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ATLAS
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Jekides, dans l'Egypte et la Syrie , et celle des Tahérites, dans leKorasan, laquelle fut renversée parcelle du chaudronnier Soffar,la dynastie des Sainanides qui remplacèrent les Soffarides , et ré-gnèrent sur le Korasan et la Transoxiane, celle des Hamadanides,qui s’emparèrent de la Mésopotamie ; celle enfin des Bowides, quis’établirent dans la Perse. Ce n’était plus l’Arabie qui fournissaitles sectateurs du Koran ; elle avait fait son temps. C’était la Tar-tarie qui se précipitait incessamment entre l’Euphrate et l’Indus,se substituant partout dans le pouvoir et dans les emplois auxfils des compagnons de Mahomet , retrempant de sa jeune etsauvage énergie, la lame déjà usée d’Islam 1 ; quant aux khalifesAbassides, jusqu’à leur entière destruction par les Mongols, en1258, ils ne méritent plus de mention.
Pour ceux de Cordoue , après avoir brillé par dix-neuf khali-fes, la plupart hommes distingués dans la guerre et dans la paix;après avoir été continuellement battus en brèche par les révoltesintérieures et les progrès des chrétiens, ils s’éteignirent dans lapersonne de Hescham III, en 1051. La seule secte remarquablequi se fût élevée pendant ce temps en Espagne , avait été celledes Mozarabes ou Arabes adoptifs, qui avaient la prétention deconcilier les trois religions de Moïse , de Jésus-Christ et de Ma-homet. Définitivement et pour jamais le temps de la grandeurarabe était passé. Hescham 111 avait dit : « les Arabes ne savent plusni gouverner, ni être gouvernés. «Neuf royaumes s’élevèrent àpartir de dl0i0„ et successivement, sur les ruines du khalifat deCordoue . Ce furent ceux de Murcie (4040), Badajoz (4040),Grenade (4045), Saragosse (4044), Majorque (4045), Valence(4024 ), Séville (1025), Tolède (J026), Cordoue (4454 ). Tousces royaumes furent successivement conquis par les chrétiens desAsturies , de Castille , de Navarre, d’Aragon et de Portugal . Gre-nade, le dernier, tomba en 4 472, sous les coups de Ferdinand- le-Catholique , qui transmit une vraie monarchie espagnole àCharles-Quint . Mais les Maures ne furent expulsés de l’Espagne d’une manière complète que par Philippe III (4598-4624 ).
4.- KIIALIFAT FATIMITE , DYNASTIES AFRICAINES. PREMIERES PRINCIPAUTÉS
TURQUES, ASSASSINS, ETC., ETC., JUSQU’AUX CROISADES (900-1095).
Un troisième khalifat s’était élevé en Afrique . Les schiites oualites, de parti politique, étaient devenus un parti religieuxriche et puissant. Après la mort d’Ali, ils s’étaient accordés àreconnaître comme souverains légitimes et chefs de la loi les filsd’Ali Hassan et Hosseïn et leurs descendants directs jusqu’au dou-zième qui, ayant disparu à l’âge de douze ans, fut regardé pareux comme s’étant retiré dans quelque retraite inconnue, en at-tendant que l’état du monde lui permît d’y faire triompher labonne cause. Ils appelaient les onze premiers, Imans , ou chefspar excellence, et le dernier Mahadi ou Maddi, le dirigé. Jus-qu’à son apparition, le monde devait rester sans autorité légitime;les rois, les chefs n’étaient que de simples prete-nom dellman.Cette doctrine, qui se répandit au loin, régna longtemps dans laPerse; là, les Sofis faisaient remonter leur origine à ces onzeimans : ils s’intitulaient les esclaves du roi du pays, et entrete-naient à Ispahan plusieurs chevaux que l’Iman pût monter quandil paraîtrait. La Perse n’a pas encore perdu la croyance au Ma hadi ; on l’y attend toujours, ainsi que dans l’Inde musulmane.Mais revenons au troisième khalifat.
