LIVRE
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Mais ne l’y baigne pas : ces eaux, par un “poisonQui." fait haïr le vin, corrompent la raison.
Fuis donc celte liqueur ^ si contraire à la vigne,
Que Mélampe infecta de celle humeur maligne, ;
Qui des filles de Prête avoit troublé les sens,
Lorsqu’il passa d’Argos en ces lieux déplaisans.
Il se trouve de même, dans l’île de Chio, une fontaine qui fait perdre l’esprit àceux qui vont imprudemment s’y désaltérer. On a placé une épigramme qui avertitque son eau, fort agréable à boire, rend l’esprit dur comme une pierre. Voicicette épigramme :
Si l’on boit celte eau fraîche et pure,
Elle charme vos sens d’abord ;
Mais elle rend l’ame plus dureQue le rocher dont elle sort,
A Suse, capitale du royaume de Perse, il y a une petite fontaine qui fait tomberles dents. On y lit aussi une épigramme qui annonce que cette eau est fort bonnepour s’y baigner ; mais qu elle fait tomber les dents de ceux qui en boivent ( 1 ).Voici les vers de cette épigramme :
Passants, l’eau que tu vois, est une eau qu’il faut craindre :
' ' Tu peux, il est vrai, sans danger
T’en rafraîchir les mains et même t’y plonger ;
Mais si dans son cristal ta soif alloit s’éteindre,
Tu sentirois bientôt ses effets malfaisans ,
A la bouche fatale , elle enlève les dents.
REMARQUE S.
Nous voyons que les anciens connoissoient comme nous l’usage des eaux minérales. L’auteurparle d’abord des fontaines dont l’eau sort chaude de la terre, et qui sont néanmoins très-agréablesà boire; il les compare, pour la bonté, aux eaux de deux fontaines de Rome, qu’on sera peut-êtrecurieux de connoîire.
L’une étoit la fontaine de Camoene ; elle existe encore près de cette ville, hors la porte deSt;-Sél>asiien ; elle se trouvoit autrefois dans un bois qui s’appeloit Casmoene, qui lui a donné son110m, ainsi qu’à la porte de la ville, qui s’appeloit d’abord la porte Camoene, ensuite Capène, etenfin de St.-Sébastien.
(i) On m’a assuré , que , dans la Picardie , il se de ceux qui en boivent,trouve plusieurs fontaines dont l’eau fait tomber les dents
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