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ATI, A S
lement à la marche du lleuve. Des animaux féroces, comme lecrocodile; des animaux sacrés, comme richneumon; un colosse dela création, l’hippopotame, habitaient les eaux du Ail dans l’anti-quité. On trouvait enfin sur ses bords, ou sur les bords de ses ca-naux, à partir du sud, les villes célèbres d’Éléphantine , Syène ,Apollinopolis superior et inferior, Hieraconpolis, Latopolis, Thèbes llécatompyle, Abydos , qui a disparu dans les sables, This, Ptolé-maïs, Chemnis ou Panopolis , Lycopolis , Hermopolis , Oxyrinchus,où l’on honorait le poisson à nez pointu, Héracléopolis, Crocodi-lopolis, Memphis, résidence des Pharaons et ville des Pyramides,puis dans le Delta, Cercasore, vis-à-vis de Babylone , Héliopolis ,Athribis, Bubaste, Léontopolis, Tanis , Pbarbœtus, Daphné, Mag-dole, Sebennitys, Busiris, Butus, Monempbis, Sais, où se voyaitle temple monolithe amené en trois ans des carrières de Syène ;Naucratis, comptoir du commerce grec; Canope, maintenant Abou kir , No-Ammon, sur l’emplacement qu’occupa ensuite Alexandriela Grande, Marea, Anysis, Siuph, où naquit Amasis , Ramesses etCabasa.
RÉGION DU MAGREIi.
Il nous reste à dire un mot des cours qui arrosent les parties sep-tentrionales de l’Afrique ottomane . Nous en avons nommé le prin-cipal dans le pays de Tunis . Ceux de l’ancienne régence d’Alger doivent aussi nous intéresser.
Ces cours, vu la direction des chaînes, n’ont pas grande impor-tance, et leur nature est torrentueuse. On marque comme le plusconsidérable le Chéliff, navigable depuis son confluent avec la Minaitjusqu’à la mer, c’est-à-dire environ un espace de huit lieues.Ce fleuve prend sa source sur les revers nord du grand Atlas, auSeboun-Aïoun, près du mont Onnennasiris, se dirige d’abord aunord-est, puis descend brusquement vers le nord-ouest, et, aprèsun assez long cours, se jette dans la mer au cap lri. Ses affluentsprincipaux sont, à partir de ce point, la Minah, l’Arun et le Fed-dah. L’Oued-Jer, ou Mazafran, encore moins important, traversela partie ouest de la Mélidja, près d’Alger . L’JsIser borde cette fer-tile pleine du côté opposé. L’oued-el-Rummel, l’ancien Ampsaga ,passe à Constantine et se jette dans la mer quelques lieues à l’est ducap Boujarone ; la Seybouse se jette dans le golfe de Bone ; la Tuscaou Zaine limite la province de Constantine et toute la régence versAlger . On ne saurait d’ailleurs faire une nomenclature complètede tous les ruisseaux, torrents, rivières qui se dirigent de l’Atlas,dans tous les sens, vers la mer, et contribuent partout à la fertilitédu sol. Nous nommerons seulement comme ayant reçu quelqueéclat des événements laTaffna, qui débouche dans le golfe d’Harsch-goone, à l'ouest de la province d’Oran ; la Sickakk , qui passe àTlemcen ; et son premier affluent, la Macta ou Shabrah, qui a sonembouchure près d’Arzew.
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — DEUXIÈME PARTIE. - OROGRAPHIE.
Les montagnes qui couvrent la superficie de la Turquie d’Eu rope appartiennent à un vaste système que les géographes appellentslavo-hellénique ou des Alpes orientales. Quelques orographes nereconnaissent pas ce système, et le regardent comme une grandedépendance du système alpique. Il s’y rattache en effet par les ter-rains élevés de la Croatie militaire.
