i64 L’ARCHITECTURE DE VITRUVE.
oblique , jusqu’au pôle C. Ensuite , quoique l’auteur ne le dise pas , on tire encore une autreligne du point C jusqu’au B , ce qui forme le triangle ABC, semblable à l’instrument de musi-que nommé sambuque.
Cela posé , voici son raisonnement. Les peuples qui ont le pôle peu élevé, comme ceux , parexemple , qui , dans la figure , occupent l’espace B r , ont le ton de la voix semblable à celui dutuyau de la flûte sambuque e e, qui est égale à l’élévation du pôle B 1 . Ceux qui ont le pôle plusélevé , comme seroit B 2 , ont le ton du tuyau qui est égal à l’élévation du pôle B 2 . Ceux quiont le pôle encore plus élevé comme B 3, ont le ton du tuyau g g , qui est égal à l’élévation dupôle B 3. Il en est de même pour les autres.
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur celte hypothèse de Pythagore , par laquelle il veutprouver que tout ce qui se fait dans le monde, est l’effet d’une harmonie générale. C’est une idéedes plus ingénieuses des anciens. L’auteur pour complimenter le peuple Romain sur ce que lesdieux l’ont placé dans le plus heureux climat de l’univers , compare cette situation à celle de laplanète de Jupiter , qui parcourt , suivant lui , un orbite tempéré entre celui de Mars qui esttrès-chaud, et celui de Saturne qui est très-froid.
On voit qu’il suit, en cela , le système qui porta par la suite le nom de Ptolomée , qui place,comme on sait la terre au centre de l’univers , et fait tourner autour d’elle toutes les planètes,en les supposant s’éloigner de ce centre dans l’ordre suivant. La Lune , la plus près d’elle ensuiteMercure , Yénus, le Soleil , Mars , Jupiter, et Saturne le plus loin : ainsi Mars étant très-près duSoleil , on jugeoit qu’il devoit avoir très-chaud. 11 n’en est pas de même , suivant le système desPythagoriciens et de Géante de Samos que Copernic renouvela. Ils placent Mars beaucoup plusloin du Soleil qu’ils n’y placent la terre , tellement que , par rapport à la terre , Mars seroit dansla classe des planètes les plus froides.
CHAPITRE II