LIVRE VII, C h à p. iv.
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mur ? il faut, dans ce cas , pratiquer des canaux qui aient leur ouverture à découvert,et poser ensuite sur le bord du canal, du côté du niur, des carreaux de deux piedscarrés ; et sur le côté opposé bâtir de petites piles avec de petites briques de huitpouces , sur lesquelles les angles des carreaux puissent poser et laisser la distanced’un palme au plus jusqu’au mur ; ensuite par-dessus et jusqu’en haut, il faut in-cruster , dans le mur, des carreaux qui ont des rebords, qu’on aura soin d’enduirede poix (l) en-dedans , afin qu’ils ne s’imprégnent pas par l’humidité. Il faut aussique les soupiraux d’en bas , et ceux d’en haut, aient leur ouverture au-dessus desvoûtes. On blanchira tout cet ouvrage avec de la chaux détrempée uniquement dansde l’eau , afin que le ciment puisse s’y attacher : car la grande sécheresse que lescarreaux ont contractée dans le fourneau , empêche le ciment d’y tenir ; mais lachaux mise entre deux les attache l’un à l’autre. Après qu’on aura fait la trullisalion,on mettra le premier enduit composé aussi de tuileaux concassés , et puis tous lesautres , suivant la méthode que nous avons prescrite pour les enduits.
Il y a plusieurs manières de polir et d’orner les enduits ; on détermine celle quiconvient aux diverses parties de l'édifice; chacune a la sienne particulière ; elles sontappropriées à la localité , et offrent plus ou moins de magnificence , selon l’usageauquel la place est destinée. Par exemple : dans les salles à manger d’hiver , il neconvient pas de faire des enduits de cette composition , ni des peintures de grandeimportance , ni d’orner , par des sculptures délicates, les corniches des voûtes ; parcequ elles seroient bientôt gâtées par la fumée du feu et des lumières qui brûlent presqueincessamment dans ces salles. Il faut se contenter de tracer , au-dessus des lambris ,des panneaux quarrés en noir, bien polis, et les diversifier en traçant, entre ceux-ci,d’autres compartimens avec du jaune ou bien du rouge.
Lorsque les voûtes seront achevées et bien polies, on pavera ces salles d hiver. Laméthode que les Grecs emploient pour cela coûte peu, et convient beaucoup. Oncreuse , depuis le niveau du pavé de la salle, la profondeur de deux pieds environ ;ensuite , on bat très-fort le terrain pour l’affermir , et l’on étend , par-dessus, unecouche de mortier fait de chaux ou de tuile concassée , qui étant un peu élevée aumilieu, va en pente des deux côtés, \ers des canaux qui ont des ouvertures. Là dessuson met du charbon, qu’on bat et entasse fortement, en le couvrant d’un autre enduit,composé de chaux, de sable et de cendre, l’épaisseur d’un demi-pied, et on le dresseavec la règle et le niveau : après avoir bien poli la superficie avec la pierre , on a
(i) Le peu de durée de la poix porte Gaîiani à croirequ’au lieu de poix , l’auteur entend parler ici du vernisqui se vitrifie dans la fournaise qu’on applique sur la terre
cuite , sur-tout sur les vases destinés à contenir des sub-stances liquides.