C’est de là que part une chaîne principale qui traverse la Croatiemilitaire et la Dalmatie sous le nom d’Alpes Dinariques , qu’elledoit à l’ancien Adrius Mous, aujourd’hui Dinara ou Dinari et sonpic le plus élevé (2520 mètres). Elle serpente ensuite sur la Bosnie septentrionale, et entre l’Hertzégovine, le Monténégro et la HauteAlbanie du sud, sous le nom de monts Kublotin et de Nissava-Gora.De là elle sépare la Servie au nord et la Macédoine au sud, sousles noms de Tchardag, mot que l’on retrouve dans l’ancien Scar-dus, d’Argenlaro ou d’Egrisou Dag, qni indique l’ancien Orbelus.Enfin on la nomme Doubnitza, à l’endroit où elle portait autrefoisle nom de Scomius, et monts Balkans ou Emineg-Dag entre la Bul garie et la Roumélie , là où les anciens la connaissaient sous le nomd’Hémus. Ce nom lui venait d’Hémus, époux de Rhodope, et ca-ractérisait toute la partie de la chaîne qui s’étendait du Rhodope àla mer. De ses cimes, disait-on, il était possible de voir le soleil selever de la mer Noire et se coucher dans l’Adriatique .
A cette chaîne, dont les derniers anneaux se perdent dans la mer Noire , et que sa direction a fait nommer septentrionale, se ratta-chent trois chaînes secondaires, au moyen de trois nœuds placésl’un à Prisrend dans la Haute Albanie, l’autre à Koustendjil surla Doubnitza, le troisième près de Sélimno.
C’est du nœud de Prisrend ou du Tchar-Dag, où il est placé, quese ramifie cette chaîne, qui sous tant de noms célébrés par la poésiegrecque , couvre toute la péninsule hellénique. Elle renlermesans contredit les monts les plus fameux de la terre après le Sinaï etle Liban . Elle sépare l’Albanie et l’Épire de la Macédoine et de la
Thessalie ; ses rameaux couvrent l’Épirc, qui est montagneuse jus-qu’à la mer, tandis que la Thessalie forme comme un seul bassin en-touré d’un cercle de montagnes. De là elle traverse la Livadie etlance des éperons jusque dans la Morée.
EntreOchrida et Monaslir, on nomme cette chaîne monts Canda-viens; elle prend le nom de Gramnos ou de Mezzovo dans l’Épire,entreTricala et Janiria. Ce Mezzovo est l’ancien mont du Pinde , con-sacré aux Muses et à leur père Apollon . Dans l’ancienne Phocide lamême chaîne devient les monts Liacouru. Ce nom si peu poétiquedésigne pourtant le Parnasse des poètes, qui s’étendait d’Amphisse àTrachine, et qui porta d’abord le nom de Larnasse, parce que dansl’un des déluges grecs Deucalion se réfugia sur ses cîmes, au moyende sa Larnax ou arche analogue à celle de Noé. Comme le Pinde , leParnasse était consacré aux Muses, et de son sein sortait la sourcede Castalie. Enfin, dans l’ancienne Béotie, les monts Sagira sont lecélèbre et non moins poétique Hélicon , qui s’étendait depuis Thirisjusqu’à Thespies , et où se voyait la fontaine d’Hippocrène, le tom-beau d’Orphée , le fleuve Permesse, les grottes des nymphes Libé-thrides. Là aussi les chefs-d’œuvre des artistes grecs embellissaientun bois sacré. Pas une plante vénéneuse ne croissait sur celte mon-tagne des Muses, et leur temple y souriait à une végétation qui pas-sait pour la plus belle de la Grèce .
Nous nommerons encore le Taygète dans la Morée.
Au nœud de Koustendjil se ramifie le Pounhar-Dag; c’est l’an-cien Pangée, d’abord Caramanius, célèbre par ses mines d’or etd’argent, et qui se joignait près du Nestus au Rhodope. Vient en-suite le Monte Santo ou mont Athos , masse isolée qui s’élève à6560 pieds, et dont un artiste grec voulut façonner un colosse te-nant une ville dans sa main. Le Rhodope, ou aujourd’hui le Des-poto-Thag, est enfin une ramification de ce nœud; il sépare laMacédoine de l’ancienne Thrace .
Au nœud de Sélimno viennent se raccorder deux chaînes ouchaînons. La première court vers le nord, et forme dans la Bulga rie orientale les défilés de Chomnala. L’autre court vers le sud , et,