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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LIVRE VIII, C * A

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ant cru que ce royaume étoit uue isle formée par le Nil ; ils le divisent pour cela eu deux branches,dont ils appelent lune Astaboras et lautre Astape (1), LAslaboras et PAstape ne sont pas deuxbranches du Nil qui forment une isle, mais deux rivières différentes du Nil dont celui-ci sapprochedans son cours , comme le remarque très-bien ici Vitruve : il s'approche , dit-il, par divers con-tours ? etc., il dit : se circumagens et non pas se dividens.. Nous voyons en effet sur les caries rque le cours du Nil est très-tortueux lorsquil passe auprès des rivières Astasobas et Astaboras;mais on ne voit pas quil sy divise en deux branches pour former une jsle.

Les anciens géographes , qui ont parlé de ces deux rivières, écrivent tous de même , le nomde lAstaboras , cependant avec cette petite différence que les uns écrivent Astaboras , dautresAstaborras , dautres enfin Astabores. Quant à lAstape dont, Strabon écrit comme nous le nom,dautres écrivent Astosabas , Astapus et Astapes. Yoyez Pline , Strabon , Pomponius Mêla,Ptolémée, Solinus , etc.

Galiani avoue quil est très-surpris que les commentateurs de Pomponius Mêla , ainsi que le géo-graphe Cellarius avent ignoré ce passage , Yitruve dit que le Nil sapproche des deux rivières ,lAstape et lAstaboras ; il lest encore davantage , ajoute-t-il, quil nait pas été connu de Delisle ,qui nen dit pas un mot dans la dissertation quil prononça le i 4 Novembre 1708, à lacadémie dessciences , dont le but étoit de déterminer la situation du royaume de Méroë, Sans se donner au-tant de peine, sans former autant de conjectures et dargumens , il auroit trouvé , daprès ce que

dit ici Yitruve, la vraie situation de ce royaume; et, quoiquen dise Pomponins Mêla, il auroit

prouvé que le Nil par ses contours, en faisoit une péninsule et non pas une isle. Galiani observe

encore que Perrault, qui avoit sous les yeux ce passage si clair de Yitruve , na pas laissé de trar

duire que le Nil s J élant divisé en deux bras , nommés VAstasobam et VAstaboram etc.

Vitruve ajoute que le Nil forme les cataractes, lisle Eléphantine , passe à sienne, dans la Thébaïde,et dans le reste de lEgypte. Cest de celte dernière partie du cours du Nil que [Desnon nous adonné une description on ne peut pas plus inléresssanle, dans'le voyage dEgypte quil vient depublier.

CHAPITRE III.

«

Des qualités particulières de certaines eaux de fontaines.

Nous avons plusieurs fontaines chaudes, dont les eaux sont fort agréables à boire;celle qui sécoule de la fontaine de Camæne , (2) et celle qui sort de la fontaineMartiale, ne sont pas meilleures : voici comme la chaleur se communique auxeaux. Lorsquun feu ardent s allume sous la terre dans lalun, le bitume ou le sou-

(2) Voyez les remarques à la fin de ce chapitre.

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(1) Powp. Mêla , Liv. I. Chap, 9.