve voûtée pour fairesuer ; elle doit être deux fois plus longue que large : en dedans de cette étuve , setrouve d’un côté le laconicum , construit comme nous l’avons expliqué plus haut,et de l’autre côté le bain d’eau chaude. Il faut distribuer les portiques en dedans dela palestre, d’après les règles que nous avons déjà enseignées.
* Planche XVIII. me (4) Le magasin fie la poussière.
(1) C’est-à-dire long comme une flûte. (5) C’est-à-dire le lavoir.
( 2 ) Exedræ, ( 6 ) C’est-à-dire le lieu où l’on conserve l’huile.
(3) C’est-à-dire le jeu de paume. Yoyez l’explication ( 7 ) C'est-à-dire le fourneau,
à la fin de ce chapitre,