Karte 
Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
Entstehung
Seite
41
JPEG-Download
 

DE LEMPIRE OTTOMAN .

41

néant momentané. Des bateaux à vapeur et dautres navires y font larges golfes, celui de Suez à louest, celui dAkaba à lest. Grâceun service desurveillance et de dépêches. Sa longueur est denviron au chemin de fer que les Egyptiens font actuellement construire,2,600 kilomètres, sa largeur moyenne de 240. Elle forme deux on pourra la regarder comme une dépendance de la Méditerranée .

5. AFRIQUE OTTOMANE.

ISTHME DE SUEZ; DASSIN DU NIE.

Cest listhme de Suez qui joint les possessions ottomanes delAsie à celles de lAfrique . Cest aussi cet isthme qui réunit lAfri­ que et lAsie , et qui empêche la mer des Indes de correspondre avecla Méditerranée . Un canal maritime qui donnerait passage à traversses sables , rapprocherait de près de 2,000 lieues lEspagne et laFrance des Indes. On a essayé; mais comment lutter contre lessables. Cependant les ouvriers de Néchao parvinrent, au moins, àcreuser un canal qui allait du Nil à Suez, lancienne Arsinoé , àlextrémité nord du golfe. Ce canal avait 150 kilomètres de lon-gueur et établissait une communication entre les deux mers. Dariusfils dHystaspe, y mit la dernière main, puis il fut négligé; maisaprès la fondation d'Alexandrie , les Ptolémées durent songer à lerétablir. Cest ce que réalisa Ptolémée Philadelphe. Les Romainssen servirent ; cependant quand les Arabes firent la conquête delÉgypte , les sables lavaient envahi. Omar et Amrou le firent re-creuser; mais en 767, le prédécesseur du grand khalife Aroun ,ordonna quil fût comblé. On suit encore aujourdhui la trace dece canal.

Les mers qui baignent les possessions ottomanes de lAfrique sont la mer Rouge , que nous avons nommée déjà, et la mer Médi­ terranée . Cette dernière ne prend point, sur les côtes dAfrique , denoms particuliers. Les anciens appelaient merde Lybie , celle deses parties qui baignait la Crète au sud. On distingue sur la côte deTripoli , le golfe de la Sydre ou de la Syrthe, et le golfe de Gabès,entre Tripoli et la côte de Tunis . Le cap Blanc, dans létat de cenom , est le plus septentrional de lAfrique . Il faut nommer aussiceux de Messrata et de Rata , dans la régence de Tripoli et le capBurlos, à lextrémité septentrionale du Delta du Nil .

La Méditerranée ne reçoit de lAfrique quun seul grand fleuve ,cest le Nil . Parmi ceux qui appartiennent à Tunis ou à Tripoli , onne peut guère citer que la Medjerdab qui naît, dans lAtlas , auxmontagnes deHanalak, en Algérie , traverse létat de Tunis et dé-bouche au sud de Porto-Farina. Labsence de grands cours deausur la côte septentrionale de lAfrique , sexplique parfaitement aumoyen de la configuration de cette côte, bordée, très-près de lamer, par une chaîne darides montagnes, derrière lesquelles, ausud , sétendent des déserts brûlés par les chaleurs tropicales. Nousnavons doue ici à nous occuper que du Nil .

Suivant P opinion des anciens, confirmée par les modernes, leNil , ce dieu fécondateur de lÉgypte , ce fleuve mystérieux dont lascience na pas encore visité les sources 1 , naît au sud du pays deDarfour , dans les monts ou le plateau dAl-Kamar, anciennementde la Lune , vers 39° 10 de longitude est, 7° 45 de latitude nord.Il coule dabord à lest et au nord-est, sous le nom de fleuve Blancou Bahr-el-Abiad , et se dirige ensuite en plein nord. Cest sous lenom de fleuve Blanc quil arrose le pays des Chelouks, le Denka ,le Dar-el-Aize. 11 reçoit dabord le Maleg, qui selon les conjecturesdes savants, prend sa source dans le plateau deNarca. Le Bahr-el-Azreth lui vient ensuite apporter son tribut. Ce grand cours est lefleuve Bleu , que lon a regardé longtemps comme étant le Nil lui-même, et auquel on a donné aussi le nom dAstapus .

