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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

mités avec lenceinte delà ville, sépare celle-ci du séraï; onia fran-chit par huit portes. La porte de la ville appelée Bagtché Kapoussi,ou porte des Jardins, est toujours ouverte pour les Francs .

Constantinople est la capitale de lempire ottoman , cest pres-que lempire lui-même. résident le gouvernement central lesultan, les ministres du diwan, le chef suprême de la loi. est con-centrée presque toute larmée régulière.

Les mahallé , ou grands quartiers de Constantinople , sont aunombre de 56, divisés en 518 quartiers. Les mahallé extérieurs oufaubourgs sont au nombre de 8 , divisés en 157 quartiers, surlesquels Scutari en a à lui seul 52.

Un nombre considérable dédifices de toutes sortes, et dont beau-coup sont fort célèbres, sy élèvent de toutes parts. On doit nommer,selon de Hammer, 877 mosquées ; il ny en existe en réalité que546, dont 4 9 impériales; savoir, Sainte-Sophie , Sultan Achmet,Souleïmanié, Osmanyé, Mohammedyé, celle de Bajazet II , de Se-lim 1 er , dEyoub, de Laleli, de la sultane Validé , mère de Maho-met IV, de la sultane Validé, mère de Mustapha II, de Chaz-Zadi,dAbdoul-Hamid. Sainte-Sophie est assurément la plus célèbre deces mosquées. Constanlin-le-Grand en jeta les fondements; Arca-dius et Théodose-le-Jeune la rebâtirent; mais elle doit tout sonéclat à Juslinien-le-Grand , qui la fit encore réédifier par Isidore de Milet .

« Cest, dit notre grand poëleA. de Lamartine , qui a joui du privi-lège de la visiter avec un ambassadeur nouvellement arrivé à Cons­ tantinople , un des plus vastes édifices que le génie des Chrétiens aitfait sortir de la terre; maison sent à la barbarie de lart quia présidéà celte masse de pierre, quelle fut lœuvre dun temps de corrup-tion et de décadence. Cest le souvenir confus et grossier dun goûtqui nest plus, cest lébauche informe dun art qui sessaie. Letemple est précédé dun large péristyle, couvert et fermé commecelui de Saint-Pierre de Rome. Des colonnes de granit dune pro-digieuse élévation , mais encaissées dans les murailles et faisantmassif avec elles, séparent ce vestibule du parvis; une grande porteouvre sur lintérieur. Lenceinte de léglise est décorée sur les flancsde superbes colonnes de porphyre , de granit égyptien et de marbresprécieux; mais ces colonnes de proportion et dordres divers, sontévidemment des débris empruntés à dautres temples , et placés,sans symétrie et sans goût, comme des barbares font supporter unemasure par les fragments mutilés dun palais. Des piliers gigantes-ques, en maçonnerie vulgaire, portent un dôme aérien, comme celuide Saint-Pierre, et dont leffet est au moins aussi majestueux. Cedôme, revêtu jadis de mosaïques qui formaient des tableaux sur lavoûte, a été badigeonné quand Mahomet II sempara de Sainte-So­ phie pour en faire une mosquée. Quelques parties de lenduit sonttombées, et laissent réapparaître lancienne décoration chrétienne .Des galeries circulaires , adossées à de vastes tribunes, régnent au-tour de la basilique, à la hauteur de la naissance de la voûte. Las-pect de cet édifice est beau de. Vaste et sombre, sans ornement,avec ses voûtes déchirées et ses colonnes bronzées, il ressemble à lin-térieur dun tombeau colossal dont les reliques ont été dispersées.On dirait un grand karavansérail de Dieu .

Les sept autres grandes mosquées de Constantinople sont moinsvastes, mais infiniment plus belles. Elles se ressemblent toutes àla grandeur et à la couleur près : elles sont précédées de grandescours entourées de cloîtres sont les écoles et les logements desimans. Des arbres superbes ombragent ces cours, et de nombreusesfontaines y répandent le bruit et la fraîcheur voluptueuse de leurseaux. Des minarets dun travail admirable sélèvent comme quatrebornes aériennes aux quatre coins de la mosquée. Us sélancent au-dessus de leurs dômes ; de petites galeries circulaires, avec un para-pet de pierre sculptée à jour comme de la dentelle , environnent àdiverses hauteurs le fût léger du minaret ; se place le muezzin qui

