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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

Sestos et Abydos , ces villes rendues si célèbres par le joli poèmedu grammairien Musée sur Héro et Léandre, se faisaient facelune à lautre des rivages hellespontiques dEurope et dAsie , demême que Lampsaque . Le canal compte entre les deux villes '5 kilomètres de largeur. Xercès le choisit pour létablissement dupont de bateaux que son armée traversa en 480 avant Jésus-Christpour envahir la Grèce . Abydos et Sestos portèrent plus tard le nomde Dardanelles ; on les nomme encore aujourdhui anciennes Darda­ nelles , par opposition à Kilidh-Bahr, qui est le château dEurope ,et Sultani-Iîalessyé, qui est le château dAsie . Leur nom turc estBorali-Kalessyé et Nagara Borouw. Ces quatre points sont bienfortifiés. Trois cent soixante-six bouches à feu défendent la côtedEurope , et quatre cent qnarante-huil celle dAsie . Cependantun amiral anglais Dukworth, en -1809, a montré que lon pou-vait franchir les Dardanelles . La bataille dÆgos-Potamos, quidécida en 405 avant Jésus-Christ du sort dAthènes , dans la guerredu Péloponèse se donna dans leurs eaux. Les anciens les appe-laient Hellespont , parce quils disaient quHellé, fille du roi deThèbes Athamas, fuyant la colère de sa belle-mère, sy était noyéeen franchissant le détroit sur un bélier.

J). - MER DE MARMARA .

La mer de Marmara est lancienne Propontide . Elle doit sonnom aux quatre iles de marbre qui resplendissent au-dessus deses eaux et dont la plus grande a pour chef-lieu Marmara, lan-cienne Préconèse. Elle sert découlement à la mer Noire , qui sedégorge par son moyen dans la Méditerranée . Elle a 85 kilomètresde largeur, sur près de 260 de longueur. Sa qualification dePropontide lui venait de ce quelle se trouvait en avant du pontEuxin. Elle séparait la Thrace de la Mysie. On y remarquait lilede Cyzique , qui devint la presquîle de Cyzique , quand Alexan-dre leut jointe au continent.

E. - ARCHIPEL ET SES FLEUVES.

LArchipel est lancienne et célèbre mer Egée des Grecs, ainsiappelée soit dEgée , roi dAthènes, soit dEgea, reine des Ama-zones. Ce nest que la partie orientale de la Méditerranée . Commeelle était pour les Grecs la mer principale, ils la nommaient Ar-chipelagos. Le grand nombre dîles quelle contient a fait depuisappeler Archipel , tout groupe diles. Parmi les terres insulairesqui semblent y former comme deux chaînes différentes de vastesmontagnes, il faut distinguer les Cyclades , lesSporades, puis lesîles de Salamine , dEubée , de Négrepont , Samothrace ou Semen-draki, en Europe , et de Lemnos (Stalimène ), Samos , Lesbos (Metelin), Chios ou Scio , et la grande île de Rhodes , lune desplus célèbres du globe jusquau moment elle tomba en proie àla race turque en -1522. Nous y rattacherons Candie et Chypre .

Les fleuves ottomans qui mêlent leurs eaux à lArchipel sont enEurope , la Marilza, leKarasow, le Vardar , lIndje-Karasow, laSalambria et la Hellada; en Asie , le Khedous et le Méandre.

La Maritza prend sa source dans les Balkan , au mont Egrisow.Elle traverse la Roumélie , arrose Tatar-Bazardjik, Philippopolis et Andrinople . Elle se partage en deux branches dont lune dé-bouche à lest dans le petit golfe dEnos. Ses affluents sont lHa-nimak, IUsundsja, lArda, la Ruska, la Tundsja etlErkené, etson cours peut compter environ 580 kilomètres. Cest lHèbre auxflots glacés, si célèbre dans lhistoire orphique. Il débouchaitcomme tel au-dessous de Trajanopolis, dans la mer Egée enformant le Stantoris Lacus; selon les géographes anciens , il coulaitsur un sable dor et avait porté jadis le nom de Rhombe 2 .

' Voy. Lord Byron , Don Juan.

Voy. Hérodote , Pausanias , Strabon , etc.