1 De le proverbe ou jeu de mots, A Hli quœrere caput.

Ce grand affluent du Nil naît dans le pays des Agows en Abys-sinie , se précipite dans le grand lac de Dembea , auquel il sertdécoulement, et traverse les contrées de Gojam , de Damot enAbyssinie. U quitte cette terre fameuse pour arroser le Sennaar etsa ville principale. Le Dender et le Rahad affluent à sa droite,le Jabaous et le Tournât, qui arrose le Darfoc et le Quamamyl,à sa gauche. Le Tacazzé se joint ensuite au fleuve Blanc.

Cest seulement après sa réunion avec le fleuve Bleu et le Ta-cazzé, que le fleuve Blanc prend le nom de Nil . Ainsi appelé, ildescend majestueusement à travers la Nubie , Halfay, Chendy,Damer, Dongola et Derr sabreuvent à ses eaux. Alors, tombantdes rochers de Philæ , qui lui font former une de ses cinq cata-ractes , il entre dans cette Égypte qui en a fait si longtemps sonDieu , et dont il est en effet le nourricier préposé par la Provi-dence *. Syène , Esné, Luxor , lancienne Thèbes , Karnak, Gour-nah , Kené, Girgeh, Syout, Monfalouh, Minieh, Atfyli, les ruinesde Memphis et le Caire , sélèvent successivement, et à partir dusud, sur ses bords limoneux . Au dessous du Caire il se partageen deux bras, par 30° 12 de latitude nord. Les deux branches deRosette et de Damiette , qui forment le fameux Delta du Nil , don-nent elles-mêmes, par leurs ramifications, naissance à sept brasqui se jettent dans la Méditerranée par sept bouches, celles quelon nomme aujourdhui bouches du lac dEkdou, de Rosette, dulac de Bourlos, de Damiette , de Dibeh, de lOm -Fareg et de Zi-neh, et qui portaient chez les anciens les noms de bouches Cano-pique, Bolbitine, Sébennythique, Phatnilique, Mendésienne, Tani-tique et Pélusiaque. La bouche Canopique et la bouche Phatnitiqnesont les plus considérables ; leurs branches se nommaient autre-fois lAgathodæmon et lAthribitique, et formaient le grand Delta,tandis quentre elles lAlhribitique et la branche de Péluse for-maient le petit Delta.

La vallée du Nil est célèbre par sa longueur et sa régularité:elle est profonde, mais étroite. Tout le monde sait quaprès lespluies dété le fleuve grossit, déborde et fertilise la campagne, dansla Basse et la Moyenne Égypte . Des rives élevées le retiennentdans la Haute Egypte . Lexistence de ces contrées dépendant presquetoute de linondation du Nil , les gouvernements qui ont présidé àleurs déstinées ont toujours cherché à régulariser et à propagerlinondation au moyen de canaux. Parmi ces derniers nous nom-merons surtout le canal de Joseph, Calideh Menhi, naviguaStrabon , sil est vrai que ce canal soit lancien canal Oxvrinchus ;le Béni Ady qui communique avec le Calideh Menhi ; le Bahr-el-Wady, creusé dans le roc; le canal de Dainanhour; le canal Bahyreh,qui fait communiquer la branche de Rosette avec le lac Marvouth ;le canal deMenouf, le canal Abu-Meneggy, et ce prodigieux canalde Cléopâtre , que Mehemet-Ali a rétabli sous le nom de Mahmoudy,pour joindre le Nil au vieux port dAlexandrie .

On mesurait dailleurs les inondations du Nil à laide dun in-strument appelé nilomètre, Il fallait, pour que lÉgypte vécût ensécurité, que sa hauteur atteignit et ne dépassât pas seize coudées.Au-dessous, il y avait sécheresse ; au-dessus, désastres et quelque-fois peste. Aussi les impôts nétaient-ils exigés que proportionnel-

1 Voy. Homère , Odyss. 1. 1i, v. 258.

11