Tous les schiites ne furent pas d’accord sur les descendantsd’Ali, qu’il fallait reconnaître comme Imans . Les uns nommaient
1 C’est le lieu de faire remarquer qu’en Orient comme en Occident , il y eut deuxinvasions à quatre siècles de distance.
Iman ie seul Ali ; c'est Ali qui, selon eux, devait reparaître commele dernier prophète et même comme Dieu , pour chasser le mal etl’injustice de la terre. Les Nossairs, les Motoualis, tribus cachéesdans les profondeurs du Liban , ont conservé de nos jours cettecroyance qui est, à notre avis, un mytriacliisme déguisé. D’autresschiites admirent comme vraie la succession des six premiersImans, mais quant au septième, qui s’était appelé Mussa, ils met-taient en sa place son frère Ismaël . Ils croyaient qu’après celui-ci lecaractère d’Iman se transmettait à de saints personnages inconnusd’abord , mais qui dans le temps marqué pour leur venue se ma-nifesteraient avec éclat.
Un sectaire, d’origine juive et syrienne , développa surtout cettedoctrine mystique en Afrique ; il vivait avec austérité et s’appelaitObeidollah; on le regarda bientôt, et il se fit passer lui-même pourMaddi ou Mahadi. De toutes parts les guerriers accoururent sousses drapeaux. Les Aglabites et les Edrisites furent renversés, etle trône des Falimiles ou Ismaéliens s’éleva. Le quatrième chefde cette race, Moëz Leddinillah, prit le titre de khalife (en 955),et fonda le Kaire où il mit sa capitale. Les alites de la Mecque le proclamèrent. Il conquit peu après la Palestine et la Syrie . Sonfils, non content du titre de Mahaddi ou de khalife, voulut qu’onl’adorât comme Dieu ; il se croyait une dernière émanation de ladivinité qui dirigeait les imans; un de ses apôtres, Durzi , donnason nom à la secte des Druses qui a persisté dans les gorges duLiban , et fait de nos jours une guerre acharnée aux Turcs aprèsavoir fait cette guerre aux Egyptiens .
Cette secte en attendant le retour d’Hachem, l’adore dans lecorps du veau. Us ont joint à la doctrine des schiites un grandnombre de croyances mystiques; ni le bien, ni le mal n’existe à leursyeux pour celui qui pénètre le vrai sens des choses. L’être privi-légié qui peut atteindre cette vue intime, doit être écouté et obéidans tout ce qu’il ordonne, fût-ce le crime le plus effrayant. IIest saint quand même, par cela seul qu’il voit. Aujourd’hui bièndéfigurée et mélangée chez les Druses avec d’autres idées étrangessur la moralité, cette croyance donna vers le temps de Durzi ,naissance à la fameuse secte des assassins qui fut si entreprenanteet redoutée dans le moyen-âge des croisades; le remords commela satisfaction était inconnu aux assassins; leur société réalisaitl’absorption la plus complète de la personnalité des membres dansle chef ou le voyant. Les associés n’étaient, par rapport à celui-ci , que des jambes et des bras faits à l’obéissance. Le princechoisi par les adeptes de la vue intérieure préparait, par tous lesmoyens, la terre à recevoir le retour d’Hachem.
Le khalifat Fatimite, sous Mostanser Billali, qui rêvait la réali-sation des entreprises de Mahomet , absorba celui de Bagdad (4 056--1094); mais, à la mort de ce conquérant, la division se rétablit.
Déjà Moez avait laissé le gouvernement de la Barbarie à JoussoufZeiri-ben-Menad. Ce chef se rendit indépendant, et cela après avoirfondé la ville d’All-Djezaïr (Alger ). Les Zeirites, ses successeurs,régnèrent sur la Barbarie jusqu’en J J 48. Un peu avant, sous leroi de Castille, Alfonse VI (4065-1409), Joussouf-ben-Taschfinfonda l’empire de Maroc . Il abaissa de beaucoup la puissance desprécédents; ses descendants prirent le nom de marabouts ou al-moravides. Mohammed-ben-Abdallah , chef des Mahiddins ouAlmohades, ne tarda pas à les remplacer.
Enfin, le khalifat lui-même, attaqué par les Atabeks ( voy. plusbas), puis par les Ayoubites, tomba sous les coups du fameux sul-tan Saladin (4474). Mais il y eut des khalifes nominaux au Kairejusqu’en 4547, époque à laquelle Sélim I er , sultan des Ottomans ,s’empara de l’Égypte .
Les Mahiddins régnèrent sur toute la côte d’Afrique ; c’est àleur chute que se formèrent les royaumes de Trémecen, Tunis etTripoli.
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