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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

AO

fleuve est formé de la réunion des deux célèbres lleuves de lEu­ phrate et du Tigre , qui se joignent à Kornac.

LEuphrate est un des fleuves les plus célèbres du globe. On peutle regarder comme un des plus anciennement formés puisquil ar-rosait la demeure des premières familles humaines. Selon les géo-graphes de lantiquité, il prenait sa source dans une province delArménie orientale, nommée Caranitide; il traversait la Moxoèue,la Chorzane, passait entre la Sophène et la Cappadoce , for-mait du côté de loccident la limite de la Mésopotamie , et arrosaitla Babylonie et la Chaldée. Samosate , Zeugma, Nicéphorie, Cirsé-sium , Cunaxa, Ctesiphon , Babylone se trouvaient sur ses bords.Dans cette dernière, un passage voûté, sous ses eaux, conduisaitselon Strabon,du palais du roi au temple deBélus. Chacun saitcomment Cyrus le détourna pour semparer de la première citéhumaine. Ce fleuve, fécondateur comme le Nil , déposait chaqueprintemps sur ses rives un précieux limon et des travaux régulari-saient ses inondations périodiques : un de ces ouvrages lunissaitau Tigre , quil recevait dailleurs, ainsi que le Chaboras et leChoaspe. Ce canal de communication sappelle aujourdhui Chat-el-Hié.

Nos géographes modernes placent la source de lEuphrate dansles montagnes de lArménie orientale, près de Diadin. Il portealors le nom de Mourad-Chaïet sappelle Euphrate après sa réunionavec un cours d'eau qui lui afflue du nord-est dErzeroum , et quonnomme le Frat. Les pachaliks dErzeroum , de Diarbekir , deSiwas,de Marach , de Bagdad et de Bassorah sont fertilisés par son cours.Semisat, Bir, Beles, Rakka , Kerkisieh, Anna , Hit, Hilla , Dava-nieh , Samara embellissent ses rives; leKarasou dAsie , lErzen, leMourad-Tchaï, le Khabour et le Tigre lui portent le tribut de leurseaux. Il suit dans sa marche les pentes tantôt rapides, tantôt lenteset douces que la nature lui a tracées. Impétueux dans les montsTaurus, il est tranquille et modéré dans les plaines de la Mésopo­ tamie ou de lAl-Djézireth , cest-à-dire de cette grande île qui estcomprise entre ses rives et celles du Tigre . Enfin, il est appelé àjouer un grand rôle dans le système immense de communicationsquà créé le génie des modernes. Les Anglais y ont établi un servicede bateaux à vapeur, à laide duquel le passage de lAngleterre àBombay est possible en 46 jours, et celui de Bombay en Angleterredans lespace de 52. Ces bateaux ne parcourent pas tout le fleuve.Ils le remontent depuis Bombay, jusquà Mohammera. des pos-tes de dromadaires reçoivent les dépêches et les marchandises etles portent, soit à Damas , soit à Beyrouth . Cette création des anglais se lie intimement avec leurs desseins sur la Syrie et sur listhme deSuez. Quand ils se seront assuré le passage de listhme et la domi-nation dans la Syrie , les Indes et lAngleterre se donneront pourainsi dire la main à travers lAfrique et lEurope .

Le Tigre est le Didjleh des Arabes. Il fut un temps, selon latradition, il avait une embouchure particulière: il est commelEuphrate formé de deux branches, le Chat et leKabour, et naîtsur le versant oriental du Taurus, près de Diarbekr , dont il traverseune portion du pachalik. Cette ville, de même que Mossoul ,Bagdad et Korna, sélève sur ses rives ; il arrosait autrefoisAmida, Ninive la grande, Séleucie et Apamée, il se jetait danslEuphrate ; ses eaux ont un principe bitumineux très-prononcé.

Cest, comme nous lavons dit, la réunion de ce fleuve et delEuphrate , qui forme le Chat-el-Arab : il a environ douze centquarante kilomètres de parcours, et lEuphrate onze cent vingt-cinq. Les orientaux le regardent comme la branche principale;enfin le Chat-el-Arab communique par des canaux avec le Karoun,que bien des auteurs ont regardé comme une de ses dépendances.

LA MER CASPIENNE , SON BASSIN.

