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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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DE LEMPIRE OTTOMAN .

I

interprétationsdonnées en grande partie par les kalifes successeursdirects de Mahomet , ou autres non descendants dAli. Ils regardentOmar comme une personnification du diable, maudissent Abu-Beker et Othmann. On dit que parmi eux, les Perses ne font pasdifûculté de boire du vin, profanent la couleur verte, celle de Ma­ homet , en lemployant à leur chaussure, et rejettent aussi plusieurspassages du Koran . Les orthodoxes appellent les sectatenrs dAli,schiites ou infidèles. Un article du Sunnah porte quil est plusagréable à Dieu de purger la terre dun schiite, que denvoyerau quatrième enfer trente-six adorateurs de Jésus-Christ . Les ortho-doxes se divisent dailleurs aujourdhui en quatre rites, nommésdu nom deleurs fondateurs Hanbal, Schafeï, Malek et Abou-Anifa-,Hanbalites, Schafeïtes, Malékites etHanilîtes. Les points de sépara-tion nont point dimportance. Les populations de lempire otto­ man , de lEgypte , dune assez grande partie de lAfrique , de lArabie entière, des îles de la mer des Indes, non Boudhistes, et les tribusturques, dans la Russie dAsie et la Perse, se taxent dorthodoxie.

Mahomet restreignit à quatre femmes lusage de la polygamieorientale; maison se fonda, pour lusage des sérails, sur son propreexemple, puisquil eut jusquà quinze épouses. 11 est vrai quilsétait fait permettre ce nombre par larchange Gabriel . Il faut direaussi que chez la plupart des peuples mahométans, le mariage nestpoint placé sous la garantie spéciale de la loi.

Cela se conçoit sans peine, puisque chez ces peuples, lautoritéreligieuse est réunie à lautorité civile. Mais, quoi quil en soit, parla simple permission de la polygamie, le Koran qui condamne déjà àléternelle damnation tout ce qui nest pas croyant, consacre aussi,sur cette terre au moins, lesclavage et le déshonneur de la femme.

C.Appréciation du Koran .

Dailleurs, le Koran se divise en cent quatorze chapitres, tousdonnés, sauf le chapitre neuf, au nom de Dieu clément et miséri-cordieux ( Bismillahirrak mmïrrahim). Le collecteur a rangé sansordre ces différents chapitres. Cependant les plus étendus sont pla-cés les premiers. Ils portent tous un titre qui correspond presquetoujours à lobjet traité. Ainsi le chapitre CXII est ainsi conçu :

lunité de dieu.

DONNÉ A LA MECQUE :

1. Dis: Dieu est un.

2.. Cest le Dieu éternel.

3. Il na point enfanté et na pas été enfanté.

4. Il na point dégal.

Enfin, pour apprécier le Koran , sa morale est pure en toutce qui touche le vrai croyant; elle développe chez lui toutessortes dadmirables vertus, mais elle le fanatise à légard du noncroyant. Le Koran prêche la charité, mais dans la communionmusulmane . Linfidèle est mis hors de toute loi.

Cest, dit M. Blanqui, la source de toutes les iniquités dont leChristianisme a droit daccuser les Musulmans . « Cest ce livrefatal qui précipite la race turque vers labîme elle marche à grandspas. Quelle que soit linterprétation philosophique que lon donne àses doctrines, le Koran ne doit être jugé que par ses œuvres,par la polygamie, par lesprit de pillage et de guerre quil entre-tient dans lesprit des sectateurs du Prophète, par la résistanceinvincible quil oppose à toute amélioration sociale. Cest le Koran

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qui ferme à tous les Rayas la carrière des hauts emplois ; cestle Koran qui empêche le Sultan de recruter ses armées parmi sessujets chrétiens. Cest le Koran qui punit de mort la conversiondun musulman au Christianisme. Le Koran est tout à la fois, enTurquie , la loi religieuse et la loi civile; de manière quon ne peutrien perfectionner dans lordre administratif ou judiciaire, sansmanquer à son texte, cest-à-dire, sans commettre un sacrilège.Voilà ce qui rend tout espoir de changement impossible, non pointdans les rapports des Turcs entre eux, mais dans leurs rapportsavec les Chrétiens. »

Chateaubriand et beaucoup dautres grands esprits politiques,vont encore plus loin dans leur haine du Koran . Nous avonscommencer, par lesquisse des doctrines de ce livre qui présideaux destinées de lempire ottoman , lhistoire géographique et po-litique de cet empire.

Il nous reste, pour compléter cette esquisse, à parler de la classeexclusivement religieuse des Mahométans.

Il ny eut dabord qu'un seul prêtre de lislam , Mahomet , etaprès lui, ses vicaires, les kalifes. Une religion aussi simple, sansmystères ni symboles, nexigeait pas, comme on la très-bien faitremarquer, un ordre social conservateur. Dailleurs, eût-il étébesoin dune surveillance, le même livre renfermant la loi civileet la loi religieuse : les magistrats la pouvaient exercer. Cest ainsique les kaïds ou kadis ont eu partout une double juridiction. Danslempire ottoman , ces kaïds obéissaient, sous le rapport religieux,aux Mollahs , sortes darchevêques qui avaient pour supérieursles deux vicaires du grand Mufti nommé par le Sultan .

Les Imans qui font la prière dans les Mosquées et président auxcérémonies, à la circoncision, aux funérailles, sont de simples fonc-tionnaires pouvant à leur gré exercer tout autre emploi. Les oulé-mas ne sont que des docteurs jugeant les points de controverse.Ces docteurs ont, avec les janissaires, ces soldats moines, long-temps disposé du turban impérial.

On appelle khatib celui qui le vendredi monte en chaire poursermonner le peuple et prier à la fois en faveur du Souverain et delÉtat.

Mahomet navait point voulu que lon sengageât par des vœuxcontre nature ; aussi les nombreux religieux des divers ordres,malgré lascétisme exagéré quils professent, ne sont-ils liés paraucun engagement qui les empêche de changer de profession. Leurnom général arabe de Fakir ou persan de Derviche , qui signifiepauvre, leur rappelle combien ils doivent mépriser les biens de cemonde. Ils ont pourtant quelquefois troublé lordre établi. Onnomme Sofis ceux qui font profession de mener une vie purementcontemplative ; cette classe ne dédaigne pas de confier a lécriture sesrêves spiritualistes, empreints souvent dune exagération qui feraithonneur aux plus exagérés dentre les Brames de lIndoustan ,souvent aussi pleins dun mysticisme tout sentimental, et basé par-fois sur le jugement le plus solide. Cest ici le lieu de dire que lalittérature sacrée et la littérature profane du Koran offrentà lorien-taliste, dinépuisables richesses.

Enfin, cest aussi le Koran qui a formé ces saints fanatiques delAfrique , auxquels on donne le nom de Marabouts. Les Puritainsdu Koran peuvent arriver à tout, et tout musulman peut aspirer àce titre dont se parait la dynastie fameuse des Almoravides . Le tropfameux Abd-el-Kader fut dabord un marabout.

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