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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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DE LEMPIRE OTTOMAN .

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inutilement, contre le feu grégeois, le siège de cette ville immense.Menacé au sein de lArabie , par la faction des hachemites quisoutenaient les alides, il acheta, ô honte, pour lIslam ! la paixdes Grecs.

Aussi sa mort fut-elle le signal dune sorte de dissolution poul-ie khalifat. Partout se levèrent des prétendants; partout il y eutdes révoltes. Cet état de choses dura jusquà Walid (705-715),sous lequel le torrent se précipita de nouveau. Alors Musa-Ben-Noseïr acheva la conquête de lAfrique septentrionale et com-mença, par son lieutenant Tarik, celle de lEspagne . Ce magni-fique pays, qui appartenait alors auxWestgoths, fut joué et gagnépar les arabes en une seule bataille, celle de Xérès de la Fron-téra, en 742. Les fidèles de la nation gothique ne tardèrent pasà se voir refouler dans les montagnes des Asturies , berceau desroyaumes espagnols .

Enfin, les hautes barrières des Pyrénées avec leurs pics superposésnarrètent pas les conquérants, et la Gaule septimanique est envahie.

Ce fut le terme des succès arabiques du côté de lOccident . Tan-dis que mêlée à la famille hispano-gothique, dont elle avait res-pecté les usages, la race arabe couvrait lEspagne de monumentset y annonçait lessor dune civilisation qui devait devenir à jamaiscélèbre, elle méditait la conquête des Gaules, et sans doute aussidu reste de lEurope . Ce fut Abd-el-Raman, gouverneur de lanouvelle annexe de lempire des Khalifes, qui lentreprit en 794(sous Hescham III). Le prétexte, cétait de faire rentrer dans ledevoir lémir de Septimanie, Munuza qui, ligué avec le duc d quitaine , prétendait se rendre indépendant. Rien narrêta dabordla course effrayante des envahisseurs. Mais tout-à-coup parurent lesFrancs de Karl-Martel , chef des Ostrasiens. Le choc fut terrible. Aubout de six jours, le champ de bataille entre Tours et Poitiers étant jonché de morts, linvasion décimée par linfatigable mar-teau de laïeul de Charlemagne rétrograda : lOccident pour cettefois fut sauvé. Les tentatives que firent encore les arabes sur laProvence et les rives du Rhône restèrent sans succès (75G). Ilsfurent réduits sous le nom de Sarrazins ( Charakaiouni ou Orien-taux), à une guerre de piraterie contre les côtes européennes de laMéditerranée.

Mais lAsie offrait une proie plus facile. Un conducteur de cha-meaux, Katibah, après sêtre emparé de Samarcande et avoirréuni au khalifat le pays de Khowaresm et la Transoxiane, savancejusquaux frontières delà Chine (707). En même temps Kasim leprédicateur, convertit les populations de la rive droite de lIndus,et essaie sur les Indous la puissance du Koran . Dautres prédi-cateurs descendent avec les marchands arabes jusque sur la côte deMalabar, puis dans les îles de la mer des Indes et à Malacca . Quel-ques-uns distribuent aussi la parole dIslam aux côtes nord-ouestet est de lAfrique . La foi nouvelle fait irruption dans la Géorgie en 747, et pénètre, en traversant les vallées du Caucase, au seindes peuples qui habitent à lest de la Mer-Noire . Celles qui défen-dent les vallées du Taurus lui interdisent longtemps le passage.Enfin Contantinople, la ville promise à lIslamisme, résiste à deuxcent mille guerriers précipités par Souleïman, contre lempereurLéon lIsaurien (749).

Cependant lempire des Khalifes ne cessait pas dêtre troublépar les protestations continuelles des descendants dAli. Mais cettefamille était à peu près éteinte. Ses partisans, dans leur hor-reur pour les Omniades, se joignent aux partisans de la familledAbbas, oncle de Mohammed . Cette famille finit par lemporter,et la couleur noire des Abassides triomphe de la couleur blanche desOmniades. Merwan II est le dernier khalife de cette famille, àDamas. Les Omniades sont massacrés à lexception dun seul en-fant qui, dabord caché en Afrique au sein dune tribu des en-virons dOran , et aujourdhui la sujette des Français , fut appelé

par les populations omniades de lEspagne , et fonda avec leur se-cours le khalifat dOccident ou de Cordoue , en 756.