La mer Caspienne se divisait autrefois en deux parties, lune à

lorient, que lon nommait mer Hyrcanienne, lautre à loccident,que lon appelait mer Caspienne ; cest un véritable lac salé, maiscependant dune salure moins forte que celle de lOcéan. On nyconnaît ni flux ni reflux, et éloignée de toutes les mers, elle na avecaucune de communication apparente: lévaporation à laquelle elleest soumise finira par la diminuer considérablement, et la retraitede ses eaux est déjà sensible : ce nest pas lui donner une tropgrande étendue que de lui assigner soixante-quinze mille kilomètrescarrés de superficie; ses côtes orientales et ses côtes septentrionalessont occupées par les établissements russes; ses rivages méridionaux appartiennent à la Perse, et ses bords orientaux forment une partiedu Turkestan indépendant. On saccorde généralement à regarderson niveau comme fort inférieur (environ cent vingt mètres) à celuide lOcéan. On y trouve partout le fond, et la sonde ne donne jamaisplus de cent quarante mètres de profondeur.

Cet immense lac est naturellement alimenté par un vaste systèmede hauteurs, et son bassin est plus étendu que celui du golfe Per-sique: le Volga ou Rha des anciens, lOural , le Kour ou Cyrus, leTerek sont ses affluents les plus considérables; le Kour seul appar-tient à lAsie turque. 11 naît dans le pachalik dErzeroum , traversele pachalik de Tchildir, il devient ensuite un fleuve russe et se jettecomme tel dans la mer Caspienne après sêtre grossi de lAras, dontla source est presque sœur de la sienne, et qui est lancien Araxe .

Enfin dautres fleuves de lAsie turque nont point de bassinsmaritimes: ce sont en particulierlArden, leKoueïk et le Baradi.

LArden ou Nahr-el-Arden, ou encore comme lappellent lesArabes , Nahr-el-Charia, est le fleuve sacré de la religion chrétienne ,là jamais célèbre Jourdain : il a sa source dans le Djebel-el-Cheik,coule au sud, traverse le Bahr-el-Hélou , qui est lancien lac deGenésareth, le lac de Tabarieh, qui est lancien lac de Tibériade etse jette dans la mer Morte après un cours de deux cent cinquantekilomètres et généralement dun très-faible volume.

Tout le monde sait que Sodome et Gomorrho se trouvaient surles bords de la mer Morte ; on la nommait ainsi à cause de lépais-seur et du calme stagnantde ses eaux : leur qualité bitumineuse luiavait fait aussi donner le nom de lac Asphallite. Dautres coursdeau de la Palestine y affluent avec le Jourdain ; mais, comme letorrent deCédron, ils sont peu considérables ; cest selon les Arabesla mer de Loth ou Dahr-el-Loud ; ils la nomment aussi Olou-Deguize. Elle sétend entre 59 ° 56 et 44 ° 50 de latitude nord, et55 » 50 de longitude orientale ; sa largeur est denviron vingt-cinqkilomètres, sa longueur de cent.

Le Koueïk naît dans les montagnes au sud dAïntab , passe parAlep et se jette dans le lac Kinkoin ; enfin le Baradi ou Bahr-Hadidescend de lAnti-Liban , passe à Damas et se rend dans le lacBohaïra t-el-Ma rdj.

MER ROUGE , OU GOLFE ARABIQUE .

Le golfe Arabique peut jusquà un certain point être regardécomme une mer turque, comme baignant lArabie les Ottomans ont des possessions. Cest un grand golfe situé entre lEgypte etlAbyssinie à louest, et lArabie à lest; une barrière qui nest pasinsurmontable le sépare de la Méditerranée, cest listhme de Suez.Au sud, il communique par le détroit de Bab-el-Mandeb avec lamer des Indes ; nul cours deau important ne sy jette, ce qui tientà la configuration de lAbyssinie et de lEgypte et à la nature du solarabique. La couleur rougeâtre du sable de ses bords lui a fait don-ner le nom quelle porte. Les anciens lappelaient Erythræum Mare.Aujourdhui peu commençante, la mer Rouge fut sous les Pha­ raons , sous les Ptolémées , sous les Khalifes et même sous les ma-meluks une voie très-fréquentée de communications commerciales.Le vice-roi actuel dÉgypte parait vouloir la faire sortir de

son