LIVRE VI, Chap, iv.
271
displu viatœ autem sunt , in quibus deliquiœ arcam sustinentes stillicidia rÿiciunt ; on a remar-qué que les trois cours dont on a parlé jusqu’à présent, sont eu partie couvertes.
Pour ne pas m’écarter du texte et donner au mot displuviata toute son expression , je snpposeque cette cour est entièrement découverte , et que la pente des toits , au lieu de verser les eauxdans la cour, les verse de l’autre cote , c’est-a-dire , en dehors. Le mot stillicidium signifie ici ,comme toutes les autres fois que Vit.ruve l’emploie , la pente du toit qui est favorable à l’écoule-ment des eaux. Dans le premier chapitre du second livre, il appelle les toits des cabanes des pre-miers hommes stillicidia ; et dans le septième chapitre du quatrième livre, en parlant de la formeque doit avoir le toit d’un temple toscan , il dit : stillicidium , tecti tertiario respondere debet.Pline appelle aussi stillicidia Pépaisseur du feuillage des arbres, quand elle est capable de mettreà couvert de la pluie, parce que Peau s’écoule de l’extrémité des branches, comme de dessus lapente d’un toit. J’ai donc représenté cette cour entièrement découverte , sans aucun auvent : et aucontraire des autres, la‘pente des toits n’est pas dirigée vers la cour, mais en dehors, du cotéopposé’, comme l’indiquent ces expressions , stillicidia rejiciunt y par là rien n’empêchoit la lumièrede pénétrer dans les salles à manger , non obstant luminibus tricliniorum.
Si l’on fait bien attention au texte , et si l’on se rappelle l’interprétation qu’on vient de donnerau mot impetus , on verra clairement que les cours voûtées testudinatum , étoient entièrementcouvertes, et non entourées de portiques voûtés, et découvertes dans le milieu, comme Perraultl’a cru ; parce que , d’après les expressions de l’auteur, on ne pouvoit faire des cours couvertesqu’autant qu’elles éloient peu spacieuses , ubi non sunt impetus magni / et qu’on avoit besoind’agrandir, par ce moyen, la partie supérieure de l’habitation, qui étoit augmentée de tout l’es-pace qui se trouvoit au-dessus de la cour. Galiani observe en outre qu’il devoit naturellement yavoir une espèce de cour entièrement couverte , et qu’il auroil été étonnant que Vitruve ne l’anroitpas mise au nombre des cinq dont il parle dans ce chapitre; elle ne s’y trouveroit pas en effet *si la cour voûtée étoit telle que Perrault la représenté; et si elle étoit 4elle, ajoute Galiani, ellene mëriteroit pas de faire une espèce séparée , puisqu’elle ne diffère pas assez de la cour corin-thienne , n’y ayant entre elles d’autre différence , sinon que la couverture des portiques de l’uneétoit portée par des voûtes, et celle de l’autre par des poutres.
»