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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LARCHITECTURE DE Y I T R U V E.

toit , il a cru que ce mot signifîoit la partie de la cour qui étoit découverte. Le reste de sa figureest si conforme aux cours des anciens que jai vues à Pompeia, que je ny ai rien changé.

Barbaro a cru que le mot interpensipa signifîoit une pièce de bois dont une des extrémités étoitappuyée sur langle des murs , et lautre sur langle que formoient les poutres en se croisant ;et cela parce quil sest imaginé que les mots interpensipa et colliquice signifioient une mêmechose. Sil avoit examiné le texte avec un peu plus dattention , il auroit vu quils indiquoientdeux choses très-différentes. Le premier , comme nous venons de le dire , signifîoit les deux poutresqui traversoient la longueur de la cour DD, et lautre les conduits des noues E.B. , fig. 1, pl. XXLDun autre côté, Perrault, qui suit ici linterprétation de Phiîander, croit quinterpensipa signifîoitdes potences ou plutôt des soutiens posés diagonalement , dont lextrémité inférieure étoit enfoncéedans langle des murs , et la supérieure portoit les poutres dans lendroit elles se croisoienl. Sonexplication tirée aux cheveux , et les corrections ou plutôt les changemens quil fait encore ici autexte, suivant sa coutume , prouve combien il séloigne du vrai sens de lauteur.

Malgré lautorité de ces deux savans , Galiani croit que par interpensipa , on doit entendre , commeBaldus la entendu , les deux poutres qui étoient posées sur les deux premières , et formoient avecelles un carré long. Si lon analyse le mot interpensipa , on verra quil signifie proprement unepoutre qui pend dans le milieu entre les deux autres ; on pourroit lappeler , sil mest permis dem-ployer cette expression nouvelle , poutre interpensive. Ce que dit lauteur un peu plus loin , en par-lant des cours tétraslyles , prouve que nous avons saisi la vraie signification de ce mot. Des colonnesdoivent être placées pour soutenir les pioulres, dans lendroit elles se croisent, ce qui produit,dil-il , deux avantages : lun , que les poutres qui traversent la largeur , auront moins de fatigue ,et seront moins sujettes à plier , quand même la cour seroit un peu large : neque ipsœ trabesmagnum impetum coguntur habere. Par trabes , comme nous lavons vu tout-à-lheure , il entendproprement les poutres qui traversent la longueur de la cour ; et quoiquen dise Perrault , par im-petus il entend la longueur de la poutre , et non la charge qui seroit dessus. En effet, des poutressupportées par des colonnes , ne fatiguent pas autant dans leur longueur , non coguntur haberemagnum impetum. Ce quil dit ensuite , en parlant des cours couvertes ou voûtées prouve encoredavantage que cest le sens quil faut donner à ce mot. On peut les faire ainsi, dit - il , quand lalongueur de la portée ou la distance le permet, ubi non sunt impetus magni. Lautre avantage , cestque le poids de ces poutres , nest pas augmenté par celui de celles qui traversent : neque ab inter-pensipis onerantur. Ces colonnes étant placées par-dessous , immédiatement dans lendroit ellesge croisent , les empêchent de plier.

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Dans les GOurs corinthiennes , il faut nécessairement faire porter ces poutres tout autour par descolonnes ; parce quétant beaucoup plus étendues que les cours toscanes , il seroit impossible detrouver des poutres assez longues , pour les faire dune seule pièce ; si même on en trouvoit , onne pourroit les employer, à cause quelles éprouveroient trop de fatigue et plieroient infailliblement,Yoye? la XXIX mc planche.

Jai donné aux cours découvertes , dont parle Vitruve , une figure toute nouvelle , et qui meparoît plus conforme au texte , que celles quon leur a données jusquà présent. Lauteur dit,