43i L’ARCHITECTURE DE VITRUVE.
qu’on avoit pour faire construire ces sièges en amphithéâtres, l’auteur ajoute qu’on devoit aussi fairttendre des toiles ou des voiles , velorum inductiones.
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On distingue deux sortes de voiles dans les théâtres des anciens ; l’un se tiroit devant la scèneavant qu’on ne commençât ; pendant le spectacle on le laissait tomber par terre, et quand il étoitüui on l’élevoil pour le tendre de nouveau devant la scène; cette sorte de voile s’appeloit siparium.L’autre servoit comme un toit à couvrir tout le théâtre , pour empêcher les spectateurs d’être in-commodés par les rayons du soleil, ou par la pluie. Il paroît que Yitruve entend ici ce derniervoile.
Le premier n’étoit qu’un voile ordinaire qui faisoit nécessairement partie du théâtre ; ainsi, ilétoit inutile d’en parler , au lieu que l’autre étoit un objet bien plus considérable; on étoit obligéde le soutenir par des cordes tendues, d’autant qu’il couvroit souvent un très-grand espace. On nepeut donc douter que ce ne soit de ce voile extraordinaire dont Vitruve veut parler.
CHAPITRE PREMIER.
Des différentes espèces de Machines et de leurs Organes.
On entend par machine , un assemblage de bois bien jointqui sert sur - toutpour remuer de très-lourds fardeaux. L’effet de la machine dépend de l’art, et ilest fondé sur le mouvement circulaire des roues que les Grecs appellent kyklikenkinesin (i). Le premier genre de machine sert pour monter ; les Grecs l’appellentAcrobaticon ( 2 ). Le second genre, qu’ils nomment Pneumaticon (3), s’emploie pourle vent. Le troisième est pour tirer ; ils l’appellent Banauson ( 4 )- Les machines pourmonter sont celles qui sont composées de deux pièces de bois d’une certaine hau-teur , et jointes par plusieurs pièces traversantes , au moyen desquelles on peutmonter sans danger pour voir et reconnoître tout ce qui se passe. Les machinespneumatiques sont celles qui , par l’impulsion compressive de l'air, imitent le sondes instruments et même celui de la voix humaine. Enfin les machines pour tirer,sont celles qui transportent ou qui élèvent de grands fardeaux.
Pour monter à des lieux élevés, on a moins besoin d’art que de hardiesse. Toutl’art consiste à assembler des montans et des échelons , de sorte qu’on en compose
( 1 ) C’est-à-dire mouvement circulaire. (3) Qui agit par le vent,
(2) Qui monte en haut . (4) Qui dre,
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