36 9 L’ARCHITECTURE DE V I T R Ü V E.
On trouve encore plusieurs sources dont les eaux sont aigres, comme celles duLynceste, celles du Velino, en Italie ( i ), celles qui sont près de Théano, dans laCampanie, et dans plusieurs autres endroits. Toutes ces eaux, quand on les boit,ont la vertu de dissoudre les pierres qui sont dans la vessie. Il paroit que cela vientde ce que ces eaux s'imprégnent des substances âcres et acides qu’elles rencontrentsous la terre ; ce qui fait, quand on les boit, qu elles dissipent tout ce qui se trouveendurci et coagulé dans notre corps. Pour comprendre comment les acides peuventdissoudre les corps endurcis , on n’a qu’à laisser tremper quelque temps un oeufdans du vinaigre, et on verra sa coquille s’amollir et se fondre. Il en est de même duplomb, qui s’éclate si difficilement, et qui est très-pesant : mis avec du vinaigre dansun vase bouché bien exactement, il se dissout et se change en ceruse. Le cuivre , quiest encore plus dur, se dissout par la même opération , et devient du verd de gris :les perles, et même les cailloux que le fer ni le feu ne peuvent rompre, se cassentet tombent en»éclats*, quand après les avoir échauffés, on les arrose avec du vinaigre.Il est aisé de juger, d’après cela, que les acides qui agissent sur ces corps, produi-ront le même effet pour guérir ceux qui souffrent de la pierre.
Il est d’autres fontaines dont les eaux paroissent mêlées avec du vin ; on en voitune de ce genre en Paphlagonie ; ses eaux enivrent sans y mettre cette liqueur. ÀEquicole , en Italie, et au pays des Medulles ( 2 ), dans les Alpes, certaines eauxfont enfler la gorge de ceux qui en boivent. Dans les campagnes de Clitor., ville très-connue de f Arcadie, on remarque une caverne d’où s’écoule une fontaine qui faithaïr le vin à ceux qui boivent de ses eaux. On a gravé auprès, sur du marbre,une épigramme, en vers grecs, qui porte quelle n’est pas propre pour s’y baigner,et qu elle est ennemie de la vigne ; parce que c’est dans cette fontaine que Mélampus,après avoir sacrifié, purifia les filles de Pretus, pour les guérir de leur folie; illeur remit, en effet, l’esprit dans l'état où il étoit avant leur démence. Voici cetteépigramme :
" ;. , Près des antres obscurs d’où coule ce ruisseau ,
■■ Si la chaleur t’invite à mener ton troupeau,
J Berger, tu peux y boire, et dans^-leurs promenades,
Suivre parmi ces prés les errantes INayades;
(1) Avec Perrault ( et Galiani , j’ai suivi ici la correc-tion de Budeus qui lit , in Italica Velino f campana Theano,au lieu de in llalica vircna. Il paroit que Vitruve citeici ces deux eaux, en môme - temps, parce qu’au rap-port de Pline , elles avoient l’une et l’autre la propriétéde rompre la pierre dans le corps par leur acidité ; in
Œnaria insula calculosis mederi. Et guet eocatur acidula ah
Theano sidicino. .. Idem contingit in Velino lacu po-
taniihus. Liv. XXXI , Chap. 5 .
(2) Les habitans des Alpes , sur-tout dans les valléesqui sont au midi, sont très-sujets aux goitres ; ces ex-croissances y parviennent souvent à un énorme volume.
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