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’interprétationsdonnées en grande partie par les kalifes successeursdirects de Mahomet , ou autres non descendants d’Ali. Ils regardentOmar comme une personnification du diable, maudissent Abu-Beker et Othmann. On dit que parmi eux, les Perses ne font pasdifûculté de boire du vin, profanent la couleur verte, celle de Ma homet , en l’employant à leur chaussure, et rejettent aussi plusieurspassages du Koran . Les orthodoxes appellent les sectatenrs d’Ali,schiites ou infidèles. Un article du Sunnah porte qu’il est plusagréable à Dieu de purger la terre d’un schiite, que d’envoyerau quatrième enfer trente-six adorateurs de Jésus-Christ . Les ortho-doxes se divisent d’ailleurs aujourd’hui en quatre rites, nommésdu nom deleurs fondateurs Hanbal, Schafeï, Malek et Abou-Anifa-,Hanbalites, Schafeïtes, Malékites etHanilîtes. Les points de sépara-tion n’ont point d’importance. Les populations de l’empire otto man , de l’Egypte , d’une assez grande partie de l’Afrique , de l’Arabie entière, des îles de la mer des Indes, non Boudhistes, et les tribusturques, dans la Russie d’Asie et la Perse, se taxent d’orthodoxie.
Mahomet restreignit à quatre femmes l’usage de la polygamieorientale; maison se fonda, pour l’usage des sérails, sur son propreexemple, puisqu’il eut jusqu’à quinze épouses. 11 est vrai qu’ils’était fait permettre ce nombre par l’archange Gabriel . Il faut direaussi que chez la plupart des peuples mahométans, le mariage n’estpoint placé sous la garantie spéciale de la loi.
Cela se conçoit sans peine, puisque chez ces peuples, l’autoritéreligieuse est réunie à l’autorité civile. Mais, quoi qu’il en soit, parla simple permission de la polygamie, le Koran qui condamne déjà àl’éternelle damnation tout ce qui n’est pas croyant, consacre aussi,sur cette terre au moins, l’esclavage et le déshonneur de la femme.
D’ailleurs, le Koran se divise en cent quatorze chapitres, tousdonnés, sauf le chapitre neuf, au nom de Dieu clément et miséri-cordieux ( Bismillahirrak mmïrrahim). Le collecteur a rangé sansordre ces différents chapitres. Cependant les plus étendus sont pla-cés les premiers. Ils portent tous un titre qui correspond presquetoujours à l’objet traité. Ainsi le chapitre CXII est ainsi conçu :
l’unité de dieu.
2.. C’est le Dieu éternel.
3. Il n’a point enfanté et n’a pas été enfanté.
4. Il n’a point d’égal.
Enfin, pour apprécier le Koran , sa morale est pure en toutce qui touche le vrai croyant; elle développe chez lui toutessortes d’admirables vertus, mais elle le fanatise à l’égard du noncroyant. Le Koran prêche la charité, mais dans la communionmusulmane . L’infidèle est mis hors de toute loi.
C’est, dit M. Blanqui, la source de toutes les iniquités dont leChristianisme a droit d’accuser les Musulmans . « C’est ce livrefatal qui précipite la race turque vers l’abîme où elle marche à grandspas. Quelle que soit l’interprétation philosophique que l’on donne àses doctrines, le Koran ne doit être jugé que par ses œuvres,par la polygamie, par l’esprit de pillage et de guerre qu’il entre-tient dans l’esprit des sectateurs du Prophète, par la résistanceinvincible qu’il oppose à toute amélioration sociale. C’est le Koran
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qui ferme à tous les Rayas la carrière des hauts emplois ; c’estle Koran qui empêche le Sultan de recruter ses armées parmi sessujets chrétiens. C’est le Koran qui punit de mort la conversiond’un musulman au Christianisme. Le Koran est tout à la fois, enTurquie , la loi religieuse et la loi civile; de manière qu’on ne peutrien perfectionner dans l’ordre administratif ou judiciaire, sansmanquer à son texte, c’est-à-dire, sans commettre un sacrilège.Voilà ce qui rend tout espoir de changement impossible, non pointdans les rapports des Turcs entre eux, mais dans leurs rapportsavec les Chrétiens. »
Chateaubriand et beaucoup d’autres grands esprits politiques,vont encore plus loin dans leur haine du Koran . Nous avons dûcommencer, par l’esquisse des doctrines de ce livre qui présideaux destinées de l’empire ottoman , l’histoire géographique et po-litique de cet empire.
Il nous reste, pour compléter cette esquisse, à parler de la classeexclusivement religieuse des Mahométans.
Il n’y eut d’abord qu'un seul prêtre de l’islam , Mahomet , etaprès lui, ses vicaires, les kalifes. Une religion aussi simple, sansmystères ni symboles, n’exigeait pas, comme on l’a très-bien faitremarquer, un ordre social conservateur. D’ailleurs, eût-il étébesoin d’une surveillance, le même livre renfermant la loi civileet la loi religieuse : les magistrats la pouvaient exercer. C’est ainsique les kaïds ou kadis ont eu partout une double juridiction. Dansl’empire ottoman , ces kaïds obéissaient, sous le rapport religieux,aux Mollahs , sortes d’archevêques qui avaient pour supérieursles deux vicaires du grand Mufti nommé par le Sultan .
Les Imans qui font la prière dans les Mosquées et président auxcérémonies, à la circoncision, aux funérailles, sont de simples fonc-tionnaires pouvant à leur gré exercer tout autre emploi. Les oulé-mas ne sont que des docteurs jugeant les points de controverse.Ces docteurs ont, avec les janissaires, ces soldats moines, long-temps disposé du turban impérial.
On appelle khatib celui qui le vendredi monte en chaire poursermonner le peuple et prier à la fois en faveur du Souverain et del’État.
Mahomet n’avait point voulu que l’on s’engageât par des vœuxcontre nature ; aussi les nombreux religieux des divers ordres,malgré l’ascétisme exagéré qu’ils professent, ne sont-ils liés paraucun engagement qui les empêche de changer de profession. Leurnom général arabe de Fakir ou persan de Derviche , qui signifiepauvre, leur rappelle combien ils doivent mépriser les biens de cemonde. Ils ont pourtant quelquefois troublé l’ordre établi. Onnomme Sofis ceux qui font profession de mener une vie purementcontemplative ; cette classe ne dédaigne pas de confier a l’écriture sesrêves spiritualistes, empreints souvent d’une exagération qui feraithonneur aux plus exagérés d’entre les Brames de l’Indoustan ,souvent aussi pleins d’un mysticisme tout sentimental, et basé par-fois sur le jugement le plus solide. C’est ici le lieu de dire que lalittérature sacrée et la littérature profane du Koran offrentà l’orien-taliste, d’inépuisables richesses.
Enfin, c’est aussi le Koran qui a formé ces saints fanatiques del’Afrique , auxquels on donne le nom de Marabouts. Les Puritainsdu Koran peuvent arriver à tout, et tout musulman peut aspirer àce titre dont se parait la dynastie fameuse des Almoravides . Le tropfameux Abd-el-Kader fut d’abord un marabout.
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