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néant momentané. Des bateaux à vapeur et d’autres navires y font larges golfes, celui de Suez à l’ouest, celui d’Akaba à l’est. Grâceun service desurveillance et de dépêches. Sa longueur est d’environ au chemin de fer que les Egyptiens font actuellement construire,2,600 kilomètres, sa largeur moyenne de 240. Elle forme deux on pourra la regarder comme une dépendance de la Méditerranée .
5. — AFRIQUE OTTOMANE.
ISTHME DE SUEZ; DASSIN DU NIE.
C’est l’isthme de Suez qui joint les possessions ottomanes del’Asie à celles de l’Afrique . C’est aussi cet isthme qui réunit l’Afri que et l’Asie , et qui empêche la mer des Indes de correspondre avecla Méditerranée . Un canal maritime qui donnerait passage à traversses sables , rapprocherait de près de 2,000 lieues l’Espagne et laFrance des Indes. On a essayé; mais comment lutter contre lessables. Cependant les ouvriers de Néchao parvinrent, au moins, àcreuser un canal qui allait du Nil à Suez, l’ancienne Arsinoé , àl’extrémité nord du golfe. Ce canal avait 150 kilomètres de lon-gueur et établissait une communication entre les deux mers. Dariusfils d’Hystaspe, y mit la dernière main, puis il fut négligé; maisaprès la fondation d'Alexandrie , les Ptolémées durent songer à lerétablir. C’est ce que réalisa Ptolémée Philadelphe. Les Romainss’en servirent ; cependant quand les Arabes firent la conquête del’Égypte , les sables l’avaient envahi. Omar et Amrou le firent re-creuser; mais en 767, le prédécesseur du grand khalife Aroun ,ordonna qu’il fût comblé. On suit encore aujourd’hui la trace dece canal.
Les mers qui baignent les possessions ottomanes de l’Afrique sont la mer Rouge , que nous avons nommée déjà, et la mer Médi terranée . Cette dernière ne prend point, sur les côtes d’Afrique , denoms particuliers. Les anciens appelaient merde Lybie , celle deses parties qui baignait la Crète au sud. On distingue sur la côte deTripoli , le golfe de la Sydre ou de la Syrthe, et le golfe de Gabès,entre Tripoli et la côte de Tunis . Le cap Blanc, dans l’état de cenom , est le plus septentrional de l’Afrique . Il faut nommer aussiceux de Messrata et de Rata , dans la régence de Tripoli et le capBurlos, à l’extrémité septentrionale du Delta du Nil .
La Méditerranée ne reçoit de l’Afrique qu’un seul grand fleuve ,c’est le Nil . Parmi ceux qui appartiennent à Tunis ou à Tripoli , onne peut guère citer que la Medjerdab qui naît, dans l’Atlas , auxmontagnes deHanalak, en Algérie , traverse l’état de Tunis et dé-bouche au sud de Porto-Farina. L’absence de grands cours d’eausur la côte septentrionale de l’Afrique , s’explique parfaitement aumoyen de la configuration de cette côte, bordée, très-près de lamer, par une chaîne d’arides montagnes, derrière lesquelles, ausud , s’étendent des déserts brûlés par les chaleurs tropicales. Nousn’avons doue ici à nous occuper que du Nil .
Suivant P opinion des anciens, confirmée par les modernes, leNil , ce dieu fécondateur de l’Égypte , ce fleuve mystérieux dont lascience n’a pas encore visité les sources 1 , naît au sud du pays deDarfour , dans les monts ou le plateau d’Al-Kamar, anciennementde la Lune , vers 39° 10’ de longitude est, 7° 45’ de latitude nord.Il coule d’abord à l’est et au nord-est, sous le nom de fleuve Blancou Bahr-el-Abiad , et se dirige ensuite en plein nord. C’est sous lenom de fleuve Blanc qu’il arrose le pays des Chelouks, le Denka ,le Dar-el-Aize. 11 reçoit d’abord le Maleg, qui selon les conjecturesdes savants, prend sa source dans le plateau deNarca. Le Bahr-el-Azreth lui vient ensuite apporter son tribut. Ce grand cours est lefleuve Bleu , que l’on a regardé longtemps comme étant le Nil lui-même, et auquel on a donné aussi le nom d’Astapus .
