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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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DE LEMPIRE OTTOMAN .

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CHAPITRE II. PHASE STATIONNAIRE ET DÉCADENCE DE LEMPIRE.

\ . ÉTAT DE LEMPIRE.

La Moldavie , la Servie, la Valachie , la Transylvanie , la Bosnie ,la Bulgarie , une partie de la "Hongrie , la Macédoine et lEpire ,la Grèce , Rhodes , l'Archipel , lÉgypte , la côte septentrionale delAfrique , sauf Maroc , lAnatolie , la Syrie , la Mésopotamie , lAra­ bie , une partie de la Perse jusqu'au lac Wan, voilà de quoi secompose lempire élevé par les dix premiers princes ottomans etlégué par Souleïman à Sélim II . Mais tout resplendissant qu'il est degloire et de conquêtes, cet empire contient déjà des germes decorruption et de déshonneur. De graves circonstances extérieures lemenacent.

Et dabord, il a la haine des nations, car il est éminemment ag-gressif; il prend tout aux peuples conquis, et ne leur] laisse queloppression. La haine des nations ne lui laissera plus un jour derepos.

Les sultans sentourent dune sorte de majesté divine. Ils neparaissent plus dans les conseils. Le divan est livré aux intrigues.Les courtisans et non plus les guerriers, arrivent aux premièrescharges. Linfluence du harem se fait sentir jusque dans les déci-sions militaires. Les femmes ont part au gouvernement, mais unepart occulte et illégitime. Les eunuques auront bientôt la leur. Lesemplois ne sont plus une récompense. On achète des gouverne-ments à un prix ûxe. Au lieu de créer de nouveaux fiefs, on affermeles biens de lÉtat à des juifs. Lusage des biens donnés à titre dewakfs, cest-à-dire inaliénables, sétablit dune autre part : doublecause de ruine.

Il ny a plus de modération, ni de modestie dans le souverain ; ily en a moins encore dans les ministres. Le pouvoir dépend duncaprice, dune circonstance : cest à qui prodiguera ; jouir et briller,telle semble la devise des hauts fonctionnaires. Les vices les plushonteux remplacent lancienne simplicité.

Cest de touteela que Sélim II, fils de Souleïman, hérite en \ 566,en même temps quil hérite du trône paternel. Quelque temps en-core le prestige maintiendra lempire ; mais chaque règne verracommencer de nouveaux abus et sinvétérer les anciens. Quand onentreprendra la réforme, elle ne sera plus possible.

2. - SÉLIM II , MEST OD LiVROGNE (-1566).

Sokkoli continue à gouverner. Cest lui qui gouvernait durant lesdernières années de Souleïman. Une trêve est conclue avec Maximi-lien, successeur de Ferdinand I er , et suspend la guerre de Hongrie .LArabie se révolte et rentre dans le devoir; mais une nouvelledynastie, presquindépendante, sélève dans lTémen. Sélim tenteensuite une gigantesque entreprise contre la Perse, en essayant,pour frayer un chemin à ses flottes, de réunir le Don au Volga .Il échoue; mais il enlève aux Vénitiens la riche possession de Chypre ,cet ancien royaume des Lusignan.

LEspagne et lItalie se réunissent alors, alarmées de ce progrès.Vingt-cinq vaisseaux et deux cent vingt galères rassemblés parVenise , le pape Pie V et Philippe II dEspagne, se dirigent, sous laconduite de don Juan dAutriche, fils naturel de Charles-Quint ,près du golfe deLépante. La flotte turque s'y rencontre. Bataille ter-rible qui prouve que les Turcs ne sont pas invincibles. Ils perdentà Lépante deux cents navires et six cents pièces de canon. Nousavons compté leurs victoires, nous compterons maintenant leursdéfaites.

Au lieu daccabler Sélim en poussant leurs succès, les puissancesdésunies lui laissent le temps déquiper une flotte de deux centcinquante galères. Kilidj-Ali la conduit. Cest un digne successeurde Kair-Eddin et de Torgouth ; il reparaît dans lArchipel , ma-nœuvre de manière à gagner du lemps et à éviter un engagementgénéral. LesVénitiens, qui au fond préfèrent la Turquie à lEspagne ,se détachent de la ligue et traitent avec Sélim. La paix est bientôtaprès signée avec lEspagne , et Sélim meurt la même année \ 574,pour avoir trop bu de vin de cette île de Chypre quil avait con-quise.

5. - MOURAD III (1574).

Mourad III lui succède. Il débute par le meurtre de ses cinq frères;imprévoyante et épouvantable politique. La religion qui permet depareilles horreurs nen est pas une.

Mourad défend ensuite lusage du vin. Aussitôt les révoltes desjanissaires éclatent; il y en aura dix sous ce règne. Cette milicegouvernera désormais. Sous le fils de Souleïman, déjà elle incendieraConstantinople , pour marquer son mécontentement. Tout annoncela décadence. Néanmoins, Venise , Florence, lempire germanique,la France , renouvellent leur alliance. Elizabeth, la grande reinedAngleterre, conclut en 1579, le premier traité des Anglais avecla Porte. Cest elle aussi qui ouvrit les premières relations de lAngle-terre avec la Russie , sous Iwan IV, quelle appelait empereur pourle flatter.

La mort de Schah Tamasp, en 1576, fit recommencer la guerreavec la Perse. Un songe, disait Mourad, lui en promettait la con-quête. Cette guerre continua douze années, car il fallait occuper lesjanissaires. La Géorgie fut conquise et partagée entre quatre Beyler-Bey, en 1578. Les Russes se déclarent à la fin pour les Persans. Ilsattaquent les Turcs dans leur retraite, depuis les frontières de Persejusquà Kaffa, à travers les steppes du Kouban.

Ce sont les premiers actes dhostilité entre la Russie et la Porte.La rivalité devait éclater un jour : neût-ce pas été le voisinage etlambition, il y avait trop de sang mogol dans les veines des Russes ,pour que la haine ne les animât pas contre les Turcs . Ils avaientdailleurs été les alliés intimes de lempire de Constantinople . Leurpolitique constante sera de restaurer cet empire à leur profit. Onpeut la suivre à travers les événements multipliés de lhistoire.

Cest pour opposer un ennemi aux Russes , que Mourad recom-mande aux électeurs de Pologne Sigismond de Suède, après lamort dEtienne Bathori. Sigismond fut élu; mais Mourad et sondivan avaient mal calculé. La guerre de succession de Suède et dePologne éclata bientôt; elle affaiblit également la Suède et la Po­ logne . Elle livra la Pologne à la Russie , à la Prusse et à lAutriche .La Pologne et la Turquie avaient de communs intérêts.

On en était quand le siège dIssek, par le gouverneur de Bos­ nie , ralluma la guerre avec la Hongrie . Elle est malheureuse pourles Ottomans ; les impériaux commencent à gagner du terrain. Lesprinces de Valachie , de Moldavie , de Transylvanie , commencentà secouer le joug. Ils sallient avec lAutriche . Cest en vain queMourad envoie à ses troupes létendard de Mahomet ; les Ottomans nétaient plus ceux du temps de Sélim 1er. Mourad meurt de cha-grin. Ce sera souvent la fin des sultans. Le fratricide Mourad avaitencore agrandi lempire; mais les sultanes, les eunuques, lesmufti, les janissaires avaient tour à tour dominé (1595).

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