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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LARCHITECTURE DE VITRUVE.

Dans les plans et les descriptions que Labacco et. Lucatelli nous ont laissés du port construit àOslie , près de lembouchure du Tibre , par lempereur Claude , et achevé , suivant quelques-uns ,par Trajan , on voit quil étoit entouré de portiques , de magasins ou arsenaux, comme ceux dontparle ici Vitruve.

Cest aux recherches de ces deux savans que nous devons les connoissances que nous avons surce port des anciens , dont il reste si peu de vestiges , quil a fallu toute leur intelligence et leur»lumières pour pouvoir en former les plans et la description quils nous en ont donnés (1). Ce portsi célèbre autrefois, quon appeloil Ostie , pour marquer quil étoit la porte du Tibre , ou de Rome ,nest presque plus daucune utilité aujourdhui $ nayant pas assez de profondeur , on na jamais puen tirer aucun parti pour nos gros navires qui prennent beaucoup trop deau , et en aucuns tempson nauroit pu sen servir pour des navires semblables : il en est de même des ports dAnxur #aujourdhui Terracine , de Miscène , et autres ports célèbres de lantiquité.

Les vaisseaux des anciens , comme nous lavons dit, étant infiniment plus petits que les nôtres ,et prenant très-peu deau , la nature leur offroit une infinité de ports que sa main seule avoit for-més * lesquels pourroient à peine servir présentement pour les chaloupes de nos pêcheurs. Si la

nature nen avoit pas creusé elle-même, dans les lieux on en désiroit , il, étoit facile à lart,

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comme nous lavons vu, dy suppléer 5 une simple jetée ou mole suifisoit. Vitruve enseigne dansçe chapitre quelles étoient les trois manières de faire ces jetées. Il faut faire attention quelles n«conviennent quaux ports de la mer Méditerranée , le flux et le reflux ne se font pas sentir.Par exemple, en parlant dun emplacement lon peut construire un port , lorsquil ny en apas de naturel, Vitruve dit : si toutefois il ny a pas de rivière qui l'empêche. Ceci ne convientquaux ports de la Méditerranée , parce que leS rivières ( sur-tout celles dItalie qui viennent presquetoutes des montagnes de lAppennin qui sont la plupart volcaniques , composées de cendres , depierres ponces , de terres et autres matières légères quelles charient ) auroient bientôt rempli delimon , de cendres volcaniques et de sable, un port qui seroit à son embouchure , si elle la trouvoitrétrécie et en partie fermée par des moles construits en arcs , ou placés en face comme ceux dontparle Vitruve. Il nen est pas de même de ceux de lOcéan 5 lagitation du flux et du reflux de la

mer empêche que la vase et les immondices des rivières ne comblent les ports ; et le reflux qui

Fait monter leau très-haut dans les ports , donne lieu à lart de se servir avantageusement de c©secours de la nature , en retenant leau qui est montée pendant le reflux dans les écluses et dans

les barres que lon ouvre quand la mer est descendue, et qui, par sa chute impétueuse, achève

de pousser hors du port ce que le reflux a commencé à ébranler. ,

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Les deux premiers moyens quindique Vitruve pour faire les jetées ou moles , ne peuvent êtreexécutés ainsi quen Italie , puisquon emploie pour cela la pouzzolane , qui ne se trouve même quedans certaines contrées de ce pays , comme nous lavons déjà observé dans nos remarques sur le6. me Chap. du II."e Liv. , en parlant des qualités de cette poudre. Sa principale qualité, cest que lemortier quon en fait , étant jeté dans leau , sy durcit et acquiert la solidité de la pierre. Dansles environs de Came et de Pouzzole et sur - tout de Baia, jai vu dans la mer beaucoup de subs-tructions danciens ouvrages des Romains , faits avec de la pouzzolane $ entre autres les piliers dun

({) Ant Etrusques, tome YI. rac , première Dissertation.

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