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sous le nom de monts S tanche, traverse la 'Pli race orientale. Làcette branche se partage en deux rameaux qui viennent expirer,l’une au détroit de Constantinople , l’autre aux Dardanelles .
La Dinara, haute, comme nous l’avons dit, de 2520 mètres; leTchar-Dag, qui en compte au moins 5200; l’Egrisou, qui surpasse2600; la Doubnilza, dont la hauteur approche de 2850 mètres,sont les points culminants du système slavo-hellénique. 11 ne fautpas non plus oublier d’y citer les monts Chaoniens dans l’Epire , aunord de l’ancienne Tesprothie ; les monts Acrocérauniens, aujour-d’hui monts Chimera, et sur lesquels les Grecs croyaient que lafoudre tombait de préférence; au nord-ouest de l’Epire , le Vo-lutza, le Lacha, jadis mont Olympe d’Europe , situé le long dugolfe thermaïque , sur lequel Jupiter convoquait les assemblées desDieux ; le Zagora, alors mont Pélion , l’OEta, qui formait les Ther-mopyles , si fameuses dans les annales de la liberté grecque. LeCythéron et tant d’autres aujourd’hui délaissés et dépouillés deleur antique poésie.
Enfin, les montagnes de l’ile de Candie ; celles des lies de l’Ar chipel et des îles de la mer Ionienne , se rattachent au systèmeslavo-hellénique. On distingue parmi elles le Psilirotte dans laCrète (c’est l’ancien et célèbre mont Ida ); les monts Delphis, dansl’île de Négrepont ; la Montagne noire dans Céphalénie; le montJupi ter dans l’ile de Naxos .
On pourrait d’ailleurs encore considérer comme tenant à laTurquie d’Europe une portion du système de montagnes que lesgéographes nomment Hercynio-Carpathien , et auquel appartienten partie le grand bassin du Danube . Mais décrire ce système seraitpar trop empiéter sur la géographie de pays plus ou moins limi-trophes de l’empire.
Climatologie.
Un géographe de premier ordre a fait, du climat du montHémus et de l’Archipel , une des grandes régions physiques del’Europe . Il range cette région, qui est pour lui la quinzième, entre55 et 45 degrés de latitude nord, et 55 cl 46 degrés de longitudeorientale.
Cette région comprend les montagnes de la Dalmatie , de laMacédoine , de la Romanie, avec les presqu’îles et toutes les îlesde la Grèce , y compris la Crète . Il la subdivise en région hémique,qui s’étend jusqu’à l’Acius; région albanique, qui comprendl’Albanie et la Dalmatie ; région pindo-liéliconienne, région duPéloponèse ; région des Cyclades ; celle delà Crète .
Les caractères physiques généraux de ces différentes régions sontles suivants :
4° Elévation des montagnes généralement inconnue. Cependant,depuis l’expédition scientifique de Morée, on a pour certaine lahauteur de plusieurs sommets; ainsi, dans les Alpes Dinariques ,outre ceux que nous avons mesurés déjà ,
Le Snisnik ou Snéeberg a
2,275
Le Klek, rocher,
2,111
Le Plisshvitza
1,750
Le mont Badanv
1,555
3,118
L’Athos
2,066
DANS LE RIIODOrE.
Le mont Menikiou a 1,946
DANS LE PINDE.
Le Mezzovo a 2,728
L’Othrys 1,949
L’Ossa 1,559
DANS LES ILES DE l'aRCHIPEI..
Le mont Jupi 1er a ] ,o()(i
Le mont Ida 2,559
Le Ligrestosowo (Candie) 2,508
Le second caractère , c’est qu’il n’est pas rare de voir de laneige pendant l’été dans ces régions ; ainsi il en tombe estivale-ment sur l’Hémus et même dans File d’Andros.
En troisième lieu, le vent d’est est frais, le vent du sud et dusud-est est malsain dans beaucoup de localités.
En quatrième lieu, les oliviers, les orangers, les myrtes crois-sent au sud du mont Hémus ; la vigne fleurit sur les rivages de lamer. Au reste, le climat varie de canton à canton , et Constanti nople , placé entre leTaurus et l’Hémus, a un hiver plus rigoureuxque Venise .
Enfin, si l’on descend vers les plaines du bas Danube , qui n’ap-partiennent pas à cette grande région , et qui relèvent de la dou-zième, on trouvera que la température de Galatsch en Moldavie esten moyenne de huit degrés neuf dixièmes, et l’on peut considérercette température comme la moyenne des basses vallées danu-biennes.
Nous ajouterons que l’empire ottoman d’Europe possède en ri-chesses minérales :
4 0 De l’argent dans la Macédoine , l’Albanie et la Bosnie ; maisces mines, très-riches dans l’antiquité, sont à peu près épuisées.
2° Du cuivre dans la Macédoine .
5° Du fer dans la Bulgarie , la Bosnie , la Macédoine .
4° Du sel commun en Moldavie et Valachie .
Les montagnes de cette partie de l'empire ottoman appartiennentà l’un des systèmes les mieux définis, à celui que les géographesdésignent sous le nom de système tauro-caucasien , appellation quiindique parfaitement la composition d’un vaste ensemble danslequel entrent le Taurus et le Caucase avec toutes leurs dépen-dances.
L’Arménie , la Haute Géorgie, et la plus grande partie de l’Ad-zerbeidjan, le Kourdistan et la partie orientale de l’Asie Mineure ,forment le noyau de cet immense système. C’est aux alentours queviennent se ramifier ses nombreuses chaînes ; il va mourir, d’uncôté, vers les steppes qui bordent l’isthme caucasien, de l’autre,dans le vaste enfoncement qui, dans sa partie basse, a reçu les eauxde la mer Caspienne et les eaux de la mer d’Aral. Au sud ses brasextrêmes se perdent dans les déserts de la Perse et de l’Arabie; àl’ouest ils vont joindre les profondeurs du golfe Persique , de la mer Méditerranée , de l’Archipel et de la mer Noire .
Le groupe caucasien se détache, à la première inspection, de cevaste système. Il comprend toutes les montagnes qui s’étendent aunord de Kour et du Rioni , depuis la mer Caspienne jusqu’à la mer Noire . Sa chaîne principale s’étend depuis la péninsule d’Abché-ron, sur la mer Caspienne , jusqu’aux environs de la forteressed’Anapa , sur la mer Noire . Une autre chaîne sillonne la Crimée et appartient à l’Europe : le Tchar-Dag, dans celte dernière, ethaut de 790 toises, l’Elbrouz , au nord de Koutaïsi et haut de2800 toises; le Mequinwari ou Kazbeck, haut de 2400 toises, etdont le pic est composé de porphyre; le Chat-Abrouz, sur les con-fins du Daghestan , sont les points culminants de ce groupe.
C’est le plus grand développement du Caucase, depuis la mer Noire ; il sépare, au moyen de sa ligne de faîtes, l’Europe del’Asie . Il a une longueur directe de 242 lieues, et une ligne si-