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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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DE LEMPIRE OTTOMAN .

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Un traité y règle, le 24 juillet 1718, les intérêts de lAutriche , deVenise et de la Turquie . La première acquiert Belgrade , Temes-war, la Valachie jusquà lAluta, et une portion de la Servie.Venise conserve ses conquêtes dAlbanie et perd définitivement laMorée.

Les Ottomans frémissent dindignation à la nouvelle de cesnouvelles concessions. Ils deviennent furieux quand ils apprennentles revers éprouvés en Perse (1725). Létat misérable de la Perseavait fait espérer à la Porte qu elle y trouverait une ample com-pensation de ses insuccès en Europe .

Le soffi de Perse, Schah-Hussein, avait été détrôné en 1722,par Mir-Mahmoud, chef des Afgans de Kandahar ; son fils, Schah-Tamasp II, cherche vainement à réconquérir son trône. Ce sontdes déchirements inexprimables. Les Russes interviennent bientôtpour sagrandir aux dépens des deux partis. Les Ottomans sontappelés par les sunnis. Ils veulent arrêter linvasion de Pierre I er .Pierre refuse de rétrograder avant quils nabandonnent eux-mêmesleur projet dintervention. U sempare du Scherwan, du Ghilanet des côtes de la mer Caspienne . Les Turcs occupent Tiflis , Eri-wan, Tauris . Schah-Tamasp , pour lemporter sur Mahmoud, offreaux Russes laGéorgieet lArménie . Mahmoud, contre le secours desTurcs , veut leur laisser la possession des conquêtes déjà faites. Maistout à coup, du milieu de ce conflit, Nadir, chef de partisans, selève et se met au service du prince légitime, sous le nom deThamas-Kouli-Khan. U chasse les Afgans et réclame les prises du Croissant.Le bruit sen répand à Constantinople . Les clameurs du peupleforcent Achmet III à sortir de son palais et à se rendre à Scu-ta ri. Alors trois artisans, un revendeur dhabits, Patrona-Kalil ,Musla, marchand de fruits, Ali, débitant de café, soulèvent lacapitale, et Achmet expie par sa chute la paix de Passaro-witz (1750). Mahmoud I er , fils de Moustapha II , est proclamé àsa place.

16.MAHMOUD i ei (1750).

Un instant Patrona-Kalil gouverne lempire, puis il tombe sousles coups dun chef de janissaires, et Mahmoud est vraimentsultan. Bientôt la guerre avec la Perse redouble dintensité ; Nadira renversé son maître et sest fait proclamer à sa place. Le grand-vizir, Topal-Osman, lui livre bataille près de Bagdad . Lambi-tieux voit pâlir son étoile, et une pyramide de vingt-cinq milletètes persanes, élevée à Bagdad , annonce à lAsie que les joursde Sélim sont revenus. Nadir demande la paix au vizir, celui-ci larefuse ; lusurpateur, réduit à lextrémité, le défait à son tour, demême quAbd-Allah-Kupruli, beau-frère du sultan. Cette dernièredéfaite a lieu le 14 juin 1755, entre Baghawerd et Akkikendi.Larmée ottomane y est anéantie. LAsie voit donc aussi succom-ber la gloire du Croissant. Cest maintenant à la Porte daccepterla paix. Elle concède aux hérétiques sunnis le pèlerinage à laMecque , reconnaît Kouli-Khan comme souverain de la Perse, etabandonne enfin la Géorgie et lArménie (1756).

Anne Iwanovna gouvernait alors la Russie . Elle profite desmalheurs des Turcs pour reprendre Azow. Ses troupes enva-hissent la Crimée ; lempereur Charles VI les imite. Trois arméesautrichiennes entrent en Servie, Bosnie et Valachie ; mais lafortune se déclare pour Mahmoud. Larmée du général russe Mu­ nich est dévorée par la contagion ; les impériaux sont battus sousWallis par El-Hadj-Mohammed à Hycardjik, le 25 juillet 1759 ;lintervention intéressée de la France amène la paix de Belgrade .Charles VI abandonne Belgrade , Sabacz, Orsova , la Valachie et laServie autrichienne . La Russie restitue ses conquêtes.

