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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

restreindre. Les Timarsel les Siamels furent enregistrés à la chan-cellerie avec le chiflre des revenus des villages inféodés. Les Turcsdisaient que le sultan Falyh avait conquis deux empires, vingtroyaumes et deux cents villes.

!).1ÎAYEZ1D n (1481).

Mohammed laissait deux fils, Bayezid etZizim ou Gem. Ce der-nier tenta denlever à son frère le trône que lui assuraient son droitdaînesse et le choix du conquérant. 11 fut vaincu près de Brousa etsenfuit chez le Soudan dÉgypte Caïd-Beg. Jusque- les princesottomans avaient entretenu des relations amicales avec les succes-seurs de Bibars-Bondouchari. De , Zizim reçu chez le prince deCilicie , Karaman-Ogli, forme une ligue de divers petits princeset affronte de nouveau son frère. Les confédérés sont battus près duTaurus. Le vaincu fuit encore et obtient un asile parmi les cheva-liers de lîle de Rhodes , qui comptent sen servir comme dinstru-ment. Ils reçoivent de Bayezid , pour le retenir, une somme consi-dérable.

Ce prince veut alors se venger sur les Mameluks de lappui quilsont prêté à son frère. Depuis les croisades la puissance des Mame-lucks avait plutôt augmenté que diminué. Us régnaient à la fois surlAfrique et sur la Syrie . Il était difficile quune lutte néclatât pasentre eux et les Turcs. Cétaient eux qui se flattaient dêtre les héritiersdu Khalifat . Ali-Aladoulet, prince dArménie , vassal de Bayezid ,vexé par un vassal de Caïd-Beg, sadresse à Bayezid ; mais il est malsecondé, et défait près du mont Aman. 11 se rejette sur lEurope ety réduit définitivement la Bosnie , la Croatie et la Moldavie . SesHottes attaquent aussi les flottes des souverains catholiques de lEs­ pagne , et remportent des avantages.

Une conception gigantesque vient alors le menacer. Charles VIII ,roi de France depuis J 485 , a résolu de délivrer Constantinople , ensoulevant à la fois les Grecs et les Turcs . 11 a acheté les droits desPaléologues , et prétend faire servir Zizim à ses projets. En effet,déjà vainqueur en Italie , Charles VIII se fait livrer par le pape cemalheureux prince; mais Alexandre VI , payé, dit-on, par le sultan,le lui livre empoisonné. LAragon, lAngleterre, lEmpire et lesItaliens sameutent dailleurs contre Charles VIII . Il est forcé dé-vacuer ses conquêtes. Bayezid respire (J495). Il achève avec bon-heur une guerre renouvelée par les Vénitiens. 11 sempare de-pan te , de Céphalénie, de Modon, de Coron, de Zonkhio et deSanta-Maura. Lui aussi a sa part de conquêtes ; et cest en vain queVenise forme pour la seconde fois en 1 501 , une ligue européennecontre les infidèles. Mais les cinq fils du sultan, Ahmet, Korkhoun,Mohammed , Astian et Sélim troublent la fin du règne de Bayezid .Il fait étrangler Mohammed et Astian; Sélim les venge en for-çant son père à abdiquer; il lempoisonne ensuite. Il fait alors as-sassiner ses deux autres frères et est seul sultan. Les Jeni-Tscheriveulent des princes jeunes. Les princes ont soin de ne leur paslaisser de choix (1512).

JO. SÉLIM 1 er (1512).

La dynastie des Tchingis-Khanides, après avoir encore compténeuf princes depuis Timour, avait fait place à celle des Sofis dePerse. Après avoir reçu une ambassade de Wasili, grand-duc deRussie , Sélim déclare la guerre à Ismaïl-Schah , fondateur de celtedynastie des Sofis. Ismaïl navait pas craint dépouser le parti dAli-met, frère de Sélim, et de donner asile à trois de ses fils. Enfin,cétait un rival à craindre que ce prince. Il venait de réunir sousses lois, les pays des dynasties du Mouton Blanc et du Mouton Noir,le Schirwan et le Mazanderan , lIrak-Arabi et le Khorasan. Comme

