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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

Selon le Koran , « il ny a quune seule et même religion révéléeaux hommes par les prophètes de Dieu , successivement et suivant leprogrès de leur capacité morale. Après Adam , le premier qui re-çut la loi divine, Noé , apprit de Dieu une religion plus complète.Abraham vint après Noé, Moïse après Abraham , Jésus après Moïse ;et enfin Mahomet , le plus grand de tous, après Jésus , et le dernier. »

Ainsi, ce quavaient annoncé Moïse et Jésus devait être aban-donné pour ce que prêchait le grand prophète. « Jésus , dit-d, estvraiment lapôtre de Dieu ; cest sa parole incarnée dans le sein deMarie; cest un de ceux qui approchent le plus de la face de Dieu ;et au jour du jugement, il viendra témoigner à la fois contre lesjuifs qui lont méconnu comme apôtre, et contre les chrétiens quien ont fait le fils de Dieu . »

Quant à Dieu lui-même, par opposition au Dieu en trois per-sonnes des chrétiens, « il est unique, dailleurs spirituel, infini,tout-puissant; il sait et prédestine tout; on doit ladorer sans enfaire de représentations finies, révérer,Mahomet comme son der-nier et plus grand prophète, sans élever un seul doute sur cequil a annoncé de sa part aux hommes. » Avec ceux-ci, Dieu com-munique par les anges et les prophètes ; il charge aussi les apô-tres de les éclairer et de les moraliser. Ces apôtres, jusquà Ma­ homet , avaient été au nombre de trois cent soixante-treize.

La Genèse et les autres livres de l'Ancien-Testament , ceux mêmedu Nouveau, ont servi à Mohammed pour toute la suite de sadoctrine. Ainsi le monde a été créé par la seule force de cette pa-role : « Sois fait, et il fut fait. »

Lâme est immortelle; selon que lon a bien ou mal agi, on serarécompensé ou puni à la résurrection des corps et des esprits (etcependant Dieu prédestine tout). La récompense sera le paradis duprophète, sont réunies toutes les jouissances du corps, de lespritet de lâme; les houris, ces créatures féériques du sensualismeoriental, prodiguent leurs soins aux élus. La punition est calculée sui-vant la perversité. Pour les infidèles seuls les peines seront éter-nelles. 11 y a cinq enfers : dans le plus bas, sont tourmentés leshypocrites; dans le second, gémissent les idolâtres de tout nom etde toute tribu ; dans le troisième, l^s Mages et les Sabéens, commeplus rapprochés de la vraie lumière, rencontrent un supplice moinsterrible; les juifs et les chrétiens qui suivent la doctrine prépara-trice du Koran , sont dans le quatrième. Enfin, dans le dernier, lescroyants, qui ont été élus pour leur foi, et rejetés pour leurs œuvres,sont, suivant la gravité des fautes, tourmentés pendant un espacede neuf cents à sept mille ans, au bout duquel ils seront admis,comme les élus, à la béatitude des corps par la jouissance de tousles plaisirs, et des âmes par la contemplation divine.

T els sont les principes fondamentaux de VIman , ou partie dog-matique de lIslam . Le Div, qui contient les devoirs du croyant,ordonne à peu près les préceptes généraux de la morale; plus,des observances toutes climatiques, cest-à-dire, comme le ditSavary, fondées sur ce qui convient aux peuples des pays chauds.

Il faut être juste, charitable à légard du croyant; mais on nepeut seulement prier pour linfidèle. Mahomet lui-même étaitobligé de se contenter de répandre des larmes sur la tombe desa mère, morte dans lidolâtrie. Il lui était interdit de riendemander pour elle à son divin maître. Quil y a loin dun telprécepte à linépuisable charité évangélique ! La bienfaisance estrecommandée. Laumône légale est dun quarantième des biensmobiliers; celle qui est seulement recommandée au fidèle enversles fils de lIslam , ou les desservants des Mosquées , sélève à undixième du revenu,, quel quil soit. Les coupables feront bien dedonner un cinquième de ce revenu.