1 De là le proverbe ou jeu de mots, A Hli quœrere caput.
Ce grand affluent du Nil naît dans le pays des Agows en Abys-sinie , se précipite dans le grand lac de Dembea , auquel il sertd’écoulement, et traverse les contrées de Gojam , de Damot enAbyssinie. U quitte cette terre fameuse pour arroser le Sennaar etsa ville principale. Le Dender et le Rahad affluent à sa droite,le Jabaous et le Tournât, qui arrose le Darfoc et le Quamamyl,à sa gauche. Le Tacazzé se joint ensuite au fleuve Blanc.
C’est seulement après sa réunion avec le fleuve Bleu et le Ta-cazzé, que le fleuve Blanc prend le nom de Nil . Ainsi appelé, ildescend majestueusement à travers la Nubie , où Halfay, Chendy,Damer, Dongola et Derr s’abreuvent à ses eaux. Alors, tombantdes rochers de Philæ , qui lui font former une de ses cinq cata-ractes , il entre dans cette Égypte qui en a fait si longtemps sonDieu , et dont il est en effet le nourricier préposé par la Provi-dence *. Syène , Esné, Luxor , l’ancienne Thèbes , Karnak, Gour-nah , Kené, Girgeh, Syout, Monfalouh, Minieh, Atfyli, les ruinesde Memphis et le Caire , s’élèvent successivement, et à partir dusud, sur ses bords limoneux . Au dessous du Caire il se partageen deux bras, par 30° 12’ de latitude nord. Les deux branches deRosette et de Damiette , qui forment le fameux Delta du Nil , don-nent elles-mêmes, par leurs ramifications, naissance à sept brasqui se jettent dans la Méditerranée par sept bouches, celles quel’on nomme aujourd’hui bouches du lac d’Ekdou, de Rosette, dulac de Bourlos, de Damiette , de Dibeh, de l’Om -Fareg et de Zi-neh, et qui portaient chez les anciens les noms de bouches Cano-pique, Bolbitine, Sébennythique, Phatnilique, Mendésienne, Tani-tique et Pélusiaque. La bouche Canopique et la bouche Phatnitiqnesont les plus considérables ; leurs branches se nommaient autre-fois l’Agathodæmon et l’Athribitique, et formaient le grand Delta,tandis qu’entre elles l’Alhribitique et la branche de Péluse for-maient le petit Delta.
La vallée du Nil est célèbre par sa longueur et sa régularité:elle est profonde, mais étroite. Tout le monde sait qu’après lespluies d’été le fleuve grossit, déborde et fertilise la campagne, dansla Basse et la Moyenne Égypte . Des rives élevées le retiennentdans la Haute Egypte . L’existence de ces contrées dépendant presquetoute de l’inondation du Nil , les gouvernements qui ont présidé àleurs déstinées ont toujours cherché à régulariser et à propagerl’inondation au moyen de canaux. Parmi ces derniers nous nom-merons surtout le canal de Joseph, Calideh Menhi, où naviguaStrabon , s’il est vrai que ce canal soit l’ancien canal Oxvrinchus ;le Béni Ady qui communique avec le Calideh Menhi ; le Bahr-el-Wady, creusé dans le roc; le canal de Dainanhour; le canal Bahyreh,qui fait communiquer la branche de Rosette avec le lac Marvouth ;le canal deMenouf, le canal Abu-Meneggy, et ce prodigieux canalde Cléopâtre , que Mehemet-Ali a rétabli sous le nom de Mahmoudy,pour joindre le Nil au vieux port d’Alexandrie .
On mesurait d’ailleurs les inondations du Nil à l’aide d’un in-strument appelé nilomètre, Il fallait, pour que l’Égypte vécût ensécurité, que sa hauteur atteignit et ne dépassât pas seize coudées.Au-dessous, il y avait sécheresse ; au-dessus, désastres et quelque-fois peste. Aussi les impôts n’étaient-ils exigés que proportionnel-
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