pour insulter aux bons Musulmans , il avait confié la garde deBagdad à un ennuque, intitulé par lui : Khalife des Khalifes. Qua-torze petits souverains, terrassés par lui, pour ne pas avoir voulureconnaître sa suzeraineté, proclamaient son énergie. Il faut userdadresse pour frapper un tel rival. Sélim fait de la guerre de Perseune guerre de religion. Ne sont-ce pas des schiites que ces Persans?Circonstance terrible! Sélim commence par faire dresser en secretdans son empire une liste des schiites de lEurope et de lAsie otto-manes. Depuis lâge de sept ans jusquà celui de soixante-dix, ilssont tous égorgés. Celle Sainl-Bartliélemy musulmane a lieu en J 514,cinquante-huit ans avant celle de Catherine de Médicis . Après avoirjeté aux hérétiques de Perse cette sanglante déclaration de guerre,Sélim marche contre Ismaïl. Létoile du premier Sofi pâlit à labataille de Tschalderan, le 25 août 1514. Sélim fait son entréetriomphale à Tebriz , sa capitale. Koumake tombe ensuite entre sesmains. Les Turcs , dans une campagne postérieure, se rendentmaîtres dAmid, de Diarbekr , de Mardin , Sindjar, Hosfkneif,Nizibin, Dara, Miafarakaïn, Djezirei Omar, Mossoul et de toutle Kurdistan avec Edessa, cest-à-dire des gouvernements deDiarbekr, Roha et Mossoul . Idris, général de Sélim, forme decette conquête dix-neuf sandjaks, dont cinq héréditaires. Désormaislempire ottoman aura des frontières du côté de la Perse.

On était arrivé en 151 G; Sélim, insatiable, avait rassemblé àKa'issaryé, une armée formidable. Son dessein était dunifier dé-finitivement lislamisme parla conquête de lÉgypte et la destruc-tion de la puissance rivale des Mameluks . Des actes religieux sancti-fiaient sa résolution. Khansou-Ghawri, ayant renvoyé ses ambassa-deurs, il se précipite enfin ; la Syrie reçoit ses premières attaques. Ilsempare dAlep , après la bataille du la plaine de Dabik (24 août1516), la tradition place le tombeau de David. La chute dHa-leb décide celle de Malatia , Dewrigé, Behesni, Aïntab et autresplaces. On proclame à Haleb, au service divin, que Sélim estdésormais le conservateur des villes saintes , le chef de lIslam .11 y avait 150 ans que Bayezid avait reçu des imans le titre desultan. Le nouveau souverain dislam s'avance ensuite sur Ha-mah, et Emesse qui devient le siège dun sandjak et enfin surDamas.

Cependant les Mameluks ayant reconnu le fils de Khansou-Gha-wri, préparaient une résistance terrible, réunis sous les drapeauxde leurs chefs, Alanbeg, Kourbeg et Toumanbeg. Sélim brise cetterésistance au combat de Ghaza (28 octobre 151 G), prend Ramla ,visite Jérusalem , qui depuis na pas cessé de gémir sous loppressiondes Turcs. Enfin , la bataille décisive se donne dans les plaines deRedania (26 juin 1517). Le Caire tombe au pouvoir des Ottomans .Toute lÉgypte suit bientôt sa destinée avec Alexandrie . Les TurcsdOsman sont alors les vrais héritiers des Khalifes et de Mahomet .Ils emportent à Constantinople le drapeau du prophète. LAsie-Mineure, la Syrie , une partie de la Perse, lArménie et la Méso­ potamie , lArabie sainte, lÉgypte , la Grèce , la Servie, la Bosnie ,la Valachie , la Crimée , leur obéissent. Leur capitale est au grandcarrefour de lancien continent. Leur empire est constitué. Ce quedautres sultans ajouteront sera, en grande partie, conquête éphé-mère. Cependant il faut reconnaître que le nom ottoman sélèveraencore sous les successeurs de Sélim. Ce véritable ouvrier de lIs­ lam , mourut en 1520, le 20 août, répétant ce verset du Koran :

« La parole de Dieu est le salut. » Il avait conçu, dit-on, le projet demassacrer tous les infidèles de ses états. Cest lui qui changea enmosquées les églises de Constantinople . Or, tout se tient danslhistoire. Le grand pape Léon X prêcha la croisade contre Sélim,et pour faire cette croisade, il vendit les indulgences. La ventedes indulgences précipita la réforme, cest-à-dire, après 150 ansde guerres, la propagation de la liberté religieuse, et depuis, de laliberté politique en Europe .