Sans rien prescrire de formel sur la circoncision, de tout tempsen usage chez les orientaux, Mahomet la laissa subsister; maisil ordonna labstinence complète du vin et des boissons fermen-

tées, celle de la chair de tout animal étouffé, et dun certain nom-bre danimaux à peu près comme dans leLévitique.

Lejeune annuel du mois de Ramadan , est de toute ifigueur. Du-rant ce mois entier, depuis le lever jusquau coucher du soleil, ilest défendu de mettre dans son corps aucune espèce de nourri-ture ou de boisson ; de se délasser par les bains, le spectacle, lesplaisirs, de respirer des parfums. Les fêtes du Bairam, la Pâque delIslam , succèdent à ce jeûne.

' Le Seigneur avait dabord 'ordonné que chaque fidèle priâtquarante fois par jour; mais à force dintei'cessions, Mahomet obtint que le nombre obligé des prières fût réduit à cinq pour lesjours ordinaires, à six pour le vendredi, spécialement consacré auservice divin. Les ablutions si nécessaires et prescrites comme lesymbole de la pureté, sont en pareil nombre. Les unes et les autresdoivent se faire le visage tourné vers le point de lhorizon (kebla ), se trouve la Mecque . Le nomade, le voyageur traversant ledésert, quand il na point deau, peut se servir du sable pour lesablutions.

On doit faire, une fois au moins dans sa vie, le pèlerinage tra-ditionnel des Arabes à la Mecque ; plus on le fait de fois, plus onest méritant. Un état de mauvaise santé, donne seul une dispenseà cet égard.

Il faut aussi propager par la persuasion autant que par la force,la doctrine du Koran , et obéir au chef de la religion, au suc-cesseur de Mahomet en toutes choses. Tout cela est placé sousle sceau de la révélation divine absolue. Le Koran , comme le livredu destin grec, est inscrit de toute éternité, et en lettres de feu, surla table des arrêts éternels. Il est comme Dieu lui-même incréé.Larchange Gabriel en a apporté une copie dans le cîel inférieur etla redit, chapitre par chapitre, au Prophète.

Enfin, celui-ci est proposé comme le modèle de toutes les perfec-tions , et cest peut-être, on ne la pas senti assez, que gît la plusgrande force de lIslam . Tous les chefs qui, dans la suite des révo-lutions historiques, se sont mis à la tète des dynasties musul-mannes, ont commencé à peu près comme Mahomet par lareligion et lépée : voilà les bases de leur puissance. Il ny a dem-pire sur les Arabes et les autres Musulmans , quà la première con-dition. Réformer et combattre, annoncer et soutenir par le glaive ;voilà ce que font tous les ambitieux fondateurs, dans lhistoire isla-mite. Il nest pas desclave, pas de marchand, pas de guerrier qui,après sêtre élevé au rang de saint ou de marabout, ne puisse secroire suscité pour rétablir lempire du prophète. Sa mission déclaréeavec sang-froid est presque toujours écoutée. De nos jours même,en Afrique , et contre nous Français , celui qui a réuni, sous unebannière, les tribus arabes, cest un fils de saint, un saint, une sortede Prophète, dabord obscur, puis comme son modèle, développantpeu à peu ses vues ambitieuses.

B.Le Sunnah .

La vie de ce modèle par excellence, et ses paroles propres, sontcontenues dans un livre appelé le Sumali; ce livre est la loi orale.Les traditions quil renferme, au nombre de sept mille deux centsoixante et quinze, furent conservées de bouche en bouche ; maisplus de trois cent mille autres fausses ou dénaturées , sétant mêléesparmi elles, al Bochari, deux siècles après la mort du Prophète, lesécrivit et les publia ; elles sont surtout révérées des Islamites ortho-doxes qui en ont pris le nom de Sunnites . Les alites ou partisansdAli, le cousin de Mahomet , qui narriva au trône quaprès troisautres kalifes, les rejettent, ils tiennent Ali pour le premier kalifelégitime, pour une sorte de divinité, et ne regardent comme lessuccesseurs légitimes de Mahomet , que les descendants de cetillustre cousin. En conséquence, ils rejettent le Sunnah composé