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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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SUITE DE LA PREMIERE PARTIE.

CHAPITRE II.PROPAGATION DE LISLAMISME DE 652 A 4095 OU JUSQUAUX CROISADES.

DOMINATIONS MUSULMANES.

\ -PREMIÈRES CONQUÊTES "DE LiSLAMISME OU PREMIERS RHAEIFES.

A la mort inattendue de Mahomet , il y eut parmi ses secta-teurs un moment dhésitation. La succession du prophète fut aussiun sujet de querelles et de partages. Beaucoup darabes repoussè-rent tout ce qui dans lIslamisme semblait gênant, labstinence duvin, le jeûne du Ramadan , les cinq prières, les dimes. Enfinun assez grand nombre de tribus, seulement abattues et non con-quises, se relevèrent; mais grâce à la sagesse dAbu-Beker, beau-père du grand fondateur, et élu par les émirs et les scheïks, grâceà la résignation dAli, repoussé par eux, et surtout grâce à lépéede Kaled, les ennemis dIslam posèrent les armes et les dissensionsfurent apaisées \

Alors au nom de Dieu , clément et miséricordieux, Abu-Bekerconvoque la croisade arabique contre le monde. Il a accepté lhé-ritage de son gendre; or, lhéritage de Mahomet , cest la pro-pagation du Koran par les armes. Une lettre est adressée à toutesles tribus. Elle leur recommande, au moment du départ, de res-pecter « tous les peuples du livre, dépargner la vieillesse et len-fance, de ne point incendier les habitations des hommes, ni lesmoissons, de ne point couper les arbres à fruit, mais de faireune guerre acharnée aux prêtres tonsurés , membres de la congré-gation de Satan, enfin de réserver le cinquième du butin pourles juges, les poètes, les orphelins et les veuves. «Cela dit, maisbientôt oublié, lavalanche se précipite, séparée en deux massesrapides qui roulent lune vers la Perse, lautre vers la Syrie . Centans les attaques ne discontinuèrent point. Leur résultat, inouï dansles annales des peuples, fut une suite de conquêtes plus étenduesque celles qui furent obtenues en dix siècles par les armes et parla politique des Romains. Traçons succinctement les phases prin-cipales de cette course rapide à travers le monde.

(652). Kaled, lépée de Dieu , commence par détruire, verslEuphrate , la petite monarchie des Almondars; puis, se jetanttout-à-coup sur la Syrie larmée manque dun chef entrepre-nant, il débute par la conquête de Boshra, au-delà du Jourdainet sur les terres de lempire grec. De il se précipite vers Damas,et dabord lattaque sans succès; mais une troupe fraîche, con-duite par Amrou, vient le soutenir, il remporte la bataille dAïz-nadin et la capitale de la Syrie prise, moitié dassaut, moitié parcapitulation, tombe au pouvoir des Islamites. Ses habitants quonlaisse dabord séloigner sont plus tard poursuivis, atteints en Asie-Mineure et massacrés (654). La prise de Bealbek, celle dEmèse succèdent à cette capture importante.

Cependant lempereur dOrient, Héraclius , accourt suivi deplus de cent trente mille soldats. Le combat sengage sur les li-mites du désert, aux rives du torrent dIermouk. Les Grecs, mal-gré le secours de soixante mille arabes chrétiens, sont taillés enpièces.

Pareils succès en Perse. Un premier avantage remporté à Ca-désiah, sur le petit-fils de Chosroës , Iesdegerd 111, à la tête de cent

1 Déjà du vivant de Mahomet , un faux prophète Moseüama, avait paru et en-traîné un instant une portion de lArabie .

cinquante mille hommes, la conquête de Ctésiphon , de Modaïnqui avait résisté aux armes romaines, une seconde et décisive vic-toire sur le même prince à Néhavend (642) achevèrent la sou-mission de cet empire, naguère réputé indomptable. Les vain-queurs, prenant le chemin de la mer Caspienne et soumettanttout au Koran sur leur passage, allèrent par un long détour re-joindre leurs compatriotes débordés sur lAsie-Mineure. Omar quiavait succédé au vieil Abu-Beker comme khalife et conducteur descroyants, venait de faire son entrée dans Jérusalem (658). Lem-pereur Héraclius senfuyait abandonnant à son sort cette partie delempire. Alep , Antioche , Tyr, Beïruth, Ptolomaïs, Tripoli ,avaient ouvert leurs portes aux Arabes , et déjà, maîtres du litto-ral , les nomades, devenus corsaires, allaient piller Rhodes ,Chypre et les Cyclades. En même temps ils emportaient la Cilicie ,lArménie . Amrou, avec quatre mille hommes, sétait précipitésur lEgypte , lavait conquise, et avait tourné vers lArabie legrand commerce dAlexandrie . Il administrait avec sagesse ce payssi difficile à gouverner. Dun autre côté, Iesdegerd, après desprodiges de valeur, après avoir été jusquaux frontières de laChine chercher des auxiliaires, tombait assassiné par la fautedun meunier ignorant, sur les bords du Marg-Ab (652). Loneût vainement alors cherché dans la Perse un foyer du culte deZoroastre . Déjà partout sélevaient des colonies arabes, commeKouffa et Bashorah, bâtie avec une profonde intelligence, auconfluent de lEuphrate et du Tigre . Un premier empire étaitdétruit. Lempire dOrient était presque réduit à lEurope . Les con-quêtes semblaient développer lintelligence arabe. Une civilisationnouvelle, moitié arabe moitié perse, grandissait dans les pro-vinces devenues lapanage du Koran . Les relations avec les Grecsdonnaient déjà à cette civilisation une certaine tournure de scienceet de spéculation philosophique.

Mais tandis que ces événements se passaient, la division se met-tait dans le propre foyer de lIslam , à Médine . Omar, ce patriarchearabe, qui parodia dans Jérusalem lentrée de Jésus-Christ, étaitmort en 644. On avait élu pour faire en sa place la prière pu-blique, et pour conduire en sa place les croyants, le trop fameuxOthman , malgré le parti du gendre du prophète, malgré les par-tisans du fougueux Ali. Othman tombait en 655, victime de sonusurpation sur le droit de lépoux de Fatime.'

On le frappait de cent coups de poignards au milieu duneviolente sédition; Ali montait enfin au trône des Khalifes, maisattaqué par le gouverneur de la Syrie , Moawiah, fils dAbu-So-phian, cet ennemi mortel du prophète, il tombait bientôt aprèssous le fer dun assassin, en 660. Son fils Hassan abdiquait sixmois plus tard.

2.KHALIFES OMNIADES (660-752) DE DAMAS.

Son successeur fut lheureux Moawiah, qui commença la dy-nastie des Omniades.

Il se hâta de quitter lArabie et de porter à Damas, au centredes conquêtes, le siège du khalifat. Puis il envoya son fils Iésidattaquer par mer Constantinople , et pendant sept ans renouvela