crie lheure et appelle la ville à la pensée constante du mahométan:la pensée de Dieu . Un portique à jour sur les jardins et sur les cours,et élevé de quelques marches, conduit à la porte du temple. Letemple est un parvis carré ou rond , surmonté dune coupole por-tée par délégants piliers ou de belles colonnes cannelées. Une chaireest adossée à un des piliers. La frise est formée par des versets dukoran, écrits en caractères ornés sur le mur. Les murs sont peintsen arabesques; des fils de fer traversent la mosquée dun pilier àlautre , et portent des multitudes de lampes, des œufs d'autruchesuspendus, des bouquets dépis ou de fleurs. Des nattes de jonc etde riches tapis couvrent les dalles du parvis. Leffet est simple etgrandiose : ce nest point une maison habite Dieu , cest unemaison de prière et de contemplation. »

Parmi les autres mosquées, celle du sultan Achmet se distinguepar ses six minarets , après la construction desquels il fallut ajou-ter un septième minaret à la grande mosquée de la Mecque ; celledeSouleïman contient le tombeau du rival de Charles-Quint , et letombeau delà fameuse sultane Tchourrem ou Roxelane . Sélymniésélève sur une colline escarpée d lon embrasse une vue magnifi-que. La mosquée des églises est lancien couvent du Pantocrator ,qui devait sa fondation au vieil AnastaseDycore. Enfin, celle de Ma-homet-el-Fatyh sélève sur lemplacement de limmense église desSaints-Apôtres. Un grand nombre dédifices religieux décorent aussiles faubourgs; tels sont Sali-Bazari, Katanyé, la mosquée dAoussi-Effendi, celle de Foundouklii dans ceux dEurope , celles de Mo-hammet-Pacha et de la sultane Validé, à Scutari .

Constantinople , comme toutes les grandes capitales, compte uncertain nombre de palais. Nous citerons en première ligne Alk-Séraï, ou Vieux-Séraï, fondé par Mahomet II , proche de la mosquéede Souleïman, et habite aujourdhui lesérasker ; le Nouveau-Sé-raï, pendant si longtemps la demeure des sultans ottomans , et quioccupe toute la pointe de la péninsule constantinopolitaine ; le pa-lais de Dolma-Bagtché, ou deBeschik-Tasch, delautre côté du port,aujourdhui la résidence du sultan; le palais de Beygler-Bey, surla côte DAsie, et se trouve le harem , et les trois palais des sul-tanes sur le Bosphore, à Beschik-Tasch et à Orta-Koéi. Le Séraï-Vezir sélève à la pointe ouest du Nouveau-Séraï et le fameux châ-teau des Sept-Tours, à lextrémité sud de la ville, sur la pointe desSept-Tours. 11 faut citer aussi le palais souterrain, ou Jéré-Batan-Séraï, non comme un palais , mais comme un établissement du-tilité publique.

Le Nouveau-Séraï est une ville dans la ville de Constantinople :son enceinte murée compte environ 2,000 toises ; on y pénètre parhuit portes, trois du côté de la ville, cinq du côté delà mer. Laprincipale est surmontée de deux niches, lon expose les têtesdes condamnés : cest la justice du grand-seigneur.

Au Séraï ont vécu, jusquà Mahmoud-le-Grand, tous les succes-seurs de Sélim et deSouleïman : il contient léglise Sainte-Irène ,changée en muséum-arsenal, lhôtel des monnaies de lempire, leCoutbey-Hané, le divan sassemblait sous la présidence du grand-vizir; lancienne salle du diwan, le grand-seigneur donnait lui-même ses audiences impériales; lancien harem , sanctuaire invio-lable desKhasseki et des odalik ; les bains de Sélim II , composés detrente-deux salles revêtues de marbre; le Khazné , ou Trésor impé-rial, à la fois trésor et musée ; la bibliothèque de Sa Hautesse; lenouveau palais, appelé Séraï-Bournou ; des jardins superbes et unefoule de corps de logis pour les eunuques noirs et blancs , les com-missionnaires, les pages, les gens de service ; de vastes écuries jadisplus animées quaujourdliui. Tout cela est pêle-mêle; tout cela estpresque abondonné aujourdhui. Cest à Dolma-Bagtché que résidele souverain ; est en partie sa maison.

« Nos financiers, dit M. Michaud, allégueront quil manque àConstantinople une chose essentielle : cest une bourse. Il ny a