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l’Étolie , l’Acarnanie , et se jette dans le golfe de Baliadabra, grossides eaux du lac de Soudi .
Le Calamas, après être descendu des montagnes de l’Épire, tra-verse la Basse-Albanie, et mêle ses eaux à celles du canal de Cor fou . Quand à l’Arta, il naît aussi sur les versants du Pinde , tra-verse l’Épire orientale, et se jette dans le golfe de l’Arta. Il donneson nom à la ville d’Arta, qui a jeté sur ses rives un pont dont l’ar-che a quatre-vingts pieds de hauteur. Le port de cette ville, appeléSalangora, est sur le golfe. L’Arta est d’ailleurs l’ancien Aréthon,et sépare aujourd’hui l’Empire , du royaume de Grèce .
La mer Adriatique s’étend entre l’Italie , la Dalmatieet la Grèce ;elle tira son nom d’Adria, ancienne ville de la Vénétie , et portaaussi le nom de mer Supérieure. C’est par elle que l’Autriche estaujourd’hui en contact avec la Méditerranée . Parmi les cours d’eauqu’elle reçoit, nous n’avons à citer que les fleuves turcs deVoioussa,de Drin , de Bojana et de Narenta.
Le Voioussa est l’ancien Aoüs, si célèbre par les combats livrésà son embouchure entre les flottes de Rome et de Macédoine . Il
prend sa source au versant occidental du Pinde , coule au nord,traverse les sandjakats de Janina et d’Avlone, passe à Konitza, Pri-mili et Tebelen. Son cours est presque toujours resserré dans desgorges étroites, où viennent aboutir quelques affluents commel’Argyrocastron.
Le Drin servit autrefois de séparation entre les deux empiresd’Orient et d’Occidenl. Il se compose du Drin noir et du Drinblanc. Le premier sort du lac d’Ochrida , le second naît dans unedirection contraire ; tous deux arrosent la Haute-Albanie. On voitle premier à Haute et Basse-Dibre, et à Ibali, et le second dans lespays de Prisrend et de Jacovo. Réunis, le Drin noir et le Drin blanctombent dans l’Adriatique au petit golfe de Drin .
La Bojana , que l’on nomme Morracca dans la Haute-Albanie,où elle prend naissance, traverse le lac de Scutari, à la sortie duquelon la nomme Bojana . Elle arrose le Monténégro , et a son embou-chure au-dessus de Saint-Georges. Enfin, la Narenta est le fleuvede l’Hertzegovine, et serpente à travers cette partie de la Dalmatie qui appartient aux Ottomans , puis traverse la Dalmatie autri chienne .
2. — ASIE TURQUE.
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Les fleuves de l’Asie ottomane se partagent entre deux grandsbassins, celui de la Méditerranée et celui du golfe Persique . Quel-ques-uns se rendent dans cet immense lac, que l’on nomme mer Caspienne ; quelques autres vont alimenter des lacs moins considé-rables. 11 en est qui se perdent dans les sables.
Parmi les cours que reçoit le grand bassin méditerranéen, il fautdistinguer ceux qui se jettent dans la mer Noire , dans la mer de Marmara , dans l’Archipel et dans la Méditerranée proprement dite.Tous ces fleuves sont versés par les pentes du Taurus.
A. — MÉDITERRANÉE , BASSIN ASIATIQUE.
La mer Noire , que nous avons décrite, reçoit le Tchorok, leKysil-Irmak, le Jeczil-Irmak et le Sagarias. La Propontide reçoitle Nikabitza. A la Méditerranée proprement dite, affluent le Si-houn, le Djihoun, l’Asi ou Oronte . Enfin, le Kedous ouSarabat et leMendres descendent dans l’Archipel .
Le Tchorok naît au sud de Trébizonde , traverse une petite partiede l’Eyalet d’Erzeroum , passe parla ville de Baïbourd, et a son em-bouchure au-dessous de Bathouni.