Le Karasow est le Slrymon qui séparait jadis la Thrace de laMacédoine . On le nomme encore aujourdhui Strouma ou Mar-mara. Son nom de Karasow signifie eau noire, et est donnéaussi à lancien Nestus qui a sa source dans le mont Doubinitzaet débouche dans le golfe de la Cavale. Lancien Mêlas en Asie ,affluent de lEuphrate , sappelle de même Karasow, comme larivière de Karasow-Basar en Russie et lancien Haliacmon .

Celui-ci est lIndje-Karasow. Tandis que le Strouma arrose lespays de Dupindja, Gustendil, Seres, traverse le lac Iiadaka et sejette dans le golfe Orphano; lIndje-Karasow, après avoir arroséle pays de lïara-Veria dans la Macédoine méridionale, joint pres-que à celui du Vardar , son bassin dans lequel on trouve le lacKastoria.

Le Vardar ou Vardari est lAxius , lune des grandes rivières delancienne Macédoine . Il sort du versant oriental du Tchar-Dagh,baigne Usciup et Gradisca, et après un cours denviron 280 kilo-mètres se rend au golfe de Salonique , autrefois golfe Thermaïque .

La Salambria ou Salampria fut autrefois bien célèbre sous lenom de Pénée . Elle était comme tel le principal fleuve de la Thes -salie. Erycine, Gomphi, Tricca, Pélinna, Altrax, Larisse, Pha-lanna, Gyrtone, Gonnus sélevaient sur ses bords, ornés des fleursdu laurier, arbre en lequel fut changée Daphné, fille de Pénée . Onlui donna le nom dAraxe quand ses eaux se furent ouvert un pas-sage entre lOlympe et IOssa. La Salambria arrose comme lancienPénée la plus belle partie et la plus fertile de la Thessalie; ellepasse à quelque distance de la ville de Tricala . Sa source est surJePinde, aujourdhui Mezzovo; son embouchure dans le golfe deSalonique .

Enfin la Hellada, autrefois le Sperchius appartient surtout à laGrèce moderne. Elle sort du nœud qui joint les monts Klytzos etHellovo, arrose la partie méridionale de la Thessalie et se jettedans le golfe de Zéïtoun , autrefois golfe Maliaque. Comme Sper-chius, la Hellada dans son cours rapide (<%av) arrosait Homiles,Sperchies, Hypate, Antycire. Le bon Homère en parle dans sonIliade 1 .

F. - MER IONIENNE , SON BASSIN.

La mer Ionienne sétend entre 56° 50 et 40° 30 de lat. N.12° 50 et 2-1° long. E. Cest une continuation de lAdriatiq ue ouun acheminement vers cette mer. Elle baigne lItalie à louest etla Turquie dEurope à lest. Elle a reçu son nom des nombreuxétablissements que formèrent dans ces îles les Ioniens, lune desquatre grandes divisions de la famille hellénique; parmi ces îles,il faut distinguer les îles Ioniennes proprement dites, dont les septprincipales forment aujourdhui, sous la protection de lAngleterre,une république fédérative; ce sont Corfou (Corcyre), Paxo jadisEricusa, Tliéaki, lTthaque dUlysse, Cerigo, la Cythère de Vénus,Céphalonie , lancien royaume de Céphale, fils deDionée, Zante ,jadis célèbre sous le nom que lui donna Zacynthe , fils deDarda-nus, et Leucade , aujourdhui Sainte-Maure, au promontoire sifameux par la mort de Saplio, dArtémise et de tant damantsmalheureux. 11 faut compter aussi autour de ces îles, Samotraki ,

1 ancien séjour des mystères, Merlera, Fano, Anti-Paxo, Maga-sini, Cerigotto.

Les principaux affluents de la mer Ionienne et de ses golfes sont :le Rofia, lAspro-Potamo, le Calamas et lArta.

Le Rofia est lAlpheus du Péloponèse ; lAspro-Potamo, sous lenom de fleuve Acheloüs, fut lun des plus célébrés de lantiquité.On comptait, il est vrai, tant en Arcadie, quen Thessalie, enAchaïe et en Lydie, six Acheloüs. LAspro-Potamo descend duMezzovo ou Pinde , traverse du nord au sud la Thessalie, arrose

1 Liv. 23, v. <Ui.