Introduction.
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veut dépenser quatre cents écus à son bâtiment, peut bien y en ajouter encorecent autres pour avoir le plaisir de le voir achever : mais quand on se voit trompe',au point que la de'pense surpasse de moitié et même plus , celle qu’on avoit résolude faire , on perd courage , et l’on est obligé bien souvent d’abandonner l’ouvragequ’on avoit entrepris.
Ce n’est pas seulement dans les bâtimens que nous sommes dupes de l’impéritieou de la mauvaise foi : il en est de même pour les fêtes que les magistrats don-nent au peuple , soit dans le forum pour les combats des gladiateurs, soit au théâtredans les jeux scéniques. Ces fêtes ne souffrent aucun retard ; on fixe le temps, etil faut que tout soit prêt et en état comme les amphithéâtres pour asseoir lesspectateurs ; les toiles qu’on étend au - dessus d’eux , les décorations des théâtres ,et toutes les machines qu’on emploie dans les spectacles : tout cela exige beaucoupd’intelligence , d’activité , et un esprit rempli de connoissances ; parce que sans lesecours des mécaniques , et un talent aussi ingénieux que fécond , on n’en peutvenir à bout. Quand nous donnons ces fêtes qui sont établies depuis si longtemps,il conviendroit donc de s’assurer auparavant, si ceux qui entreprennent ces sortesd’ouvrages sont capables de les exécuter ; mais comme nous n’avons aucune loi nicoutume qui contraignent à cela , et que , tous les ans , les préleurs et les édilessont obligés de préparer des machines pour les jeux , il m’a paru , ô César , qu’ilseroit assez utile , après avoir écrit sur les édifices dans mes premiers livres , cl ex-pliquer dans le dernier, quels sont les principes des machines, et la manière de lesconstruire.
REMARQUES.
Nous avons vu, dans le Liv. V, Chap. 5, que du temps de Vitruve, il n’existoit à Romequ’un seul théâtre , construit en pierre , qui étoit celui de Pompée. Quand on devoil donner desfêtes publiques, il falloir construire des théâtres en bois, pour le temps que duroit la fête. C’éloientles préteurs et les édiles qui en éloient chargés. L’emplacement qu’ils prenoient pour cela, étoitordinairement un des forum, qu’on réduisoit entièrement en théâtre , c’est-à-dire, qu’on élevoittout autour des amphithéâtres de degrés , ou plutôt de sièges pour les spectateurs.
Comme Perrault, j’ai employé dans ma traduction le mot ampiihéâtres pour rendre ceux desedes spectaculorum. Il est vrai que du temps de Vitruve , les véritables amphithéâtres n’étoient pasencore en usage à Rome 5 mais le mot amphithéâtre est si commun en françois, et sa significationest si précise, pour signifier des sièges élevés les uns plus haut que les autres , qui servent aux4>ectacles, que je n’ai fait aucune difficulté de me servir de ce mot. En parlant du peu de tçmps