Le khalifat se trouva ainsi séparé en deux empires, et en per-dant lunité perdit la plus grande source de sa force.

5. -KHALIFAT ABASSIDE OU DE BAGDAD ET KHALIFAT DE CORDOUE

jusquà LEUR DÉCADENCE (756-4054).

Bientôt après, Damas, ce grand centre de conquêtes, fut aban-donné par les nouveaux khalifes de la famille dAbbas. Us trans-portèrent leur chef-lieu à Haschemiah , puis à Bagdad , fondé parAbu-Giafar-al-Manzor, second abasside. Dans cette ville, qui de-vint un centre de luxe, de fêtes et aussi de lumières, les princesarabes oublièrent peu à peu au sein de la mollesse leur missionde propagande militaire. Il en fut de même à Cordoue et en Es­ pagne . Le christianisme respira, et se prépara à attaquer à sontour. Le peuple conquérant entrait dans la phase de la jouissance;cette phase fut la seule qui pût le recommander à lestime dumonde, et lui assigner une valeur morale parmi les nations. 11remplaça de la manière la plus inattendue le mouvement guer-rier par le mouvement intellectuel. Il se montra pour ainsi diredigne de la hauteur à laquelle il sétait placé. La civilisationpersano-arabe domina comme un fanal brillant les ténèbres dumoyen-âge occidental, mais ce furent des fleurs prématurées etdont les fruits avortèrent.

Après les immortels khalifes qui firent la splendeur de Bagdad ,Mohammed-Ma-Hadi, Aroun-al-Raschid et le sage Al-Mamoun,le khalifat abasside tomba dans lavilissement; sous ce dernierprince, il avait eu à comprimer lhérésie gigantesque des Mota-zales, hommes dun sens profond qui niaient le dogme de fatalitéinscrit dans le Koran , et prétendaient que ce livre nétait pointincréé. Motassem (855-842) sentoura d une garde turque de cin-quante mille esclaves. Cette milice ne tarda pas à jouer le rôledes Prétoriens dans lempire des Augustes. Comme pour acheverla ruine, une secte darabes du désert, conduits par le faroucheprophète Karmath, et pendant près dun siècle toujours rafraî-chie par de nouveaux adhérents , se répandit dans la plupart desprovinces, mettant tout à feu et à sang. Elle niait le Koran etproclamait, comme culte et devoir unique, la prière. Son Imanrésidait dans lancienne capitale de lHedjaz , d il inquiétaitcontinuellement la Mecque que ses troupes finirent par inonderde sang. Ils y passèrent au fil de lépée cinquante mille personnes.Nul, depuis longtemps, nosait plus entreprendre le saint pèle-rinage. Enfin ces excès cessèrent deux-mêmes; mais déjà les kha-lifes abassides ne commandaient plus. Al-Rhadi, en 954, avaitcréé dans la personne du turc lbn-Rayeb, de la tribu des Bowides,une sorte de maire du palais sous le nom démir des émirs. Lessuccesseurs de Rhadi ne furent plus que de simples pontifes deBagdad , avec lautorité nominale sur les chefs militaires.

Tout cela se fit au milieu de chocs sans nombre; à chaque,instant des tartares de lAsie centrale arrivaient en hordes nom-breuses et sétablissaient dans les provinces du khalifat. Les gou-verneurs de ces provinces se levaient sans cesse pour se rendre in-dépendants. Ainsi les Aglabites , descendants dIbn-ben-Aglab,lieutenant dAroun-al-Raschid, fondèrent à Kairoan, en Afrique (vers 800), un état qui domina longtemps sur la Méditerranée,envahirent surtout la Sardaigne , la Corse, la Sicile , et symaintinrent jusque vers la fin du dixième siècle. Ainsi les Edris-sites, descendants dEdris-ben-Edris, autre lieutenant du mêmekhalife, se firent à Fez , aussi en Afrique , un royaume indépen-dant. Cest ce royaume qui, conquis plus tard par les Fatimites ,puis passé aux Almoravides , forma lempire de Maroc . Nous pour-rions encore mentionner les dynasties turques des Tholonides, des