L’ARCHITECTURE DE VITRUYE.
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morceaux d’enduits pour en former des panneaux sur lesquels on peignoit , après les avoir incrustésdans les nouveaux murs. L’erreur de ces deux interprètes vient de ce que l’un s’est persuadé quele mot abacus signifioit une table , sans doute à manger ou à écrire ; et l’autre , une table sur la-quelle on pouvoit peindre. Galiani réfute ces deux opinions , et tient que le vrai sens de ce passage
est, que les anciens Grecs tailloient hors des vieilles murailles des morceaux d’enduits en forme debrique, (c’est ainsi qu’il interprète ici le mot abacus) , pour les employer dans les nouveaux murs,et en former le relief ( expressiones ) des moulures des encadremens ( speculorum ).
Nous voyons encore dans ce chapitre , comment les anciens appliquoient l’enduit sur les murs d«cloisons formés par des entrelacs, dont il a parlé dans le 8. e Chap. du II. 0 Liv. ; voyez la 4.e fig.
de la IV. e planche et l’explication qui est à côté. On cloue un double rang de cannes, l’un per-
pendiculaire , l’autre horisontal sur toute l’étendue de la cloison, et l’on applique l’enduit par-dessus.C’est encore ainsi qu’on le pratique en Italie pour les cloisons. Vilruve dit qu’on doit clouer lescannes avec des clous qu’il nomme muscarii , c’est-à-dire clous à mouches. Il est assez singulierque les clous qu’on emploie encore aujourd’hui en Italie s’appellent muscarclini qui signifie lamême chose en italien. On les a probablement nommés ainsi, à cause de la ressemblance que lestêtes de ces clous ont avec le corps de la mouche.
CHAPITRE IV.
Des Enduits qui se font dans les lieux humides .
J’ai enseigné la manière de faire les enduits dans les lieux qui sont secs ; je vais indi-quer présentement les moyens qu’on doit employer pour les faire dans ceux qui sonthumides , afin qu’ils durent long-temps sans se gâter.
D’abord on doit enduire le bas des appartenons qui sont au rez-de-chaussée , àla hauteur de trois pieds , avec un mortier composé de chaux et de tuiles concassées,pour éviter que cette partie de mur ne souffre de l’humidité : mais si l’humidité yétoit continuelle , il faudroit construire en dedans , à une distance suffisante du pre-mier , un autre mur plus étroit, laissant, entre les deux murs, un canal qui soit plusbas que le pavé de l’appartement, et qui ait des ouvertures libres dans un lieu décou-vert. Le petit mur étant élevé à hauteur doit avoir aussi des soupiraux : car si 1 humi-dité ne s’écouloit point par les conduits d'en bas , et ne se pouvoit évaporer par lessoupiraux d’en haut , cette construction d’un nouveau mur ne l’empêcheroit pas denuire au bâtiment que l’on construit. Cela étant achevé , on étendra sur le petit mur*l’enduit fait de chaux et de tuiles concassées ; ensuite on le dressera avec le mortierde sable , et on polira avec le stuc. L’emplacement ne permet-il pas d’élever ce petit
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