Cest que lEurope couve une guerre terrible, la guerre de lasuccession dAutriche . Mahmoud pouvait en profiter quand elle

éclata en 1740, à la mort de Charles VI ; mais le sultan invite lui-même les puissances à la paix. Il ne sait pas non plus réprimer lesWahabites qui, en Arabie, vers 1746, se forment en secte conqué-rante sous la conduite du scheïkh Mohammed et du vaillant Ibn-Sehoud. Ces sectaires veulent réformer lislamisme : ils devaientbientôt conquérir lArabie.

Mahmoud mourut presque tranquillement le 19 décembre 1754.Son règne avait formé un temps darrêt dans la décadence. Os­ man III , son frère, lui succéda. II avait déjà cinquante-trois ans deretraite au sérail.

17.osman ni (1754).

Pendant le rapide passage dOsman III sur le trône, lEurope déchirée par la guerre, laisse en repos la Turquie . Mais la versa-tilité du prince trouble létat. Les vizirs succèdent aux vizirs, etConstantinople est en partie incendié. Osman protège dailleursles lettres, fonde une université et une bibliothèque. Il meurt le 29octobre 1757. Aussitôt Moustapha III , fils aîné dAhmet III , estproclamé.

18. MousTArHA m (1757).

Moustapha rétablit lordre dans les finances, sous les auspicesdu grand-vizir Raghyb, fait revivre les lois somptuaires, amé-liore les mœurs publiques, veille au maintien de lordre.

La mort dAuguste III , roi de Pologne , lavénement au trône deRussie de Catherine II , lélection de Stanislas-Auguste Poniatowskisous linfiuence de cette princesse, attirent les regards du sultan.Son diwan incline pour la paix. Cependant la tzarine, opprimantbientôt la Pologne , le territoire ottoman ayant été violé par lescavaliers russes à la poursuite des confédérés polonais de Bar, laguerre est résolue. Le khan de Crimée , Krim-Ghiraï, commandelarmée de la Porte. Ce chef hardi se précipite sur la Nouvelle-Servie, et y incendie tous les établissements russes; mais il ne tardepas à périr victime de la haine que lui porte le grand-vizir Mo-hammed-Emin (1769). La guerre devient alors malheureuse pourles Turcs; le prince Galitzin, général de Catherine, après avoirvainement essayé de prendre Choczim, attaque inopinément sesennemis sur la route de cette ville; il les défait. Attaqué lui-mêmepar des nuées de Tartares dans son camp retranché sur les bordsdu Dniester , il résiste, sempare enfin de la place disputée, pénè-tre dans la Moldavie et la Valachie , et étend ses conquêtes jus-quaux rives du Danube . Deux grands-vizirs expient ces défaites :ce sont Mohammed-Émin et Moldovandji-Ali. Galitzin est rem-placé par Roumanzoff.

Cest alors que , secondée par le général diplomate Munich , Ca­ therine II résout débranler pour jamais la Porte ottomane enréveillant lindépendance de la Grèce . Elle espérait la levée enmasse des Grecs, à la vue du pavillon russe libérateur. Le fameuxPapas-Oglou le lui promettait. Deux flottes paraissent devant legolfe de Coron, sous les ordres de Spiridow et dElphinston. Unefaible insurrection éclate; les Turcs et les Albanais la noient dansle sang des habitants de la Morée. Mais Elphinslon, le 7 juillet1770, dans la petite baie deTcheschmé, anéantit la flotte ottomane par lincendie. Il va forcer les Dardanelles , quand le comte Orloffsy oppose, et le résultat du succès se borne au succès lui-même etau siège de Lemnos .

La guerre continuait sur le Danube ; le général Roumanzow et lecomte de Panin tenaient la campagne contre Khalil-Pacha . Cin-quante mille Tartares et cent trente mille Ottomans traversent leDanube et attaquent le premier de ces deux généraux, près deKaboul. Une victoire complète fait briller du plus vif éclat les armes