LIVRE V ; C h a p.
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H 7
On fait , en dehors, trois portiques ; l’un pour sortir de la palestre , et les deuxautres à droite et à gauche sont pour les stades : celui de ces portiques qui regardele septentrion , doit être double , et fort large : 1 autre sera simple , mais construitde façon qu’il se trouvera , tant le long du mur que le long des colonnes , deschemins élevés qui auront au moins dix pieds de large ; entre les deux , se trou-vera un chemin bas qui sera enfoncé d’un pied et demi , dans lequel on descendrapar deux petits escaliers : ce chemin enfoncé aura , dans le fond , au moins douzèpieds de large. Par ce moyen, ceux qui se promèneront habillés , tout autour, surles chemins élevés , ne seront pas dérangés par ceux qui s’exerceront dans le bas.Les Grecs appellent ce portique Ws (i) , il couvre un stade où les athlètes peu-vent s’exercer pendant l'hiver.
Voici ensuite comme on fait les xistes : on plante , entre les deux portiques ,des bosquets , ou des platanes , en laissant entre les arbres , d’espace en espace ,des allées, avec des places pour se reposer, faites en srnalte ( 2 ). A côté du xiste,et du portique double , on laisse une allée découverte , que les Grecs appellent peri-dromidas (3) qui sont nos xistes découverts , dans lesquels les athlètes en sortant duxiste couvert, viennent s'exercer pendant l’hiver quand il fait beau. Derrière ce xiste,on doit construire im stade qui soit assez ample pour que beaucoup de monde puisses’y placer et voir à l’aise les exercices de la lutte.
Telles sont les règles qu’on doit suivre pour construire f comme il faut, les diffé-rons édifices qui se trouvent dans l’enceinte des villes.
REMARQUE S.
On sait quelle importance les Grecs allacboieni à la célébration des jeux Olympiques; on les croyoitinstitués par Hercule ; ils furent rétablis par iphitus , et ils avoienl lieu de 4 en 4 ans , ou pour parlerexactement, de 5o mois en 5o mois , ce qui faisoit une olympiade , et c’étoit par les olympiadesquon compioil chez eux le temps. S’ilexisloit une guerre entre quelques peuples de la Grèce, lors de lacélébration de ces jeux , on suspendoit, pendant ce temps-là , toutes hostilités pour les reprendre après.
Rien n’étoit plus glorieux que d’y être proclamé vainqueur. Cicéron , dans son plaidoyer pour
(i) Ce mot grec signifie un lieu uni aplani. L’auteur ( 2 ) Voyez l’explication de ce mot à la fin de ce cha-
entend ici le xiste proprement dit qui étoit couvert , tan- pitre.
dis que celui dont il parle ensuite étoit découvert et (3) C’est-à-dire , fait pour courir tout autour,
différent de celui-ci. Voyez les remarques à la fin du cha-pitre , ainsi que la planche XVlIL me et son explication.