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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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DE LEMPIRE OTTOMAN .

Il faut envoyer pour les réduire une véritable flotte. Ils la com-battent tout un jour, et ne sont dispersés que par le vent. Lamain de la Russie soulève incessammeut la tempête.

Dun autre côté, la guerre avec la Perse a naturellementrecommencé. Schali-Abbas est toujours vainqueur. Enfin Abaza,gouverneur dErzeroum , continue sa chasse aux janissaires,et le sultan, bravant cette milice, lui donne le pachalik deBosnie .

En même temps Mourad saffranchit de ses tuteurs; Cham-Mirza ou Schah-Séfi succède à Schah-Abbas en 4629, et le nou-veau grand-vizir, Khosrew-Pacha, reçoit lordre den finir avec laPerse. Après une marche des plus pénibles, ce général arrive devantBagdad en septembre 4 650. II est repoussé et remplacé par Hafiz-Pacha. Les troupes se révoltent contre ce dernier à Constanti­ nople ; le sultan est forcé de le laisser déchirer par elles, en lesmaudissant. Il se venge sur Khosrew-Pacha, qui est étranglé. Puiscouvert dune armure à lépreuve, il parcourt la ville, fait tom-ber les têtes. 11 règne enfin par la terreur; il frappe lui-même etordonne de frapper. Il exile jusquau grand-mufti en 4655.Tout ce qui résiste, tout ce qui murmure reçoit la mort. Soixanteindividus dAlep sont pendus pour avoir fait usage de tabac, con-trairement aux ordonnances du sultan. Trente derviches sont pen-dus pour avoir effrayé son cheval.

Lempire est enfin dompté ; mais pour un temps. NéanmoinsMourad le précipite sur la Perse. 11 conduit lui-même sa puissantearmée, punissant chaque faute de la mort. La terreur lui réussit ;il reprend Bagdad , et détruit Tebriz (4 655). En même temps quilannonce aux habitants de Constantinople sa victoire, il ordonne lamort de ses deux frères, Bajazet et Souleïman.

Larmée, privée de sa présence, ne tarde pas à perdre Eriwan ,et à se faire battre dans la plaine de Mihreban. Mourad se hâte devenir ranimer ses troupes ; il attaque de nouveau Bagdad (4 658),y massacre trente mille Persans, et en fait pour plusieurs sièclesune ville ottomane .

Ce succès est diminué par les attaques continuelles des Cosaques,et par une première insurrection des Albanais. Mourad y survitpeu dailleurs. Il meurt des suites de livresse (4 640). Son frèreIbrahim, sauvé par leur mère, est alors proclamé. Mourad venaitde découvrir une conspiration du patriarche grec et des Russes ;il avait aussi ordonné un massacre général des Vénitiens habitantses États. Ce massacre ne fut pas exécuté. Cent mille victimes et lesupplice du crochet sont de sanglants souvenirs de son règne.

40. -IBRAHIM (4640).

Ibrahim nétait pas sorti du sérail avant son couronnement. Onle mena au peuple sur une barque pavoisée; car il ne savait pasmême monter à cheval. Les grands-vizirs reprirent le gouverne-ment. La révolte recommença. Cependant ce règne ne manqua pasde gloire. Azow, sur la mer Noire , fut arraché aux Cosaques ;Candie ou Kirid, lancienne Crète de Minos, fut surprise et nonconquise sur les Vénitiens , qui fournirent des vivres aux vaisseauxde leurs ennemis. Cette trahison ranima la guerre avec les Véni­ tiens , qui défendirent la capitale delile, et se vengèrent par la con-quête dun assez grand nombre de places de la Dalmatie . Quant àIbrahim, espèce de Caligula , il épuisa en profusions la substancede lempire. Ses goûts donnèrent de limpulsion du commerce desesclaves. Il eut jusquà sept sultanes khassekis ou intimes, et cha-cune eut les revenus dun sandjak, sans compter les cadeaux prodi-gieux du monarque. 11 ne sortit pour ainsi dire pas de son harem.Il fallut établir pour lui les impôts de la fourrure et de lambre;enfin le sang de son frère agissant en lui, il brisa ce qui contrariait

ses caprices. 11 voulut faire assassiner les principaux officiers desjanissaires ; ceux-ci le déposèrent ; puis ayant élu son fils Moham­ med , quil avait naguère jeté dans un puits , ils tuèrent le honteuxIbrahim lannée 4 648, lannée immortelle de la paix de Westpha-lie, qui donna en Europe gain de cause à la réforme, changea lesystème germanique, et rendit la France prépondérante.

