L’ARCHITECTURE DE YITRÜYE.
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fre , il échauffe tout ce qui l’environne, et fait élever une vapeur brûlante qui seporte vers la superficie de la terre. S’il se trouve au-dessus quelques fontaines d’eaudouce, cette vapeur les échauffe dans leurs conduits souterrains, d’où elles s’écou-lent cependant sans prendre de mauvais goût.
On rencontre au contraire des fontaines d’eau froide qui ont l’odeur et le goûttrès-désagréables : cela vient de ce qu’elles ont passé sous terre par quelqu’endroitbrûlant; elles coulent ensuite encore pendant très-longtemps cachées dans des ca-naux souterrains , tellement qu elles ne sortent de terre qu entièrement refroidies ;mais elles retiennent dans leur goût, leur odeur et leur couleur, tout ce quellesont contracté de mauvais : telles sont les eaux de l’Albuia sur le chemin de Tivoli ;telles sont encore les fontaines d eau froide près dArdée, (1) et celles de plusieursautres fontaines d’eaux froides , qui ont comme celle-ci une odeur sulphureuse. Leseaux, quoique froides, semblent bouillonner, comme si elles étoient chaudes, parceque passant dans les profondeurs de la terre , par quelqu’endroit brûlant , le chocqu’occasionne la rencontre de l’eau et du feu excite une certaine commotion quifait élever précipitamment quantité d’air fixe (2) qu elles retenoient et qui sortant àplusieurs reprises , cause ce bouillonnement.
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Ces eaux qui ne coulent pas à découvert, mais qui sont resserrées dans les es-paces qui se trouvent entre les rochers , où dans quelques autres conduits étroits ,étant poussées par la force de l’air qui se dilate, s’élèvent souvent jusqu’au sommetde certaines monticules : tellement que ceux qui croient trouver dans les environsdes sources d’eau vive , à une hauteur semblable , se trouvent trompés , quand ilsy creusent des larges puits; de même, dans un vase d’airain qu’on n’a pas remplid’eau jusqu’au bord , mais seulement jusqu’aux deux tiers : quand on le fermed’un couvercle, et qu’on le met sur un feu ardent, cette eau s’échauffe; l’air qu’ellecontient se dilate, elle s enfle et s’élève non seulement jusqu’à remplir le vase, maiselle soulève encore le couvercle et déborde tout autour ; qu’on ôte alors le cou-
(1) Ville du pays des Rutules. Virgile y place lademeure de Turnus. JEnéid. Liv. VU.
(2) C’est.le ,gaz qui occasionne ces globules quis'élèvent de certaines eaux , et de certaines liqueurs.L’on n’avoit aucune connoissance de gaz lorsque Vitruveëcrivoit. Il paroit. que ce sont les chimistes du moyenâge , qui ont fait cette découverte ; elle est antérieureà Paracelse , qui üorissoit dans le seizième siècle. Les
chimistes de ce temps-là, sans en distinguer les espèces,"les désignoient en général sous le nom de spiritus sil-oesîrœ , esprit sauvage. Van Helmont substitua le nomde gaz , à celui d’esprit , et conserva l’épithète silvestre.Plusieurs autres leur ont donné le nom d’air. C’est pour-quoi dans cette traduction , j’ai traduit par ce mot celuide spiritus employé par l’auteur.
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