Le Kizil-Irmak est fourni par deux cours différents, l’un qui vientdes confins de l’Eyalet de Siwas, c’est le cours oriental, l’autre quinaît sur le Hassan Dagh, c’est le cours méridional. Le fleuve séparealors les gouvernements de Siwas et d’Anatolie , passe à Osmandjiket à Bassra. Les anciens le nommaient Halys . Il séparait commetel la Phrygie de la Cappadoce , serpentait à travers la Galatie ,côtoyait le Pont et la Bythinie , et avait son embouchure près dugolfe d’Amise. Halyatte et Cyaxare I er se donnèrent sur ses bordsun combat mémorable en 597, avant J.-C. '.
Le Jezil-Irmak naît au sud de Tokat , arrose le Siwas, et y passe àTokat , où il porte le nom de Tokat-Som. Son embouchure, commecelle du Iïizil-Irmak, est au-dessous de Samsoun . Quand au Sa-garias, l’ancien Sangarius qui séparait lesThyni des Mariandines,il traverse l’Eyalet d’Anatolie , et reçoit à gauche le Pursak, quipasse par lîutaieh ; il avait autrefois son embouchure à Sangarias.
Le Nicabitza n’a qu’un cours fort peu étendu; il traverse le
' Ce combat fut interrompu par une éclipse qu'avait prédite ou calculée Thalès de Milet .
sandjakat de Khodavend-Khiar, en Anatolie , et se grossit du Ni-loufer, qui, dans son cours, avoisine Broussa, l’antique Pruse deBythinie .
C'est près de Kaissaryeh que naît le Sihoun; il porte alors le nomde Tchaked-Soui, puis traverse le gouvernement d’Adana, et serend dans la Méditerranée . 11 ne faut pas le confondre avec legrand Si-Houn, ou sir Daria, qui est l’Iaxartes des anciens, et sejette dans la mer d’Aral. Le Djihoun traverse le même Eyalet d’A-dana, reçoit la rivière de Marasch, et se rend dans le golfe d’Alex-andrette. L’Asi, fameux dans l’antiquité sous le nom d’Axius oud’Oronte , prend sa source dans le Djebel-el-Chaïk ou Anti-Liban ,traverse la partie nord de l’Eyalet de Damas et le gouvernementd’AIep, et baigne Hems, Hamali et Antakia ou Antioche . CommeOronte , il débouchait peu loin de Séleucie.
Le Kedous ou Sarabat naît dans le Mourad-Dagh. sur les pentesnord du Taurus , il arrose les Siwas de Koutaieh et de Saroukhanen Anatolie , passe non loin de Magnésie, et se rend dans le golfede Smyrne , où il tombe au nord de la commerçante ville de cenom. Enfin, le Mendres, si renommé sous le nom de Méandre,pour les cygnes qui habitaient ses eaux, naît aussi dans une chaînedu Taurus. Il passe près de Guzil-Hissar, dans l’Eyalet d’Anatolieetlesandjak d’Aiden, puis, après des détours innombrables, il sejette dans l’Archipel au sud de Samos .
B. -GOLFE PERSIQUE , SON BASSIN OTTOMAN ET ARABIQUE.
Le golfe Persique , est une des grandes avancées de 1 Océan Indien . II s’étend sur la côte sud de l’Asie , entre la Perse au nordet à l’est, la Turquie asiatique, au nord-ouest, et 1 Arabie à l’ouest.Il débouche dansla mer d’Oman, par le détroit d’Ormutz. Sa latitudeest entre 25° 50' et 50 degrés septentrionaux. Sa longitude estentre 45° et 55° 50’ vers l’orient. On peut évaluer sa surface à405,000 kilomètres carrés. On lui donne quelquefois le nom demer Verte, les anciens l’appelaient mer Erythrée , la confondantainsi avec la mer Rouge et la mer des Indes. Les habitants de sescôtes le désignent aujourd’hui sous le nom de golfe de Balgora.Le principal affluent turc du golfe Persique est le Chat-el-Arab , quis’y jette par des embouchures nommées Kossissa-Bouni, après unparcours d’environ 200 kilomètres du nord-ouest au sud-est. Ce