4 4 . -MOHAMMED IV (4 648).

Mohammed IV avait sept ans. Les révoltes des pages et des soldatssignalent le commencement du règne de ses gouverneurs. Lesgrands-vizirs se succèdent d'année en année. La guerre traîne enlongueur. Les janissaires demandent un diwan à pied, cest-à-direune assemblée générale de la nation. Il se forme une faction ditedes Seigneurs de lhippodrome, théâtre habituel des révoltés.Ce sont chaque jour des insurrections que lon apaise en leurjetant comme pâture les cadavres des hauts fonctionnaires. Ungrand-vizir veut détrôner le sultan ; les derviches sunnis préten-dent faire une nouvelle Saint-Barthélemy des non-orthodoxes ;enfin Kupruli Mohammed arrive à la tête des affaires. Alors lami-ral vénitien Mocenigo est battu dans les Dardanelles ; les révoltéssont comprimés. On envoie des troupes dans la Transylvanie pourfaire rentrer dans le devoir le prince Rakozki, qui refuse le tribut,et Rakozki est défait. Une terrible insurrection dAbaza-Pachadans lAsie-Mineure a le même sort; il est battu ainsi que levoïévodede Valachie . Enfin, sous linfluence de la Porte, les khansde Crimée envahissent la Russie , et détruisent douze mille soldatsdu czar (4660).

Kupruli Mohammed transmet son pouvoir à son fils Ahmed. Laguerre se renouvelait avec la Hongrie . Ahmed-Kupruli la pousseavec vigueur. 11 débute par la prise de Neu-Haüsel, jusqualors ré-puté comme imprenable, tandis que les hordes tartares dévastentla Hongrie , la Moravie et la Silésie . Léopold I er gouvernait lem-pire. Louis XIV , qui réclame vainement la mise en liberté du filsde son ambassadeur à Constantinople , lui envoie des auxiliaires.Montecuculli , rival du grand Turenne, commande larmée impé-riale. On rencontre les Ottomans sur les rives de la Raab , près deKœrmend. Ils sont battus. Le grand-vizir suit les bords du fleuve,et veut de nouveau le franchir, le 4 er août 4664, vis-à-vis du villagede Saint-Gothard . Les impériaux sont dabord enfoncés; mais lesFrançais , conduits par le duc de La Feuillade, que les Turcs appe-lèrent depuis Fouladi, lhomme dacier, rétablissent le combat.Kupruli ne peut arrêter la fuite. Cest la seconde grande défaite ducroissant. Il lui faut accepter la paix à Vasvar . Le siège de la capitalede lîle de Crète continuait : enfin cette ville fut prise en juin 4 669.II avait fallu aux Turcs vingt-cinq ans pour la forcer. Triste com-pensation delà paix de Vasvar . Kaminiec, pris aux Polonais en4 672, ne la fit pas non plus oublier. La conquête de lUkraine ,enlevée aux mêmes Polonais, alors gouvernés par le brave Sobieski,fut plus glorieuse.

Le rôle que jouent alors les Tartares de lEurope orientale est fortcurieux : la Russie les tourne alternativement contre la Porte etcontre la Pologne. LaPorte, fatiguée en 4677, déclare la guerreaux Russes . Ceux-ci battent les Ottomans devant Cehryn, les Otto­ mans , qui néanmoins semparent de cette forteresse, et la paix estconclue en 4684 . Féodor Alexiewicz portait alors le titre de tzar,Kara Moustapha celui de grand-vizir. Cétait le temps Duquesnepoursuivait dans la Méditerranée les corsaires barbaresques.

Le traité de Vasvar stipulait une trêve de vingt années aveclAutriche . A son expiration, Kara Mustapha profite des troublesde la Hongrie pour reprendre la guerre. Les Hongrois, oppriméspar lempereur, se révoltaient sous la conduite dEmeric, comte de