LIVRE VII, C h A r. in. 3 i9
peut pas plus vives et très-éclatantes. Les couleurs qu’on applique à fresque sur lestuc., ne se ternissent pas, et conservent toujours leur éclat. La chaux ayant perdutoute son humidité dans la fournaise , devient aride et poreuse ; ce qui fait qu elles’imprégne. Aussitôt des couleurs et autres matières qu elle touche , s’amalgament avecelles ; et de ces matières premières, qui se communiquent leurs diverses qualités , il seforme un corps solide , qui, en séchant, conserve toutes celles des principes qui le com-posent. Tellement que les couleurs qu’on applique sur un enduit bien préparé , ne seternissent jamais en vieillissant, et ne s’effacent même pas , quand on les lave, à moinsqu on ne les eût appliquées sur le stuc quand il étoit déjà trop sec : et l’enduit faitsur le mur, d’après les règles que nous venons de prescrire, sera solide , brillant etde longue durée. Au lieu que si l’on ne mettoit qu’une couche de mortier de sableet une de marbre , ce mince enduit se romproit aisément, et ne pourroit jamais, àcause de son peu d épaisseur , recevoir un poli bien brillant. De même un miroirfait d’une lame d’argent trop déliée, reluit foiblement, et rend les images d’une ma-nière incertaine : au contraire s’il est fort solide , il sera très-clair et représenterales images distinctement, parce qu’il aura pu recevoir le plus beau poli. Ainsi lesenduits qui sont minces , sont sujets à se gerser , et perdent incontinent tout leurlustre : tandis que ceux, que plusieurs couches de mortier , de sable et de marbre,ont rendus assez épais pour recevoir un beau poli , à force d’être bien repousséset battus , demeurent si luisans , qu’on peut toujours s’y voir comme dans unmiroir.
Les ouvrages des stucaleurs grecs sont extrêmement durs , parce qu’outre lesmoyens que nous venons d’indiquer , ils font encore battre avec des bâtons , etcorroyer par un nombre d hommes suffisant, le sable et la chaux mêlés ensemble,dans un grand mortier , et né l’emploient qu’après l’avoir bien préparé. Il y en aaussi plusieurs parmi eux qui scient sur de vieux murs, des morceaux d’enduit, ets’en servent au lieu de brique , pour former les reliefs des moulures autour desencadremens. t
Les enduits qu’on fait sur des cloisons de bois exigent d’autres précautions : lespièces montantes , et celles qui traversent, font nécessairement fendre l’enduit , parcequ’étant humectées, lorsqu’on les couvre de terre grasse , elles se retirent en séchant.
Voici comme il faut faire pour éviter cet inconvénient : quand la cloison seracouverte de terre grasse, on attachera sur toute son étendue , avec des clous à tête,des cannes à côté les unes des autres, sur lesquelles on mettra de la terre grasse,